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Au bout du conte (Agnès Jaoui)

Par Carnetauxpetiteschoses @O_petiteschoses

La réunion d’acteurs à la présence aussi comique que caustique réjouit d’avance. Il faut dire que le duo Jaoui-Bacri avait frappé juste et fort avec des films comme « Un air de famille » ou « Le goût des autres ».

A la seule vue de la bande-annonce, notre sourire s’étire et on retrouve avec plaisir des ingrédients qu’on attribue aisément à leur signature, et pour moi particulièrement les répliques cinglantes de Jean-Pierre Bacri.

Dès le début, plongés dans un décor de contes de fées, on voit s’esquisser les contours d’une histoire merveilleuse, mais plantée dans le monde actuel. Pour cela, elle s’appuie sur des indices cinématographiques comme par exemple les commencements de scènes avec une image figée peinte à l’huile, et sur des détails du scénario qui prennent l’apparence de clins d’œil, comme le séduisant Benjamin Biolay apparu au milieu du bois qui porte bien son nom de Wolf, ou la perte de la chaussure d’Arthur Dupont qui devient un gag duquel sa mère s’étonne de manière tellement typique « Tu reviens d’où ? D’une soirée ? C’est une soirée sans chaussure ? ».

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L’histoire est en réalité faite d’un entrelacs de références aux contes, de faux-semblants, mêlant la réalité de notre monde et des personnages très actuels, à une atmosphère un peu magique, à des détails tout droit sortis des contes.

L’analogie se fait progressivement en sens inverse, ce n’est pas un conte qui se raconte devant nos yeux, c’est l’histoire de gens normaux qui est mise en lumière, et dont certains détails peuvent être rapprochés de récits enchanteurs. Dans cette réactualisation des thèmes propres aux contes et à ceux traditionnellement traités par cet intermédiaire, on note avec plaisir les claques (parfois même au sens littéral) que Jaoui inflige aux rêves de sa princesse. La réalité la rattrape. Benjamin Biolay campe ainsi un grand méchant loup très symptomatique de notre société, qui malmène savoureusement la princesse naïve.

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La symbolique des contes apparait avec limpidité, et s’applique facilement à des expériences vécues ou éprouvées. Les thèmes de l’obsession irrationnelle qui pourrit la vie, la tentation, l’envie de danger loin d’une vie trop rangée, des phobies et des rencontres bonnes ou mauvaises. L’adhésion au film est simple, si le propos n’a rien de novateur, il semble mettre un coup de projecteur à des épisodes de vies, des histoires plausibles (par exemple le personnage bien rationnel joué par Jean-Pierre Bacri subitement hanté par une idée abracadabrante).

On apprécie ici la patte Jaoui-Bacri, leur vision et la variation de leurs thèmes de prédilection qu’ils nous offrent cette fois encore. Les acteurs qu’ils accueillent sont également très bons dans leurs rôles respectifs, et nous laissent le souvenir de personnages bien menés.
Une histoire divertissante dans laquelle on glane les messages qu’on y souhaite.

A voir :
Au bout du conte, un film français d’Agnès Jaoui, (1h52)


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