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Les femmes soulaliyates verront-elles enfin leurs droits reconnus?

Par Citoyenhmida

Une nouvelle est tombée il ya quelques heures  :

“Les femmes soulaliyates de Mahdi, province de Kénitra, bénéficient avec les hommes de lots de terrain”.

Cela signifie quoi exactement?

Depuis quelques temps, les medias faisaient echo des manifestations organisées ici et là, à travers le pays, par les femmes soulaliyates, ces femmes que l’on qualifie à la va-vite de “femmes des terres collectives”.

Les femmes soulaliyates verront-elles enfin leurs droits reconnus?

Beaucoup de monde parle de ce phénomène sans trop savoir exactement ce que cette formule recouvre.

La  journaliste Isabelle Landreau écrit dans  quaditien français LE MONDE  du 8 avril 2011 que ces ces femmes sont “en butte à la tradition et la cupidité des hommes qui l’écartent, elle et ses paires, de tout héritage”.

Il convient de rappeler pour la vérité historique et juridique que la situation de ces femmes, tout à fait anormale et contraire aux règles élémentaires de l’égalité entre les citoyens, trouve son origine dans des coutumes millénaires qui ont été codifiées par les autorités du protectorat français par un dahir qui remonte à 1919 et que ce texte avait vocation avant tout de protéger les intérêts fonciers des colons.

Pour plus de précisions techniques et juridiques, je vous renvoie à une étude entreprise en 2002 par M. Mohamed Alaoui, enseignant-chercheur à l’Ecole Nationale d’Agriculture de Meknes.

Plus d’un demi-siècle après l’indépendance et dans le mouvement enclenché par la constitition du 1er juillet 2011, il est tout à fait logique que cette anomalie cesse et que les marocaines qualifiées de “soulaliyates”, c’est à dire appartenant à une tribu proprétairse de terres collectives, soient enfin reconnues dans leur droit plein et entier de bénéficier des mêmes parts sur ces terres que les mâles de la tribu.

Le cas de Kénitra est le début d’un cheminementt qui devra ouvrir la voie vers une abrogation   par le parlement du dahir de 1919 : ce texte est dans l’état actuel du droit marocain en totale contadiction avec les dispoistions constituionnelles.

Nos parlementaires doivent prendre le relais le plus rapidement possible pour que les dispositions des circulaires du Ministère de l’Intérieur prises dans l’urgence à ce sujet se muent en dispositions législatives afin qu’un réglement définitif soit apporté à ce problème.

Il est urgent que les représentants de la nation tranchent définitivement cette question car elle remet une importance nationale par le nombre de cas concernés et par la superficie des terres en cause.

Les chiffres varient selon les sources mais il semblerait qu’il puisse s’agir de  :

  • plus de 4.500 communes réparties entre plus de 55 provinces et préfectures.
  • une réserve foncière estimée entre 12  et 15 millions d’hectares.
  • une population de 2,5 millions d’ayant-droit pour près de 10 millions d’habitants concernés.

Le gouvernement et le parlement sont maintenant face à leurs responsabnilités. Le cas de Kénitra ne doit pas resté isolé : il doit en quelque sorte faire jurisprudence!


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