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Wrong (Quentin Dupieux, 2011)

Par Doorama
Wrong (Quentin Dupieux, 2011) Dolph se réveille comme tous les matins à 7h60, mais ce matin, Paul, son chien,  n'est plus là... Bouleversé par sa disparition, le quotidien de Dolph s'en trouve ébranlé. Son jardinier, le mystérieux Maître Chang, le détective chargé de retrouver Paul ou Emma, la vendeuse de pizza qu'il ne connaît pas qui vient vivre chez lui, émaillent ses jours de solitude dans de bien curieuses trajectoires...
Sans doute la rédaction de Doorama est très friande de ces cinéastes "arty" et ésotériques, génies où escrocs... De Wes Anderson (arty ?) à David Lynch (ésotérique ?), et on pensera aussi au délicat Cashback, il y a de ces cinémas qui nous enthousiasment. Nous rangeons Wrong dans cette catégorie, parmi ces "ovnis" que l'on observe avec le cerveau qui s'emballe, sans pour autant être certains de ce que l'on en pense... Une expérience... Et quelle expérience que de retrouver de nouveau réunis Flat Eric avec son papa Quentin Dupieux (aka Mr. Oizo), puisque Flat Eric fait l'un des plus beaux caméo de cette décennie dans le panier de Paul le chien ! Wrong nous embarque pour "nulle-part-land", quelque part entre ici et ailleurs...
Abandonnez-vous... Ne résistez pas... Wrong enchaîne les moments suspendus, presque hors-temps, et place le spectateur consentant (car les autres n'y verront sans doute qu'ennui et vide) dans cette sensation de décalage temporel que produit un flash de "déjà-vu" dans nos vies. Comme si plus rien se passait de manière fluide dans le quotidien de Dolph, chaque moment qu'il vit depuis la disparition de Paul semble ne plus s'emboîter avec ses journées, semblent déphasés. Un palmier transformé en sapin, un jardinier qui meurt, mais qui n'est pas mort, un gourou kidnappeur de chien, une serveuse qui plaque tout pour deux hommes différents mais qu'elle perçoit comme un seul, de la télépathie canine et un bureau où il pleut ne sont que quelques-uns des repères qui parsèment Wrong... Un univers où rien n'est tout à fait à sa place, ni les gens, ni les choses, ni même le temps...
C'est peut-être cette minute de trop, comme celle d'un réveil à 7h60, qui trouble chaque instant des journées de Dolph, insérant décalages, surprises et difficultés à appréhender l'instant, qui rendent Wrong si particulier, et si séduisant à nos yeux. Où alors est-ce sa magnifique image lumineuse qui l'irradie ? Quoi qu'il en soit Wrong étonne et surprend jusqu'à désarçonner le spectateur. Mêlant intimement poésie et absurde, il transforme le quotidien ordinaire en road-movie de détails épiques ! C'est d'ailleurs ces décalages permanents qui soulèvent les interrogations quant à sa nature : Wrong est un "n'importe quoi" poseur et prétentieux ou bien une fantaisie merveilleusement absurde et aboutie ? Nous n'avons pas tenté de résister et avons presque senti le message télépathique de Maître Chang nous souffler qu'il fallait aimer Wrong ! Vide, inutile et profondément ennuyeux pour certains, Wrong s'est avéré être des plus stimulant, tant pour sa beauté plastique que pour ses perceptions lynchiennes des détails, pour les membres de notre rédaction.
En n'entrant dans aucun moule, en refusant de se soumettre à la normalité, Wrong construit son univers décalé avec une liberté et un style, que nous avons trouvé impressionnant. Délicieux moment intemporel, gratuit et inspiré, Wrong fait obligatoirement naître des réactions épidermiques, bonnes ou mauvaises. Son humour discret caché dans un degré encore non numéroté, sa capacité à dissimuler une certaine désespérance dans un univers aussi serein que dénué de vraies problématiques (le logo d'une pizzeria présentant un lapin sur une moto soulèverait presque plus de problèmes que le kidnapping de Paul !). A Doorama, on ne saurait que trop recommander à ceux d'entre vous qui sont "prêts" de découvrir Wrong, ovni atypique et inclassable, oeuvre creuse ou brillante, mais qui ne peut laisser passif ou insensible. Wrong nous a donné la bien curieuse impression que nous étions une "poule qui avons trouvé un couteau"... ! Expérience quitte ou double où les chiens prennent le bus, mais pas les flics, Wrong à fonctionné à plein, nous a hypnotisé. Vive l'hypnose, vive l'esprit rebelle de Quentin Dupieux : Wrong à tout bon !
Wrong (Quentin Dupieux, 2011)

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