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Le Liseur, un autre angle de vue de la Shoah

Par Achaqueligne
Hannah et Michael, scene du film Le Liseur

Hannah et Michael, scene du film Le Liseur

Les livres sur la Shoah, racontant les horreurs des camps de concentration et d’extermination sont nombreux, et sont une dure image des erreurs passées. Cependant, les livres qui abordent la Shoah sous un angle bien différent portent tout autant à réfléchir.

Auteur : Bernhard Schlink

Titre : Le liseur

Edition : Gallimard

Pages : 243

Le Liseur fait partie de ces livres qui abordent un thème particulier de la Shoah ; ici un axe majeur est la difficulté à comprendre la Shoah pour les générations postérieures à celle-ci.

Michael Berg a 15ans quand il rencontre Hannah Schmitz, de vingt ans son ainée ; c’est son premier amour. Il la reverra quelques années plus tard, alors étudiant en droit, lors d’un procès des tortionnaires d’Auschwitz. Depuis cet instant, revient sans cesse la question du degré de culpabilité des générations d’adultes ayant vécu pendant la Shoah (les parents de Michael Berg en l’occurrence), même quand ceux-ci n’ont pas été enrôlés parmi les nazis. Les mots utilisés envers cette génération sont durs et accablants : «  A l’époque, j’ai envié les autres étudiants qui prenaient leur distances face à leurs parents, et du même coup face à toute la génération des criminels ».

La culpabilité des générations d’après (celle de Michael Berg) est abordée : « on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous refermions dans le silence de l’horreur, de la honte et de la culpabilité ». Et puis particulièrement celle du narrateur qui a choisi d’aimer Hannah sans savoir ce qu’elle avait fait.

Toutes les questions soulevées sont légitimes et compréhensibles après de tels événements, et la manière dont le livre aborde cela est originale. Agréable à lire et pointant exactement les questions qui portent à réfléchir. Le Liseur ne décrit pas l’horreur des camps et la condition des détenus ; il y fait juste allusion. Michael Berg, qui a entretenu une relation intime avec Hannah, nous la fait voir de manière humaine à travers ses actes horribles. Et, en tant que lecteur, on apprécie l’audace d’humaniser un tortionnaire, pour mieux comprendre le pourquoi. C’est ce qu’on retrouve aussi dans Monsieur Le Commandant de Romain Slocombe.

En fin de compte, le Liseur est un bon livre qui soulève les bonnes questions. Même si on pourrait lui reprocher un style assez aseptisé qui ne laisse pas place à l’émotion, sauf à la fin ; peut-être pour finir en beauté !


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