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Effets secondaires (Steven Soderbergh)

Par Carnetauxpetiteschoses @O_petiteschoses

A la lecture du synopsis, j’ai pensé à un thriller psychologique et ça m’allait bien. Mais finalement, j’ai été surprise (et déçue) par le message et la démonstration du film.

Avec son casting solide, « Effets Secondaires » commence bien. Rooney Mara, actrice caméléon déstabilise par le contraste de sa jeunesse apparente et de son jeu très mature (on se souvient notamment de sa prestation dans « Millénium« ) et nous embarque dans son personnage de jeune femme fragile. L’histoire se déroule sans failles, on suit les errances, les moments de dépression profonde de la jeune héroïne, Emily, jusqu’à sa rencontre avec le Docteur Banks (Jude Law). Tous deux se partagent avec brio la narration.

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C’est lui, spécialiste en antidépresseurs, qui va proposer à sa patiente différents traitements et les ajuster de manière à trouver celui qui lui convient. Dans cette première partie du film, les faux-semblants perçus par Emily jouent aussi avec nos nerfs, on craint ses gestes : on ressent fortement le vide qu’elle éprouve, l’appel du suicide, ses hallucinations, ou ses actes qui lui échappent peu à peu. On épouse alors les mouvements de caméra et cette manière de filmer séduisante. Dommage que le film n’aille pas davantage dans cette direction. Cette atmosphère prend fin brutalement avec un meurtre, commis comme le nom l’indique en état d’hébétude, sous les effets secondaires de son traitement.

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A compter de ce moment, le coupable est soit Emilie, soit le Docteur Banks qui a poursuivit le traitement malgré les plaintes de sa patiente et de son mari, notamment sur le somnambulisme dont elle était victime. Dès lors, l’intrigue m’a parue prévisible, davantage apparentée à une lutte pour rendre justice qu’à une véritable enquête qui tient en haleine. Le « coupable » est évident, la raison pour laquelle il agit l’est moins, et c’est à cela qu’on s’attache dans cette seconde partie. On se demande alors quel est vraiment le message sur le milieu médical et quel est l’intérêt ? On perçoit effectivement la prescription facile de médicaments forts, la surconsommation, et la dépendance. Autour d’Emily tout le monde semble déjà avoir pris tel ou tel médicament. On conçoit aussi les conséquences financières de ces produits, leur popularité sur les marchés, leur tests (des études menées sur des patients moyennant un traitement gratuit), ou des magouilles liés à cet aspect. Franchement c’est déjà vu et sans véritable intérêt.

Si dans certains autres de ses précédents films, Soderbergh nous avait embarqués, décortiquant la diffusion d’une maladie dans Contagion ou plus récemment en analysant la réalité du milieu d’un chippendale dans Magic Mike, ici dans ce milieu médical et financier l’intrigue stagne et se perd. On retient tout juste l’issue du film, lorsque le Docteur Banks réalise sa justice pour lui-même… Sans doute le point le plus intéressant dans son rôle de médecin…

A voir :
Effets secondaires, un film américain de Steven Soderbergh (1h46)


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