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Nourrir la planète, sans les OGM

Publié le 16 avril 2008 par Erwan Pianezza

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Alors que la question alimentaire s’invite sur le devant de la scène, et qu’en France les producteurs OGM essaient d’implanter leurs semences, un nouveau rapport, concocté par 400 scientifiques internationaux,  diffusé par l’ONU et soutenu par une soixantaine de pays,  vient confirmer l’évidence : la disponibilité de nourriture pour l’alimentation humaine n’est pas un problème physique, ni technique, même en choisissant  s’en tenant aux techniques traditionnelles, voire biologiques. Achim Steiner, directeur de l’UNEP, résume ainsi 2000 pages d’analyses : “l’agriculture ne consiste pas uniquement à planter des trucs en terre pour les récolter ensuite : il est question de variables d’environnement et de société, qui dans une grande partie déterminent  la capacité future  de l’agriculture à nourrir  durablement 8 à 9 milliards d’humains.”

Le spectre de la famine se répand sur la planète : on ne peut pas dire qu’on ne s’y attendait pas, de nombreux experts s’alarmaient depuis plusieurs mois d’une situation préoccupante. Jean Ziegler, Lester Brown, entre autres, font partie de ces spécialistes dont les analyses, qui ne datent pas d’hier, ne sont pas franchement optimistes. Ca fait un bout de temps que les stocks de grain, au niveau mondial, sont au plus bas. L’euphorie des biocarburants a vite été dépassée par une sombre inquiétude : les terres agricoles destinées à l’alimentation sont désormais en concurrence avec la production de carburant pour les véhicules. 

Production, distribution, quantité, et qualité : tous ces aspects de la vie agricole autour de la planète sont passés à la loupe par le comité de scientifiques, dont les représentants des producteurs d’OGM faisaient partie avant de le quitter. Car suite à de houleux débats, il a fallu se rendre à l’évidence, comme le confirme Robert Watson, directeur du rapport  : “La première réponse à la question de nourrir la planète avec les transgéniques est NON ” .

Le rapport s’attarde donc sur un environnement global dont, malgré les progrès technologiques, l’humanité ne pourra jamais se séparer : forêts, zones humides, glaciers, sont des paramètres essentiels qu’ont négligé les pays développés en se concentrant sur des problématiques d’optimisation des rendements. Certes, cette première révolution verte a produit de nombreux bénéfices, mais aujourd’hui il faut aussi tenir compte de nouveaux facteurs, parmi lesquels l’épuisement des resources naturelles est évidemment un point central.


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