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Journée d'études : "Géographie des marges et marges en géographie"

Publié le 16 avril 2013 par Geo-Ville-En-Guerre @VilleEnGuerre
L'Ecole doctorale de géographie de Paris organise une journée "Jeunes Chercheurs" autour de la question "Géographie des marges et marges en géographie", le lundi 22 avril 2013 à l'Institut de géographie (amphithéâtre Emmanuel De Martonne, 191 rue Saint-Jacques, Paris 5e arrondissement). Cette journée d'études sera également l'occasion d'un concours de posters scientifiques qui seront exposés dans le hall de l'Institut de géographie.


Présentation de la journée d'études par les organisateurs :

"« Peu importe la marge, c’est le cœur qu’il faut avant tout considérer ». Souvent vérifiée en géographie, cette affirmation de Lucien Febvre témoigne à la fois du poids accordé à ce qui est gros, visible et structurant dans les espaces géographiques, et de la relative rareté des travaux sur les marges en géographie, comme si le marginal était quantité négligeable et ne valait pas la peine d’être connu. Le terme de marge renvoie avant tout à ce qui est loin, en périphérie, à la limite ou à la frontière ; ainsi qu’à ce qui est petit, de moindre taille, aux interstices. En outre, la question de la visibilité est primordiale, précisément car ce qui est visible acquiert de l’importance. La marge se définit toujours dans un rapport à quelque chose d’autre. Entre des lieux ou des espaces, ou au sein des sociétés, ces rapports expriment une influence, une domination, une relation asymétrique. Ainsi, dans l’inégalité des facteurs et des processus qui concourent à la production de l’espace géographique, les marges occupent le bas de l’échelle.

L’apparente polysémie de la notion de marge lui confère un caractère transversal dans les différents champs thématiques, théoriques et méthodologiques, ce qui la rend complexe. C’est également la marginalité au sein des disciplines qui est discutée. Les marges ne pourraient-elles pas se définir précisément par leur mise à l’écart dans la connaissance et la production du savoir scientifique ? Cette interrogation transpose aussi le débat vers les statuts des transferts, de l’interdisciplinarité et de la diversité des manières de faire. Ainsi, il s’agit de s’interroger sur le rôle de la marge dans l’analyse géographique et dans la discipline. Dans cette perspective, les communications des doctorants et autres jeunes chercheurs devront s’inscrire dans les axes suivants : Axe 1 – Les marges : définitions, mesures et méthodes Notion transversale en géographie, et au-delà, dans d’autres sciences, la marge pose avant tout un problème de définition. D’abord, qu’appelle-t-on une marge ? À quoi cela renvoie-t-il ? Et de facto, comment définir les marges en tant qu’objet géographique ? Par ailleurs, quelles sont les mesures à partir desquelles identifier, qualifier et quantifier les marges ? Négligeables voire invisibles, comment les apprécier ? Les méthodes pour appréhender les marges semblent nombreuses, de la modélisation informatique à l’observation participante « des marginaux », en passant par l’usage de la cartographie. En quoi une méthode permet-elle d’identifier certaines marges plutôt que d’autres ? Quels discours cela donne-t-il sur les marges ? Quels sont les apports et les limites des différentes méthodes et mesures, et comment les comparer ou les combiner ? Axe 2 – Les marges spatiales, territoriales et physiques Les marges spatiales se situent par rapport à des centres ou à des pôles structurants. Elles sont à la fois les périphéries, les interfaces ou les discontinuités. Les marges territoriales, produits d’appropriations de l’espace (frontières, interstices, zones tampons, etc.) s’inscrivent dans des jeux d’acteurs, des aménagements et des enjeux environnementaux. En géomorphologie avec les bourrelets marginaux ou les marges continentales, en climatologie ou en biogéographie avec les limites zonales, la question des marges est importante pour comprendre les dynamiques systémiques des milieux. Chaque marge est relative à un territoire, à un espace, à un lieu et à une échelle donnée. Cependant comment apprécier les marges en termes de production et d’analyse multiscalaire ? Axe 3 – Marginalité et marginalisation spatiale Les « marginaux » transgressent les normes fixées par un groupe social dans un certain contexte historique et spatial. Ils sont mis à l’écart d’une société en vertu d’une norme, du fait de leurs pratiques, de leurs appartenances, etc. Ce rapport aux normes donne lieu à des stigmatisations et des discriminations dont la dimension géographique est à questionner. L'étude d'une société par ses marges interroge aussi les dynamiques et les acteurs qui façonnent les catégories sociales, dans le temps et dans l'espace. Comment les « marginaux » en tant qu’acteurs produisent-ils du territoire ? À l’inverse, comment leur assigne-t-on des territoires ? En quoi les « marginaux » et leur(s) espace(s) s’inscrivent-ils dans des rapports de pouvoirs localisés ? Les traductions spatiales de la marginalisation sociale prennent des formes diverses à de multiples échelles. La séparation entre « marginaux » et « normaux » peut être nuancée par des interrelations socio-spatiales entre ces catégories. Axe 4 – Approches, postures et objets marginaux en géographie D'un point de vue épistémologique, on pourra aussi considérer la notion de marge sous l'angle de la marge disciplinaire. Cet aspect nous conduira à nous interroger sur ce qui fait qu'un objet, une méthode, une « manière de faire » en géographie, est située en marge de la discipline. La géographie française n’a-t-elle pas marginalisé certains types d’objets ou d’approches ? Comment peut-on décrire les objets « à la marge » de la géographie ? Cette question de la marginalité peut également se comprendre à travers la tension entre la marginalité de l'objet et celle de la place du chercheur, par rapports aux institutions et au paradigme géographique. Comment peut-on définir des géographes à la marge, que cette marginalité soit volontaire (point de vue extra-, trans- ou pluridisciplinaire, refus du statut de "géographe"), ou subie (marginalisation du chercheur) ? Comment certains objets géographiques passent-ils de la marge au centre de l’analyse ?"


Programme de la journée d'études :


9h00 : Ouverture
par Christian Grataloup (Directeur de l'Ecole Doctorale de Géographie de Paris) et le Comité d'organisation


9h30 : Atelier 1 : LES MARGES : DÉFINITIONS, POSTURES ET MÉTHODES

Animé par Yann Calbérac (Université Paris Sorbonne - paris 4) et Léna Sandert (CNRS)

Penser les marges en cartographie. La remise en questions du paradigme bertinien à travers l'émergence des cartographies sensibles

Elise Olmedo (doctorante, Université Panthéon-Paris - Paris 1, UMR Géographie-Cités)

Les impacts "à la marge" des lignes à grande vitesse sur la biodiversité : étude d'un projet d'aménagement et mise en évidence cartographique d'impacts "diffus"

Jean-Marc Fourès (doctorant, Université Panthéon-Sorbonne - Paris 1, Laboratoire de géographie physique)

Expertises culturelles et demandes de restitution de biens archéologiques : les frontières matérielles du patrimoine mondial

Saena Sadighiyan (doctorante, Mines Paris Tech, Centre de Sociologie de l'Innovation)


11h00 : Pause café



11h15 : Invité d'honneur : Claude Raffestin (professeur émérite, Université de Genève)
ET SI LES "MARGES" ÉTAIENT LES ÉLÉMENTS D'UN PARADIGME INDICIEL SUSCEPTIABLE D'ALIMENTER DE NOUVELLES INTERPRÉTATIONS ?


12h30 : Atelier 2 : MARGES SPATIALES, TERRITORIALES ET PHYSIQUES

Animé par Anaïs Marshall (Université Paris 13)

Une marge territoriale imaginaire en repositionnement : les Tumuc-Hamac entre Eldorado, Enfer vert et interface régionale

Francis Grandhomme (agrégé de géographie, docteur en histoire, Université de Lorraine, CRULH)

Transition bioclimatique entre le Ferto et le Bassin arachidier : réflexions autour de la problématique sensible de l'accès aux ressources naturelles entre deux anthroposystèmes, cas de la communauté rurale de Barkédji (Sénégal)

Ababacar Fall (doctorant, Université Paris 13, ERASME/CERSC) et Oumar Marega (doctorant, Université Paris Diderot - Paris 7, UMR PRODIG)

La montagne frontière : du statut de marge à celui de laboratoire d'innovations

Lauranne Jacob (doctorante, Institut de Géographie Alpine / Université de Genève, Laboratoire PACTE)


15h30 : Pause café



15h45 : Atelier 3 : MARGINALITÉ ET MARGINALISATION SPATIALE
Animé par Marie Morelle (Université Panthéon-Sorbonne - Paris 1)

La marginalité : un patrimoine discuté du territoire. Exemple de la Mouraria à Lisbonne

Jacques Galhardo (doctorante, Université François Rabelais - Tours,UMR  CITERES)

Etre en marge, se retrouver à la marge : Territoires et territorialités fragmentés. Le cas des bidonvillois relogés de Rabat (maroc)

Habiba Essahel (docteur en géographie, UMR CITERES-EMAM)

Des artistes en marge ? De l'emploi du concept de marginalité pour décrire la position spatiale et sociale des plasticiens

Tatiana Debroux (Université Libre de Bruxelles, IGEAT)


17h15 : Remise des prix du concours de Posters

par Christian Grataloup et Chantal Béranger (Ecole Doctorale de Géographie de Paris)


17h30 : Atelier "Court-Métrage"

L'Association Art


18h00 : Conclusion et clôture


18h30 : Buffet de clôture



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