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Le moine et le consultant à Phnom Sampeu, Battambang

Publié le 19 mars 2013 par Cambodiaexpat @Cambodiaexpat

Pagode de Phnom Sampeu, Battambang.

Voici une anecdote qui montre, si besoin en était, que les Cambodgiens n’ont pas peur de nous les Européens, qu’il sont gentils tout plein et gardent le sourire en toute circonstance.

Après avoir gravi les quelques 400 marches permettant d’accéder à une vue stupéfiante sur la campagne de Battambang (ca repose), je me fais alpaguer par un moine. Questions habituelles : « depuis quand au Cambodge, pour combien de temps, tu viens d’où etc… ».

Phnom Sampeu, une escale merveilleuse à quelques kilomètres de Battambang

Phnom Sampeu, une escale merveilleuse à quelques kilomètres de Battambang

C’était un moine, donc distance, respect et grand intérêt. Comme au Moyen Age dans la civilisation européenne, les moines détiennent le savoir, parlent une langue étrangère et vous pacifient le plus indécrottable des stressés.

« Que fais tu dans la vie en France ? ». Je travaille dans la communication. Cela devait sans doute être écrit sur mon visage, car il m’indique que c’est très intéressant (je sais…) et surtout qu’il a un gros problème de communication. Lorsque je possédais mon entreprise de conseil, jamais un prospect n’avait été aussi rapide à cracher le morceau.

Cette situation était comique : assis sur deux troncs de palmiers, en plein milieu d’une pagode et au milieu des singes, nous voici partis à discuter de son « gros problème ».
Notre ami moine a monté une ONG (enfin, disons une petite association de village) pour

donner des cours d’anglais et de français aux enfants. Je n’ai pas cherché à comprendre, parce que le village est tout petit, personne n’a les moyens de payer des cours et les enfants travaillent dans l’exploitation familiale plutôt que d’aller à l’école. Poursuivons.

Il me montre des photos, les photos des mécènes qui l’ont aidé (tiens, tiens, aurait-il besoin d’argent ?) et puis referme son cahier. Droit dans les yeux (et avec un moine, je peux vous dire que c’est pas pareil) : « toi qui sais, peux tu me dire comment je peux attirer des enfants dans mon école et que les parents payent pour çà ? ». Nous y voilà. Je n’ai même pas pensé à lui demander quel genre de service il proposait, esprit tordu va !.

Nous avons donc élaboré en une heure son plan de communication : bannières, prospectus à mettre dans les boutiques, formation des tuk tuk, organisation de portes ouvertes… il a tout noté, méthodiquement, calmement, a posé mille question sur comment faire, je lui ai donné mille réponses.

J’avais quand même quelques visites à terminer à la pagode, j’ai pris congé. C’était la première fois depuis que j’ai arrêté le métier que j’étais heureux de rendre service.


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