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Allen Stone, le plus soulful des hippies

Publié le 18 mars 2013 par Urbansoul @urbansoulmag

Le 10 mars dernier, j’assistais au concert d’Allen Stone. Un show qui m’a laissée pour le moins confuse mais par pour les raisons que vous pourriez imaginer. En pensant à ce post sous la douche (aka le lieu où naissent tous mes débuts d’articles et autres paroles de chansons), j’avais pour intention d’écrire ce live report à l’image d’une fable de La Fontaine. Brillante idée, je sais. Sauf que je ne suis pas parvenue à trouver tous les animaux de mon histoire alors je ferai les choses normalement.

Revenons-en à nos moutons. J’étais donc confuse. Parce que, certes, ne connaissant pas si bien son répertoire, j’avais hésité à me rendre moi-même au concert, je l’avoue mais tout d’abord, quand c’est 12€, on ne devrait même pas réfléchir. Et pourtant, cette date belge n’affichait pas complet : premier moment de perplexitude (je trouve ça mieux que « perplexité »). Ensuite, comment est-ce que les foules ne pouvaient-elles pas se précipiter à la performance d’un artiste décrit par Forbes comme « l’enfant de Stevie Wonder et d’une Amy Winehouse ressuscitée » ? Perplexitude BIS. Grâce à moi, l’AB Club avait toutefois la garantie d’être rempli à 0,8% car j’ai la chance d’avoir une amie qui fait toujours confiance à mes goûts musicaux (incroyablement parfaits, cela va de soi).

Heureusement, même dans une salle de 250 personnes non sold out, on était quand même beaucoup plus nombreux à notre arrivée, une entrée qui s’est passée dans la joie et la bonne humeur, trop ravie que de constater que mon spot de prédilection (la marche située contre le mur, juste à côté de la scène) était libre pour accueillir mon gros cul de feignasse. Mais on a rapidement troqué notre place de choix pour le trône suprême : tout devant, sur le bord de la scène, incroyablement déserté de monde. C’est là que survient le moment de perplexitude #3 : je ne sais pas si les spectateurs étaient impressionnés par la carrure ou la voix chaude de Delv!s mais toujours est-il que nous avons savouré l’intégralité de la première partie seules contre la scène, les autres restant à 1m de nous et du groupe. Oui, on a aussi envisagé la possibilité que, malgré une douche et du parfum savamment dosé, des odeurs désagréables auraient pu émaner de nos douces personnes mais on a vérifié : négatif (true story !). Et puis perso, malgré sa timidité, il était loin de faire peur ce Delv!s. Il a d’ailleurs lui aussi eu droit à une jolie comparaison dans la presse : « Pensez à Cee Lo Green qui rencontre José James« . J’ai en tout cas été convaincue par cet artiste néerlandophone dont je vous reparlerai très vite dans un article made in Belgium. En attendant, vous aurez droit à une vidéo de l’AB.

Delv!s et ses musiciens partis, les gens ont enfin choisi d’affronter leurs peurs et de s’avancer pour apprécier d’un peu plus près le spectacle qui se préparait. Le groupe d’Allen Stone a fait une entrée fracassante sur Ghost Busters et ça, croyez-moi, ça vaut mille fois mieux que tous les Seven Nation Army du monde (soit dit en passant : cette tradition doit probablement figurer dans mon top 10 de l’oppression). Et c’est avec le même entrain que le jeune Américain de 26 ans a ouvert les festivités avec les titres What I’ve Seen et Mama, suivis de Celebrate Tonight, son dernier single.

Guitariste, Allen nous a plus tard offert un petit set acoustique, suspendant le temps en interprétant Killin’ Time et Bed I Made (oui, vous êtes bluffés par ma mémoire une semaine après les faits*). Mais le moment le plus magique reste pour moi Is This Love? sa cover de Bob Marley. Avec la version de Corinne Bailey Rae (qui a été récompensée du Grammy de la Meilleure performance R&B en 2012), c’est selon moi la meilleure reprise de ce titre à ce jour.

Entre deux morceaux, Allen Stone ne se prive pas de dialoguer avec son public, nous expliquant notamment l’histoire cachée derrière ses textes. C’est justement ce qui fait tout le charme du petit AB Club, assurant aux mélomanes une super proximité avec l’artiste de la soirée. Cette intimité incite rapidement à se comporter comme si on était à la maison. De toute façon, Allen nous avait déjà mis à l’aise dès le départ, nous invitant à nous désinhiber un peu et à frapper des mains ou remuer des fesses dès que l’envie se faisait sentir. Une suggestion que mon acolyte du jour et moi avons acceptée sans réfléchir et la star du jour ne s’est pas fait prier non plus, allant même jusqu’à se mettre à quatre pattes pendant les solos de ses musiciens. Permettez-moi d’ailleurs d’insister sur la maîtrise de ces derniers : des monstres les amis, des monstres je vous dis ! Il fallait bien ça pour être à la hauteur des capacités vocales de ce prodige qui se destinait pourtant à une carrière beaucoup plus religieuse… Après avoir étudié la Bible durant un an, il a en effet préféré vouer un culte à la musique et avec succès, puisqu’après des interprétations aussi pures et sincères que celles de Last To Speak ou encore Unaware, je ne pouvais que me proclamer disciple de ce nouveau leader de la scène soul. Et maintenant, pleurez mes enfants, car en vérité je vous le dis : avoir manqué cette grand-messe constitue un péché musical.

*Je mens : je suis en train de tricher grâce au claviériste qui nous a filé la setlist en fin de concert.


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