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Amours incestueuses

Publié le 12 avril 2008 par Jcgbb

Avons-nous tous eu envie d’assassiner notre père et de coucher avec notre mère ? La petite fille déteste-t-elle forcément sa mère, et adore-t-elle jalousement son père ? En est-il toujours, forcément et vraiment ainsi ?

Il est surprenant de constater que malgré la libéralisation des mœurs cette théorie continue à choquer. Sans doute est-elle encore un peu jeune, puisqu’elle date du début du siècle, et il est fréquent qu’une idée demande du temps avant d’être acceptée. Mais pourquoi devrions-nous l’accepter ? Est-ce vraiment une vérité ?

Cette idée choque parce qu’elle révèle des attirances contraires à celles qui sont socialement admises. L’inceste ne peut être que coupable et anormal d’un point de vue social, puisqu’il nie le principe de la société : l’amour à l’intérieur de la famille brise le lien social, supprime la rencontre et empêche la formation d’unités plus grandes. Ainsi parle-t-on de cellule familiale : l’amour familial isole, quand le lien social unit.

Mais cet amour n’est que trop visible, et il faut être aveugle pour l’ignorer. Patent chez l’enfant, tabou chez l’adulte. Les préférences familiales sont sexuées, rien n’est plus évident, mais pourquoi seraient-elles sexuelles ? Peut-être est-ce là ce qui nous arrête : que la tendresse soit sexuelle, que l’amour soit érotique, que la passion soit toujours lubrique.

Freud pense en effet que tous les plaisirs appartiennent à la même famille, d’où l’idée d’une sexualité familiale. Quels que soient les objets, la poussée est la même, l’avidité commune, le mécanisme répétitif : une tension interne, apaisée par une stimulation externe, caresse ou écriture, possession ou peinture…

Et c’est dans la famille que naissent les premiers plaisirs. L’autre idée de Freud est de montrer que nous ne condamnerions pas autant ce sentiment, si nous ne le ressentions si vivement. Il n’y a pas de tabou sans désir, pas de morale sans pulsions, pas de loi sans de violentes trangressions. C’est parce que ce désir est là que nous l’interdisons.


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