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Alps, une montagne de déception

Publié le 26 mars 2013 par Unionstreet

Alps, de Yorgos Lanthimos

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Si la Grèce est célèbre pour ses problèmes liés à l’économie, elle l’est hélas un peu moins pour son cinéma (souffrant lui aussi de la crise) dont on ne lui connaît souvent pas beaucoup de représentants, si ce n’est Angelopoulos ou encore Gavras. Il y a pourtant une nouvelle vague qui émerge très doucement avec entre autres Rachel Tsangari et ici, Yorgos Lanthimos chef de file à qui l’on doit déjà le magnifique « Canine ».

Avec son précédent film le petit budget était effacé par une grande idée. Il semblait bien parti pour en faire autant avec son dernier long métrage « Alps » dont le pitch de départ est sublime.
Alps est le nom d’une petite société d’individus dirigés par « Mont Blanc » qui proposent aux personnes ayant perdu un proche de les remplacer par des substituts jusqu’à ce qu’ils arrivent à en faire le deuil.

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Si il a tout les ingrédients pour donner naissance à une Ĺ“uvre puissante, Lanthimos en est hélas bien loin. La plupart du temps le film suivra l’une des membres (également infirmière, chargée de trouver les personnes allant perdre un proche) jouant faussement la comédie (les membres de Alps ne sont pas des acteurs) en usurpant l’identité des défunts.

On assiste donc à une succession de scènes froides et mécaniques qui n’invitent que très rarement le spectateur à s’y intéresser. Elle remplacera par exemple la fille décédée d’un couple en reprenant ses habitudes et en suivant quelques indications afin de lui ressembler. Si ça marche parfois très bien, notamment chez la veuve aveugle, le tout reste très hermétique, et on regrette amèrement de voir une si belle idée aussi mal traitée. Ces successions de fausses scènes finissent par perdre et ennuyer le spectateur, fatigué de ne voir que du factice et la même mécanique se reproduire tout au long du film jusqu’à l’indigestion. Les seuls moments où ils ne jouent pas à être quelqu’un d’autre étant les scènes se déroulant dans le gymnase, où l’une des membres est entraînée.

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Aggeliki Papoulia qui interprète l’infirmière et jouait déjà dans « Canine », reste une actrice sublime, dégageant un mélange paradoxal de force et vulnérabilité. Sombrant peu à peu dans la folie, son personnage s’accrochera à ses « rôles », sortes d’échappatoires à sa propre vie jusqu’à en perdre la raison.
Arian Labed, la gymnaste qui se voit sans cesse interdite à danser sur de la pop est également remarquable.
Hélas, c’est le talent de ce réalisateur pourtant si prometteur qui nous manque ici, celui qui était capable de nous mettre à l’écart un moment, éveillant ainsi notre curiosité, notre envie de participer. Avec Alps il s’amuse tout seul, à notre grand regret.

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