Magazine Beaux Arts

Echos

Publié le 14 avril 2008 par Didier T.
Peinture L'adoration du veau de Francis Picabia.Il la réalise en écho à un collage de 1937 de l'artiste allemand Erwin Blumenfeld qui dénonçait la nature barbare et violente du nouveau régime nazi. 
A Paris, tous les animateurs de blogs littéraires courent les soirées d’ouverture du Salon du livre ou la fête de remise du prix de Flore au café du même nom, boulevard Saint Germain.
Pourquoi ?
Parce qu’ils aiment la littérature et que lorsqu’on aime la littérature, c’est bien normal de vouloir discuter longtemps avec ceux qui la font. 
C’est vrai que le soir, boulevard Saint-Germain, un café bourré à bloc de gens de lettres, tels des bœufs excédés dans une foire aux bestiaux, est le lieu idéal pour bavarder longuement de la poésie de l’oeuvre de Colette ou de Franz Bartelt.
Puisque parfois dans ce pays nous sommes à peu près sérieux, le Ministère des affaires étrangères accorde chaque année à un auteur, ayant déjà publié, une bourse dans le cadre des « Missions Stendhal ». Ce pour réaliser un projet d’écriture qui nécessite un séjour à l’étranger. Le voyage aller-retour est payé et une indemnité est versée pour couvrir les frais quotidiens.
Curieuse, entre 15 et 16 h, je me suis rendue à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, rue Bonaparte, non loin du boulevard Saint Germain, pour écouter des auteurs narrer leurs expériences de voyage : Michèle Lesbre (Italie), Jacques Jouet (Italie et Niger), Jean Luc Raharimanana (France, Madagascar), Arno Bertina (Etats-Unis) et Nicolas Fargues (Madagascar, Indonésie). 
J’y suis allée pour écouter et regarder. J’ai vu notamment les sculptures de la chapelle des Petist-Augustins au plafond de laquelle on peut lire « Jean Goujon » ou « Michel Ange ». ou encore « Germain Pilon » bien que le prénom Germain ait été mangé. 
L’audience était plutôt âgée. Beaucoup de casques de cheveux blancs ou gris. Audience assez féminine. Pas de franche rigolade malgré l’anecdote rigolote de Raharimanana. Il est malgache et son premier souvenir de Paris, c’est l’aéroport de Roissy où il s’est écrié « Mais pourquoi consacrer tant de places aux voitures ? ». Anecdote qui faisait écho à celle d’Arno Bertina qui lors de son voyage aux Etats-Unis a commencé par vérifier si les voitures de flics ressemblaient bien à celles qu’il voyait dans les films américains. Pas de vin. Pas de sexe. Pas hot. 
Donc la bloggueuse littéraire, exit. Elle pose son sac sur une chaise et va faire un tour dehors, fumer une cigarette, taper des SMS aussi je suppose, pendant que les autres parlotent. Son heure, ce sera 20h30, le cocktail avec Fanny Ardant, Christophe Ono-Dit-Biot du Point, un Poivre d’Arvor qui passe de temps en temps à la télé etc etc. La littérature pour bon nombre de bloggueurs littéraires, elle est là, à 20h30, parmi les coupes et les bulles de champagne. Moi, je me demande, on écrit comment ? Avec de l’encre ou avec du verre ?

Erwin Blumenfeld Autoportrait avec un masque ou Minotaure ou le dictateur.Publié par les diablotintines - Une Fille - Mika - Zal - uusulu

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Didier T. 32 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines