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L'enseignement numérique

Publié le 19 mars 2013 par Leoweb

19.03.2013 15:03

L'enseignement numérique


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L'enseignement numérique semble être la nouvelle mode, la nouvelle panacée capable de guérir les maux innombrables  de notre système d'enseignement.
A prendre avec précaution …
 
Alors que se prépare une nouvelle loi sur l'école, prônant l'enseignement numérique,  l'Académie des Sciences vient de publier un rapport intitulé « L'enfant et les écrans ». C'est l'occasion pour les parents et pour les enseignants de réfléchir à l'ambivalence de ce « numérique » envahissant: distraction  innocente ? dangereuse ? ou nouveaux moyens pour enseigner et apprendre ?

Sommaire

Le rapport de l'Académie des sciences
Le numérique et l'enseignement
Quelques exemples - première partie
Quelques exemples - seconde partie
Développer des aides numériques 
Risque de dérives, nécessité de contrôles, impératif de précaution. 

Le rapport de l'Académie des sciences.

Ce rapport, comme il se doit, est sérieux et documenté. Cependant, s'il est affirmatif sur les questions pour lesquelles on peut penser que l'observation et l'étude ont été suffisamment poussées, il ne faut pas oublier que la science actuelle ne saurait trancher sur tous les aspects d'un phénomène tout nouveau dans l'histoire de l'humanité. Savoir si l'explosion des outils de traitement de l'information finira par modifier le cerveau de l'homme et ses aptitudes mentales est un sujet de science-fiction , laquelle n'est pas une section de l'Académie des sciences. Il faut donc aussi user de discernement et de prudence, particulièrement lorsqu'il s'agit d'enseignement, fonction sociale au rythme très lent qui s'adresse largement à des enfants et adolescents dont le mental, en pleine évolution, est d'autant plus malléable, donc vulnérable.

L'Académie des sciences distingue deux sortes d'outils  numériques de  grande diffusion: ceux devant lesquels le spectateur est passif, comme la télévision, et ceux qui sont interactifs et demandent une participation du spectateur.

On conçoit que ces deux groupes de produits  puissent avoir des effets différents sur le spectateur. Le rapport le confirme, en prohibant absolument les moyens  "passifs" comme la télévision,  avant deux ans et  même avant six ans car des effets négatifs sur le cerveau ont été observés.

Pour les moyens interactifs, jeux, réseaux, etc. il ne semble pas, d'après le rapport, exister d'addiction, malgré les expositions de plusieurs heures par jour que l'on voit chez beaucoup d'adolescents. Le rapport admet qu'un excès peut créer de mauvaises habitudes, notamment la dispersion ou le «zapping », et aussi l'habitude de réagir rapidement sans se laisser le temps de la réflexion. Mais cela a aussi un côté positif : celui qui cherche une information sur Internet adopte un comportement  actif qui, selon l'Académie des Sciences, n'est pas dénué d'intérêt.

Sur le chapitre du numérique de divertissement, le simple bon sens nous amène à penser que le temps passé devant des écrans de  toutes sortes n'est acceptable que s'il est limité ; car indépendamment d'éventuels effets secondaires, un temps excessif est évidemment pris sur l'activité physique, la lecture, la culture et les contacts directs avec les autres.

Par conséquent les parents doivent chercher à limiter la consommation de ces distractions  numériques, et le plus simple pour cela est de commencer dès la petite enfance. Les parents doivent aussi s'impliquer dans ces distractions, particulièrement pour les petits enfants, par leur présence et aussi en demandant de l'enfant de dire ce qu'il voit et  ce qu'il fait avec l'écran, pour rendre son activité plus consciente. 

On peut observer que, s'agissant d'enfants et adolescents, le rapport insiste sur les aspects du numérique qui attirent le plus les jeunes : l'instantanéité, le mouvement, le changement incessant, la valorisation des réflexes. 

Dans le principe, rien ne s'oppose à ce que l'on travaille avec un ordinateur comme on le ferait avec un livre et un cahier. Mais la plupart des adultes  ne le font pas. Il est connu par exemple l'on répond parfois au courrier sur Internet dans des termes que l'on regrette ensuite, parce qu'on n'a pas pris le temps de réfléchir.

La facilité apparente du numérique n'incite aucunement à la réflexion. C'est pourquoi le rapport insiste sur le fait que le numérique ne saurait remplacer l'entraînement de la réflexion, à la progression méthodique et à la structuration des idées. En bref, dans la formation de la pensée, le numérique ne saurait remplacer la lecture  posée et réfléchie, l'attention portée à l'expression orale et écrite. 

Le numérique et l'enseignement.

Alors que nous voyons les enfants et les adolescents s'adapter immédiatement au numérique, apparemment parce qu'ils procèdent par réflexes et essais-erreurs alors que leurs aînés cherchent d'abord à comprendre, le ministère place en première urgence un enseignement destiné à familiariser les élèves  avec le numérique (il n'est pas question ici de technique informatique) 

L'annexe du projet de Loi propose de "Développer une grande ambition pour le numérique à l'école. Les technologies numériques représentent une transformation radicale des modes de production et de diffusion des savoirs, mais aussi des rapports sociaux. L'école est au coeur de ces bouleversements.

Ces technologies peuvent devenir un formidable moteur de l'amélioration du système éducatif et de ses méthodes pédagogiques, en permettant notamment d'adapter le travail au rythme et aux besoins de l'enfant, de développer la collaboration entre les élèves, de favoriser leur autonomie, de rapprocher les familles de l'école, de faciliter les échanges sein de la communauté éducative. Elles offrent également des possibilités nouvelles d'apprentissage, par exemple pour l'enseignement des langues étrangères et pour les élèves en situation de handicap."

Quel lyrisme ! Déclaration d'amour, attente d'un miracle imminent, ou discours à l'intention des gogos ?

Le numérique à l'école est-il la nouvelle tarte à la crème, après la « société de la connaissance » ?

Peut-être les auteurs de ces lignes voient-ils dans le numérique une chance inespérée pour le constructivisme, cette doctrine de la construction du savoir par l'élève lui-même. En effet, l'élève peut ici facilement « s'approprier le savoir » puisque tout le savoir utile se trouve prétendument dans le numérique.

On nous dit que les élèves ne peuvent pas, dans ces conditions, s'intéresser à ce qu'on leur enseigne laborieusement, alors que, comme ils le croient, tout savoir est accessible sur la Toile « en 2 clics ». Grâce au numérique, les enseignants se tiendront enfin à la place qui leur est assignée par les pédagogistes, et n'essaieront plus d'imposer leur propre savoir.

Au risque de tempérer ce bel enthousiasme pour la nouvelle panacée numérique, rappelons que, pour nous, la mission principale de l'école est la transmission du savoir, et que, si le numérique peut être vu comme un entonnoir propre à nous gaver d'informations de toutes sortes, la mission de l'enseignement doit être, plus que jamais, de donner aux élèves le goût de la réflexion, du raisonnement, par le bon usage de la lecture et de l'écriture, ainsi que par les autres disciplines.

Cela n'interdit pas de penser que les outils numériques peuvent trouver une place pour aider les professeurs à enseigner les élèves à apprendre.  Encore faut-il déterminer cette place.

Enseignement numérique, ou numérique dans l'enseignement ?

Contrairement à l'informatique, qui est la science du traitement de l'information,  et aux techniques de développement de logiciels, le « numérique » n'est ni une science ni une technique. A la limite, on peut numériser n'importe quoi. Tous les livres et  journaux sont numérisés avant leur impression, et le fer à  repasser numérique sera bientôt sur le marché. En tout état de cause, le « numérique » n'est pas un objet d'enseignement pour la scolarité obligatoire. 

Que signifie dans le projet de loi l'expression « enseignement numérique » ? C'est peut-être simplement de la com', une expression d'autant plus utile que l'on ne sait pas ce qu'elle signifie. Ou bien s'agirait-il de l'invention prochaine de la machine à enseigner? Des robots profs, voilà qui enlèverait quelques soucis au ministre!

Restons les pieds sur terre, et examinons pourquoi et comment le numérique peut donner naissance à de nouveaux moyens, de nouveaux outils, pour aider les professeurs à enseigner et les élèves à apprendre.

Le fondement de la transmission du savoir est la relation entre un maître et un élève, même lorsque le maître a la charge d'une classe. Il fut un temps où cette relation était directe : le maître parlait, l'élève écoutait, répétait jusqu'à savoir par coeur et pouvoir réciter, avant de devenir maître lui-même. L'écriture a bouleversé cet ordre, au point que, dans des cas limites, le maître peut être éloigné de l'élève, ou même mort depuis longtemps : la relation entre l'auteur et le lecteur est une réalité.

De façon plus terre à terre, la multiplication des supports de l'écriture et des moyens de diffusion en conduit au stade où le manuel, donné à chaque élève, devient un facteur pédagogique, allégeant en partie le travail de l'enseignant et celui de l'enseigné. Cependant, même un excellent manuel ne décharge pas le maître de sa mission essentielle : veiller au développement des facultés intellectuelles de chaque élève, détecter et analyser ses difficultés, y porter remède.

Il n'en ira pas autrement avec les moyens numériques, capables de faciliter le travail des professeurs et des élèves, sans changer les fondements de la transmission du savoir au plus grand nombre : enseignement explicite, structuré, progressif et répétitif.

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