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John Rambo – L’esprit du guerrier

Par Bebealien

C’est avec un peu (voir beaucoup) de retard que je chronique aujourd’hui le dernier opus des aventures de ce qui doit être aujourd’hui l’archétype même du héros des années 80. Il est de bon ton de préciser qu’à part le premier Rambo, que j’avais trouvé réussi, je trouve la trilogie particulièrement médiocre, et s’enfonçant de plus en plus dans la nullité. John Rambo est il capable de changer la donne ?

John Rambo – La Birmanie, sa jungle, sa faune, sa flore et ses gerbes de sang

John Rambo, après avoir mené plusieurs guerres, s’est retiré en Thaïlande pour mener une vie paisible de pécheur. Un jour, un petit groupe d’américains souhaitant livrer des vivres et des médicaments à la rébellion birmane vient le solliciter pour utiliser son bateau. Lorsque le petit groupe tombe entre les mains de paramilitaires, John n’a plus le choix, il doit accepter son statut de machine à tuer et ressortir son arc et son couteau.

L’affiche, on ne peut plus simple et efficace

Sylvester Stallone est un revenant. N’ayant pas eu de rôles intéressants depuis un paquet d’années, il décide d’abord de faire revivre Rocky, via un superbe Rocky Balboa, touchant par sa mélancolie et le parallèle que l’on peut faire avec la carrière de Stallone. Réussite d’autant plus flagrante que les Rocky originaux s’apparentent plus à des séries B qu’à de vrais grands films.

Après le succès du revival Rocky, Stallone garde sa double casquette de réalisateur/acteur (d’ailleurs avec le temps le père Sylvestre est devenu un grand réalisateur. Bientôt un Clint Eastwood bis ?) pour dépoussiérer Rambo. Le concept qu’il nous propose de voir est particulièrement jusque-boutiste. Certes le film regorge d’action, et surtout de scènes bien gores, mais le propos de Stallone n’est pas de faire un étalage de boucherie/charcuterie.

Stallone réalisateur, dirigeant un de ses acteurs

Il décide de parler tout d’abord d’une guerre méconnue des occidentaux, qui n’interviennent pas alors qu’une partie de la population birmane subit un génocide. Deuxièmement il s’intéresse à l’ingérence, et à la goutte d’eau dans l’océan que peut représenter l’action humanitaire, nécessaire mais loin d’être suffisante. Ensuite, il s’interroge sur le statut de son héros, ayant des difficultés à assumer son goût pour le sang et la violence, et capable de n’exister réellement que l’arme à la main. Enfin, il dénonce l’horreur de la guerre, jusqu’ici toujours montrée avec un côté un peu trop glamour.

John Rambo en pleine barbarie lors de la scène de fin

En effet, Stallone décide de faire le film le plus réaliste possible. Les balles fusent et font très mal, les membres explosent, les jambes sont coupées… La montée se fait petit à petit, via des scènes choc mais courtes où l’armée birmane (caricaturale mais finalement pas autant que ca…) massacre la population civile. John Rambo se finira dans un bain de sang total, cinq minutes ou la violence explose littéralement.

J’ai beau être particulièrement habitué à la violence et au gore au cinéma, j’avoue que la scène finale de John Rambo m’a pourtant fait de l’effet. C’est dans ces cinq minutes de tuerie absolue que Stallone finit par faire mouche, montrant une fois pour toute que la guerre est une horreur déshumanisante, barbare et sanglante. Le message a beau être simpliste, il est asséné d’une façon qui force le respect. C’est gore, méchant, barbare… et super efficace.

John Rambo joue à cache-cache. Attention chérie ca va couper

Alors que penser de John Rambo ? Ce n’est certainement pas le film du siècle, mais je pense qu’il risque d’acquérir un petit statut sympathique au fil des années. Pour une fois qu’un film de guerre, essaie vraiment de nous en dégoûter ! La fin laisse présager une suite éventuelle. Si elle est de la qualité de ce John Rambo, ca sera avec grand plaisir !


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