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Au cinema Comedia : Larmes de joie de Mario Monicelli

Publié le 11 avril 2013 par Journal Cinéphile Lyonnais @journalcinephil

AFF-larmes de joie

Larmes de Joie
Titre original :Risate di gioia
réalisé par Mario Monicelli
Avec Anna Magnani, Toto, Ben Gazzara…
Italie – 1961 – 1H46
Date de sortie : 1961
Date de reprise : 3 avril 2013

Le site du cinéma Comoedia :  http://www.cinema-comoedia.com/

Synopsis : Gioia Fabbricotti surnommée Tortorella, une figurante de Cinecittà qui, pour gagner sa vie, s’échine dans de petits rôles en rêvant de devenir une diva, refuse pour le réveillon de fin d’année la compagnie d’Umberto Pennazuto, un ancien acteur surnommé Infortunio pour sa capacité à provoquer de faux accidents et à escroquer les assurances. Infortunio a promis à son ami Lello, un pickpocket, de l’aider pendant la nuit de la Saint Sylvestre pour tenter quelques coups. Les trois personnages se rencontrent par hasard et Tortorella – qui a été abandonnée par les amis avec qui elle devait réveillonner – oblige les deux hommes à l’accompagner à un bal masqué.

Larmes de joie 1

A propos du film

Larmes de joie est l’adaptation de deux livres de l’écrivain Alberto Moravia intitulés Risate di gioia et Ladri in chiesa. Suso Cecchi d’Amico (de son vrai nom, Giovanna Cecchi) s’est chargée d’adapter les ouvrages. Cette célèbre scénariste est extrêmement connue en Italie grâce à ses collaborations avec Luchino Visconti (Le Guépard) et Vittorio De Sica (Le Voleur de bicyclette).

Larmes de joie 2

« Monicelli aborde cette fois le genre de la comédie mélan¬colique, élégante et raffinée, qui renvoie aux meilleurs Blake Edwards. Le film convoque des sujets assez graves comme la solitude, la vieillesse, la pauvreté avec autant de cruauté que de bulles de champagne.
Le trio d’acteurs est époustouflant, Totò et Anna Magnani sont particulièrement bouleversants. Cette galerie de héros fait couler de ces “larmes de joie” qu’il serait regrettable de vouloir sécher. » Anthony Plu, 1kult.com, cinéma alternatif

Découvrir le dossier de presse préparé par Jean A. GILI (specialiste du cinéma italien) : ici

Larmes de joie 5

 Mario Monicelli

Né à Viareggio en Toscane en 1915, Mario Monicelli étudie l’histoire et la philosophie en fréquentant les universités de Pise et deMilan.
Très jeune, il collabore à des revues littéraires et, en 1935, il dirige un long métrage (en 16 mm), I ragazzi della via Pal, et un court métrage (toujours en 16 mm), Il cuore rivelatore.

À partir de 1936, il travaille comme assistant des réalisateurs Machaty, Genina,Camerini, Bonnard, Poggioli.

Entre 1940 et 1966, il collabore à une quarantaine de scénarios de comédies, mélodrames et films d’aventures.

En 1949, il dirige avec Steno son premier film : Au diable la célébrité (Al diavolo la celebrità), une comédie à sketches écrite par les deux réalisateurs (Monicelli collaborera toujours aux scénarios de ses films). Ils réalisent ensemble encore sept films comiques, dont quatre sont parmi les plus originaux du populaire Totò :

  • Totò cherche un appartement (Totò cerca casa, 1949)
  • Gendarmes et Voleurs (Guardie e ladri, 1951) – prix du scénario au festival de Cannes
  • Totò e i re di Roma (1951)
  • Totò e le donne (1952).

En 1953, Monicelli dirige son premier film sans Steno, Totò e Carolina (1955), une satire de l’indifférence des biens pensants qui aura maille à partir avec la censure.

Après un mélodrame social adapté d’un roman de Grazia Deledda, Du sang dans le soleil (Proibito,id.), il donne à Alberto Sordi un de ses premiers personnages d’antihéros dans Un eroe dei nostri tempi (id.) et lance Elsa Martinelli dans une comédie rose Donatella (id., 1956).

En 1958, il tourne un des films cultes du cinéma transalpin : Le Pigeon (I soliti ignoti), film pivot de la « comédie à l’italienne »,  mélange de talents comiques appartenant à diverses générations Totò, Memmo Carotenuto, Vittorio Gassman, Tiberio Murgia. Il introduit aussi dans le film Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale et Renato Salvatori. Le succès est considérable et fait de Monicelli une des valeurs sures du cinéma italien

Avec La Grande Guerre (La grande guerra, 1959) – lion d’or à Venise –, le cinéaste compose une fresque démythifiante et polémique de la Première Guerre mondiale, vue avec humour et réalisme en se plaçant du côté des simples soldats.

Après une comédie amère, Larmes de joie (Risate di gioia, 1960), et l’épisode «Renzo e Luciana» de Boccace 70 (Boccaccio ‘70, 1962), il dirige une autre fresque sociale et historique ambitieuse et acide, Les Camarades (I compagni, 1963) sur les premières grèves à Turin à la fin du XIXème siècle.

Il poursuit sa carrière en se moquant avec finesse du « glorieux » Moyen Âge dans L’Armée Brancaleone (L’armata Brancaleone, 1966) et dans sa suite Brancaleone s’en va t’aux croisades (Brancaleone alle crociate, 1970).

Il dirige ensuite des films très différents mais toujours personnels :

  •  la farce politique brûlante, Nous voulons les colonels (Vogliame i colonnelli, 1973)
  • une satire de moeurs, Romances et Confidences (Romanzo popolare, 1974),
  • une comédie loufoque, Mes chers amis (Amici miei, 1975, suivi d’un deuxième volet en 1982,
  • un drame bourgeois, Caro Michele (1976),
  • une tragédie caustique, Un bourgeois tout petit petit (Un borghese piccolo piccolo, 1977)
  • une comédie folklorique sur les combats de catch féminin, Rosy la Bourrasque (Temporale Rosy, 1980),
  • une satire pleine d’ironie des films enquête avec caméra cachée, Chambre d’hôtel (Camera d’albergo, 1981)
  • Une comédie-bouffe située dans la Rome pontificale du début du XIXème siècle, Le marquis s’amuse (Il marchese Del Grillo, 1982)
  • une étude douce-amère sur les névroses d’un écrivain, Le Mal obscur (Il male oscuro, 1990).

En 2006, âgé de plus de 90 ans, il adapte avec  Le rose del deserto le livre de Mario Tobino, Il deserto della Libia.

 Le cinéaste, malade, se suicide à Rome en 2010.


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