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Cinéma: ´Skyfall' de Sam Mendes

Publié le 11 mars 2013 par Paulo Lobo
Laissez-moi réfléchir... Je ne sais pas encore comment je dois commencer mon texte sur Skyfall, le dernier James Bond. Pourrais-je vous dire que je n'ai pas encore fini de rire à l'idée que ce film creux et mièvre a été encensé comme une grande réussite et comme le grand renouveau de la franchise?
Chaque époque a le Bond qu'elle mérite, lit-on parfois. Et bien elle n'est pas jolie notre époque, si c'est Daniel Craig 007 qui en est le reflet.
Musclé, fade, sec, tranchant et mauvais acteur, sans aucune élégance : voici le James Bond nouveau cru. Ah j'oubliais quelque chose de très important: cet agent secret n'a aucun humour. IL SE PREND AU SÉRIEUX! (À ce niveau, je préfère de loin le Johnny English de Rowan Atkinson, qui a nettement plus de prestance). Le James Bond tenu par Daniel Craig a un emploi, des employeurs, une feuille de route, des missions qu'il exécute avec la froideur d'un technocrate, il porte des oreillettes comme un brave gars de la sécurité. C'est un employé amoureux du travail bien fait. Ceci explique probablement une autre particularité de Skyfall: les James Bond girls sont pratiquement inexistantes! Et oui, faut croire que dans le monde actuel, la course à la montre et à l'effet spécial l'emporte sur l'art de la gaudriole.
Ce qui me désole, c'est que les faiseurs de ce film se la jouent branchés et essayent par mille clins d'oeil de ringardiser l'ancienne formule. Mais que proposent-ils à la place? Des personnages stéréotypés, de l'action et des rebondissements à gogo et une sorte de prêchi-prêcha simpliste sur la complexité du monde moderne. On explore un peu ma non troppo la psycho des personnages, histoire de densifier le récit, mais c'est raté, on n'y croit jamais, dans ce registre, le 2e James Bond avec Timothy Dalton était nettement plus intéressant.
Skyfall sent trop l'usine à fric, les équipes d'analystes et de marketeurs essayant de trouver la meilleure recette pour faire exploser le box-office, n'oubliant pas non plus de faire jouer toutes les ficelles du product placement.
Le résultat est totalement visible à l'écran, ça dégouline de partout, mais ça n'en est pas plus passionnant pour autant. Skyfall n'est ni original, ni fluide, ni surprenant. Même le méchant, Javier Bardem, est traité comme un pantin. Il gesticule et fait le mariole, mais il ne ferait pas peur à une mouche. Un peu comme Bane, le vilain méchant dans le dernier Batman. Les deux films boursouflés ont d'ailleurs pas mal de choses en commun, ils semblent sortir de la même école de tristes exécuteurs.
Ils font semblant d'être intelligents alors qu'ils se vautrent dans la médiocrité. Pire, ils se paient la tête du public.
Non, désolé, je n'ai pas aimé.
Cinéma: ´Skyfall' de Sam Mendes

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