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A bas la 5e République ! Du balai ! Qu’ils dégagent tous !

Publié le 05 avril 2013 par Lecridupeuple @cridupeuple

« Qu’ils s’en aillent tous ! » Ce sera demain le slogan de millions de gens.
Ils iront prendre aux cheveux les importants parce qu’ils sont excédés
de les voir piller et saccager notre pays, gaspiller les efforts des travailleurs, dilapider les savoir- faire, solder nos innovations et condamner la population
de la cinquième puissance économique du monde à une misère croissante
et au recul de tous les acquis sociaux arrachés en un siècle et demi d’Histoire. Ils le feront, révulsés par les moeurs arrogantes des amis de l’argent, écœurés par le mode de vie égoïste qu’ils imposent, indignés par les attrape-gogos
du genre « Travailler plus pour gagner plus », « Moraliser le capitalisme »,
« Grenelle de l’environnement », j’en passe et des meilleures. C’est clair ?
Les belles personnes, les satisfaits, leurs griots et tous les donneurs de leçons qui tiennent le haut du pavé peuvent s’étrangler d’indignation. Ils peuvent brandir leur dérisoire carton rouge : « Populisme ! », « Dérapage ! » J’assume.

(Jean-Luc Mélenchon, Qu’ils s’en aillent tous ! Vite la révolution citoyenne)

Jean-Luc Mélenchon, qu'ils s'en aillent tous

* * *

Il est surprenant de voir comment, de manière assez fortuite, ce qui apparaissait hier aux yeux des commentateurs autorisés et rémunérés, et même de certains d’entre-nous, comme de la méthode Coué, finit par devenir réalité. C’est ce que, en termes marxistes, nous appelons les « accélérations de l’histoire ». Nous avons été nombreux à dire et écrire la fin du système corrompu de la 5e République, outil constitutionnel du Capitalisme, crée par un général dont il disait lui-même que « de (ses) frères, (il) était le moins républicain ». La 5e République n’a jamais été conçue pour être un instrument d’intervention du peuple, encore moins de son émancipation. De Gaulle l’a conçu comme une « monarchie républicaine ».

La mise en place du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral entre élections présidentielles et législatives ont accru la dimension de « pouvoir personnel » que cherchait à mettre en place la vieille baderne. Il aura fallu une social-démocratie vidée de sa moelle politique pour parachever les rêves bonapartistes du réfugié de Londres. Il aura fallu l’involution politique de cette même social-démocratie pour porter le coup fatal à ce régime politique mis en place par et pour l’oligarchie. L’affaire Cahuzac-Péninque-Le Pen, couplé avec les révélations sur les investissements dans les îles Caïman réalisés par Jean-Jacques Augier, le trésorier de la campagne du résident de l’Elysée pour transformer nos analyses politiques en réalité brutale.

Reprenons la Bastille

Que n’avons-nous pas entendu quand nous avons parlé de donner des noms, des visages, des adresses aux tenants de l’oligarchie ! Et maintenant, que dites-vous, messieurs les bien-pensants ? Quand votre presse les étale sur ses unes ?

Comme je l’ai écrit dans l’annexe, c’est désormais une crise morale qui éclate au grand jour. « Morale », oui ! Je l’affirme. Dusse ce terme hérisser votre poil. Au risque de me répéter, je précise :

Les notions essentielles de « bien » et de « mal », les totems comme les tabous – ces bornes dont nous avons un besoin vital pour vivre ensemble – s’estompent jusqu’à la disparition de l’un des deux piliers, celui du « bien », l’ « éros » des psychanalystes. Désormais, comme l’annonçait Dostoïevski, « tout est permis ». C’est là le ressort de la dernière crise, celle qui peut tout balayer : la crise morale, ou « le désenchantement du monde » annoncé par Descartes.


du balai ! par lepartidegauche

Quand « tout est permis », parce que la règle commune est foulée aux pieds par ceux qui ont charge de l’élaborer, alors le pire est certain. Le pire ce sont ces sondages qui, à 70 % des interrogés, estiment que les affaires en cours vont profiter au Front national. Ce même Front national qui est mouillé jusqu’aux narines dans la merde. Je l’ai détaillé hier, je n’y reviens donc pas. Voilà où mène la perte de repères, le brouillage conscient des lignes opéré par les « salopards » ainsi que le parti solférinien au fil d’un Bad Godesberg qui aura duré 30 ans. Il faut admettre cette mécanique pour comprendre pourquoi un parti considéré comme de gauche mène une politique de droite en matière économique et sociale.

Nous avions répété, pendant la campagne des présidentielles, que « à la fin, c’est entre eux (l’extrême-droite) et nous (le Front de Gauche) que cela se jouera ». La crise morale qui est en passe de tout fracasser sur son passage met à nu cette réalité. Le populisme véritable inscrit dans la constitution de la 5e République ouvre la voie aux forces de Thanatos. Une fois de plus, il appartient à la classe ouvrière d’ériger le rempart face à ce danger mortel. Comme le 9 février 1934, comme dans la résistance, comme face à l’OAS. Martine Billard l’a répété lors de notre congrès : « Le temps n’est plus aux hésitations ».

Marche citoyenne pour la 6e République le 5 mai à Paris

Les révélations en rafales sur la nature de l’oligarchie, sur les liens incestueux qu’elle entretient en son sein – du PS au FN en passant par l’éditocratie – justifie que nous montions au front tout de suite. Et, pour la classe ouvrière, la meilleure défense reste l’attaque. Alors oui et maintenant : A bas la 5e République ! Du balai ! Qu’ils dégagent tous ! Le 5 mai, nous serons dans la rue, drapeaux rouges aux vents, pour déboulonner les oligarques et arracher la 6e République écologique et sociale que la situation exige !

Aussi, partout, maintenant, comme les camarades d’Aquitaine, créons les comités citoyens pour la 6e République !

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Bonus vidéo : The Dandy Warhols « Alternative Power To The People »


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