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[Critique] EVIL BARBECUE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] EVIL BARBECUE

Note: ★★★½☆

Origine : France
Réalisateur : Félix Catala
Distribution : Julien Dinse, Félix Catala, Ophélie Danguilhen, Nicolas Jullin, Fabrice Lacout, Antoine Legros-Gimbert, Ludovic Pradel…
Genre : Horreur/Fantastique/Comédie
Date de sortie : disponible en streaming jusqu’au 1/04/2013 sur www.evilbarbecue.com

Le Pitch :
Alors qu’ils se retrouvent autour d’un bon barbecue, aux alentours d’Albi, dans le sud de la France, des amis sont confrontés à une attaque surprise de merguez. Des merguez plutôt furax, ramenées à la vie par un barbecue maléfique…

La Critique :
La démarche des allumés du collectif de vidéastes tarnais Freak A.C n’est pas sans rappeler celle d’un certain Peter Jackson. C’est en effet les doux souvenirs de Bad Taste, premier film du réalisateur néo-zélandais, qu’Evil Barbecue convoque. Humour complètement déjanté, gore décomplexé, scénario délirant et second degré appuyé sont en effet les principaux éléments de ce court-métrage (presque long vu qu’il culmine à quasiment 40 minutes) pour le moins atypique.
Déjà responsable d’une pléiade de clips pour des groupes du cru et de quelques courts-métrages (dont 2013 dont nous vous parlions ici), le collectif Freak A.C affirme, avec Evil Barbecue, une volonté d’évolution notable, comme en témoignent les effets-spéciaux et la durée de leur dernière création. Et comme Peter Jackson, ils ne se sont pas fixés de limites…

Mais au final, que donne concrètement Evil Barbecue ? Les bonnes intentions ne suffisent pas. Il faut du talent pour mettre en scène ses fantasmes de cinéaste déviant. Du talent que Félix Catala, le réalisateur de cette ovni tout à fait recommandable, possède. Sans l’ombre d’un doute, on peut affirmer que le film jouit dune patte indéniable. Épaulé par toute une équipe, dont le multi-cartes Julien Dinse, qui joue dans le film, mais qu’il a aussi écrit et co-produit (que nous avions interviewé ici), Félix Catala arrive à hisser son court-métrage au dessus d’un certain amateurisme, pour accoucher d’une œuvre ultra vitaminée, qui brille par son désir de foncer pied au plancher de la première à la dernière minute.
Financé par le biais d’un système participatif en ligne, Evil Barbecue parvient ainsi également à utiliser de manière astucieuse et efficace chaque euro récolté. Au point de mettre en scène des merguez folles furieuses, des poulets lourdement armés et la destruction de la ville d’Albi. Du grand spectacle , délicieusement cheap, réalisé à grand renfort d’images de synthèse, qui n’est pas sans rappeler les plus gros délires de la firme Troma (Toxic Avenger et consorts…). Personne ne se prend la tête. L’humour assume son côté bas de plafond et tout le monde est sur la même longueur d’onde.

Le scénario, de son côté, si il privilégie le potentiel grand-guignol de son concept, tient aussi à communiquer une ambiance de groupe, propre à l’identification. Ainsi, le groupe d’amis qui se réunit en début de métrage, est tout à fait ordinaire (dans le bon sens). L’alchimie fonctionne et leur péripéties d’en devenir que plus prenantes. Un point important si on considère, comme nous le rappelait Julien Dinse, qu’Evil Barbecue n’est « qu’une histoire d’amitié ».
Une amitié flagrante donc, pour un film basé également sur une grande passion -elle aussi communicative- d’un genre cinématographique trop souvent considéré comme mineur, qui s’appuie sur une liberté de ton salvatrice. Et c’est notamment cette grande liberté qui permet d’oublier le jeu un peu raide et approximatif de certains des acteurs du film. Surtout si on les compare avec d’autres, dont le naturel apparait encore plus flagrant.

Visuellement impressionnant, si on considère son pitch et surtout son budget microscopique, drôle, positivement bancal et parfois maladroit et fourre-tout, Evil Barbecue arrive à tenir toutes les promesses de son concept complètement fou. On y voit bel et bien des types en train de tirer à la mitraillette sur des merguez aux dents longues et des poulets prendre possession d’un monde en pleine déliquescence. Pas d’arnaque chez Freak AC qui, on le répète, passe, avec une gouaille qui lui est propre, au niveau supérieur.

@ Gilles Rolland

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