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Au pays de Zézette et Zizi, ou la question de la tolérance sexuelle

Publié le 29 avril 2013 par Blabla

Aujourd'hui chez les terriens ... une geekette va parler de sexualité.

Oui, le titre est en partie choupinet-débilou, mais j'assume ! Na ! Mais rassurez-vous (ou pas), je n'ai pas viré bloggeuse pour enfants, le sujet du jour est on ne peut plus sérieux. Nous allons donc parler de sexualité, et plus précisément d'orientations sexuelles. Car à l'heure où les français peuvent enfin se marier avec qui bon leur semble, il reste des choses à faire, et partout. Je vous emmène donc au pays de Zézette et Zizi !

Cet article est en germination depuis longtemps dans ma tête, et c'est une amie, qui se reconnaîtra si elle me lit, qui m'a inspirée et surtout motivée. Aussi, je garde son "cas" et son histoire pour la fin de l'article. Je disais donc plus haut que je vais aborder aujourd'hui le cas des orientations sexuelles, en commençant par une simple et évidente consigne : cet article se veut empli de tolérance, aussi je prierais les anti-quoique-ce-soit de ne pas fulminer et de ne surtout pas déverser leur fiel ici. je parlerais de tout et de tous, des hétéros, des homos, des transgenres, des bisexuels, des asexuels et même de choses plus précises comme le sado-masochisme par exemple (car oui, c'est aussi une orientation sexuelle), avec, je l'espère, justesse et objectivité. Bien sûr, pour la plupart des cas je ne décrirais que ce que j'ai lu, vu, entendu, mais surtout constaté de par mon expérience de la vie et grâce à la diversité des mes connaissances, qu'il s'agisse d'amis ou de simples rencontres furtives. Bon, par contre, je ne parlerais ni de zoophilie, ni de nécrophilie et encore moins de pédophilie, qui à mon sens tiennent plus d'un problème psychiatrique que d'une réelle orientation sexuelle ...

Petit message pour tous : je suis bisexuelle (à tendance hétéro comme le disent mes amies lesbiennes, il est vrai que j'ai une préférence très nette pour les hommes), de fait, il se peux que je fasse des erreurs ou que j'oublie certaines choses. Parfois même (je pense notamment à la partie sur les asexuels) je ne fais qu'imaginer sans être sûre. Aussi, je vous serais reconnaissante de ne pas m'en tenir rigueur, de ne pas me gronder pour mes erreurs, mais au contraire je vous encourage à me corriger, à apporter des précisions, à expliquer comment vous vivez votre orientation. Cet espace vous est dédié, à vous tous, quelle que soit votre orientation sexuelle, et vous pouvez donc venir témoigner en commentaire sans hésitation aucune !

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, et peut être, je l'espère, d'apprendre quelque chose de mes écrits ... Je vous préviens, c'est long ^^

Commençons pas le commencement.

Zézette et Zizi ou le cas des hétérosexuels

L'homme n'aime que les femmes, la femme n'aime que les hommes. L'option majoritaire, pour ne pas dire commune, de la nature. Le schéma type de la pérénisation des espèces. Oui parce que, même en étant à fond pour la cause LGBT, il faut tout de même accepter l'évidence : pour créer un nouvel être, il faut un gamète mâle et un gamète femelle ( pour ceux qui auraient sécher les cours de SVT : un gamète est une cellule reproductrice mature capable de fusionner avec un autre gamète, du type complémentaire, pour engendrer une nouvelle génération d'un être vivant, chez nous, les hommes, ce sont donc ovule et spermatozoïde), et la nature n'a rien trouvé de mieux que de " programmer" les êtres vivants mâles à rechercher les êtres vivants femelles de leur espèce. C'est pour cela qu'un escargot, aussi hermaphrodite soit-il, a besoin d'un autre escargot pour faire d'autres escargot.

Mais être hétéro, c'est quoi exactement ? Heteros, en grec, ça veut dire différent. L' hétérosexualité est l'attirance ou le fait d'entretenir des relations sentimentales, amoureuses, ou sexuelles uniquement et exclusivement avec des individus de sexe opposé. Rien de bien compliqué en somme.

Mais saviez-vous qu'avant 1891, le terme hétérosexuel n'existait pas ? Ce terme est né après le terme homosexuel, que l'on opposait au début au terme normalsexuel ... Oui, vous avez bien lu. Notre société est depuis toujours conditionnée par un instinct de conservation puissant, qui nous pousse à privilégier le schéma reproductif classique mâle+femelle. Ainsi l'histoire de l'hétérosexualité se confond étroitement avec celle de la famille "classique". Mais avec l'évolution de la sexualité (sa liberté pourrait-on dire) ainsi que celle de la science qui permet de concevoir un enfant sans passer par une relation sexuelle hétéro, la famille se diversifie et la reproduction n'est plus l'apanage des hétérosexuels (mais on est bien d'accord, il faut toujours un gamète mâle et un gamète femelle, là rien ne change).

Il est certains que cette orientation sexuelle aura longtemps le qualificatif de "normale" comparée aux autres ... Surtout tant que les religions monothéistes clameront haut et fort que cette normalité est la seule qui trouve grâce aux yeux de Dieu (ou parce que c'est le même pour nos trois grandes religions, ne l'oublions pas, même s'il ne porte pas le même nom) ...

Zézette et Zizi ne s'aiment pas, où le cas des homosexuels

On pourrait dire que c'est l'exact contraire de l'hétérosexualité, car si les hétéros vont exclusivement et uniquement vers le sexe opposé, les homosexuels vont exclusivement et uniquement vers le même sexe. Deux hommes, ou deux femmes. Deux papas ou deux mamans, comme on l'entend depuis quelques temps ... mais ce n'est pas tout, car les choses sont bien faites et pour différencier les hommes-homos et les femmes-homos, on a deux termes bien distincts.

D'un côté nous avons ces dames qui ont choisi de se tourner vers le lesbianisme, appelé parfois le saphisme (ces termes font référence à la poétesse grecque Sappho, de l'île de Lesbos). Saviez-vous qu'avant la fin du XIXème siècle, le terme lesbien se rapportait à tout ce qui venait de cette fameuse île, notamment le vin ? d'ailleurs, les habitants de l'île, ont essayé, en 2008, d'obtenir de la justice grecque que le terme " lesbienne " ne se réfère qu'aux habitantes de l'île, sans succès. Ils considéraient que l'emploi du mot " lesbienne " pour parler de l'homosexualité féminine " violait leurs droits et les disgraciait de par le monde " ! Et à partir de 1925, le terme lesbienne est utilisé comme le féminin du terme sodomite ... alors même que l'homosexualité féminine est moins considérée comme un problème que sa version masculine. Cette orientation sexuelle est d'ailleurs très anciennes et s'est développée dans de nombreuses cultures. Voici par ailleurs un passage, qui est assez significatif, de l'article Wikipédia sur le lesbianisme :

La sexualité des femmes a largement été construite, au cours de l'histoire, par des hommes qui ont reconnu de manière limitée le lesbianisme comme une sexualité possible ou valide, en raison de l'absence de mâle dans une relation lesbienne. Les historiens féministes affirment que la motivation principale des sexologues, lorsqu'ils décrivent les relations lesbiennes, est leur méfiance envers l'émancipation grandissante des femmes par rapport aux hommes. Les femmes qui ne respectaient pas scrupuleusement les normes de genre qui leur étaient assignées étaient considérées comme des malades mentales. Les différentes manières dont les lesbiennes ont été représentées dans les médias suggèrent que la société occidentale a été à la fois intriguée et effrayée par les femmes qui ne respectaient pas les normes de genre, tout en étant au même moment fascinée et scandalisée par les femmes ayant des relations entre elles. Certaines femmes qui ont eu des relations avec d'autres femmes ne se définissent ni comme lesbiennes, ni comme bisexuelles. En revanche, les femmes qui se définissent comme lesbiennes partagent une forme d'identité comparable à une ethnie : en tant qu'homosexuelles, elles font face à la discrimination et aux risques de rejet ; en tant que femmes, elles n'ont pas le même vécu que des hommes. Le contexte politique et social continue d'influencer la manière dont les relations et les familles lesbiennes se forment.

Pour ces messieurs, on parlera de gay (et gai-e en Amérique francophone, au Québec notamment), bien que ce terme désigne parfois aussi bien les hommes que les femmes homosexuels ... Certains se sont même amusés à donner un rétroacronyme (interprétation d'un acronyme sans que ça n'en soit le sens originel) au terme GAY : We are Good As You ! (Nous sommes mieux/meilleurs que vous) qui montre cette volonté farouche d'acceptation et de tolérance, faisant de fait un pied-de-nez à ceux parmi les hétéros qui qualifient les homos de "sous-hommes" (entre autres choses ...).

Car oui, c'est un peu (beaucoup) la guerre entre hétéros et homos. Selon les époques et les cultures, l'homosexualité est relativement acceptée ou réprimée. Au début du XXIème siècle, la tendance, dans les sociétés occidentales, est à l'acceptation et, dans certains pays, à l'établissement d'un statut légal (union civile ou mariage entre personnes de même sexe), statut revendiqué dès la fin du XIXème siècle. Toutefois, 88 pays (principalement en Afrique et au Moyen-Orient) condamnent encore les auteurs d'actes homosexuels à des peines plus ou moins importantes, allant jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité ou à la peine de mort ... Cela fait assez froid dans le dos n'est-ce pas ? Cela dit, on se souvient encore du traitement réservé aux homos par le régime nazi d'Hitler, où l'on obligeait les hommes à porter le triangle rose et les femmes le triangle noir (qui était aussi porté par toute une catégorie de personnes jugées " socialement inadaptées", c'est à dire des personnes qui, pour une raison ou une autre, se trouvaient en marge du système ou qui avaient un choix de vie contraire aux valeurs idéologiques des nazis, comme les lesbiennes donc), pour bien montrer qu'ils étaient des " déviants sexuels" ... Ah, eugénisme quand tu nous tiens ...

Pour finir sur ce chapitre, voici un petit florilège des noms donnés aux homos (vous pourrez constater que les demoiselles s'en sortent mieux que ces messieurs, ce qui traduit bien ce phénomène de rejet des gay et dans le même temps une vague acceptation des lesbiennes) :

  • pour les femmes : lesbienne, saphiste, tribade, gouine, goudou, invertie, anandryne, etc.
  • pour les hommes : cinaède, bardache, ganymède, mignon (avouez que là, c'est mignon, effectivement ^^), giton, bougre, sodomite, pédéraste (le mot d'origine de pédé), sodomiste, uraniste, unisexuel, enculé, inverti, antiphysique, pédé, pédale, tapette, tante, folle, etc. Au Canada français, on note les mots fif et fifi.

Zézette qui aime Zizi et Zézette, ou le cas des bisexuels

Voilà quelque chose d'intéressant. Les choses se compliquent, on va dire. Nous voilà avec une femme, ou un homme, qui aime à la fois les femmes et les hommes. Ou comme je dis parfois : on ratisse large pour être sûr de trouver son bonheur ! Ce qui n'est pas forcément pour plaire.

Car oui, non contents d'être décriés par les hétéros, au sein même de la communauté LGBT (qui rassemble les Lesbiennes, les Gay, les Bisexuels et les Transgenres, dont je vais parler juste après), les bi sont très, très mal vu. Considérés comme des homos qui se cherchent en général (et ça c'est ce qu'on entend le plus de la bouche des homos : un bi, c'est juste quelqu'un qui cherche son orientation, qui teste avant de se poser ...), les bi sont vu comme un phénomène de mode bien trop souvent, et souvent l'on dit que ce n'est pas une véritable orientation sexuelle ... La faute à certaines star, comme Madonna qui avait embrassé Britney Spears sur scène, devenant ainsi l'icône des " Bisexuel Chic" ... La "faute" aussi à ceux qui sont en réalité des " bicurieux", des hétéros ou des homos "ouverts", ceux qui assument leurs fantasmes mais qui en restent là. Evidemment, tout le monde à le droit de vivre sa sexualité comme il l'entend, mais ne nions pas que certains de ces comportements ont fait que la bisexualité est rarement prise au sérieux ... Et la conséquence directe de tout cela est que, par exemple, beaucoup de gens se disent bi simplement parce que, une fois dans leur vie, ils auront embrassé une personne du même sexe ...

Oui, vous qui me lisez : ce n'est pas parce que vous avez embrassé un-e ami-e du même sexe que vous, comme ça, pour voir, pour vous amuser, sur un pari, pendant un jeu à boire, que sais-je encore, que vous êtes bisexuel-le-s !

La bisexualité désigne le fait d'éprouver de l'attirance sexuelle pour les deux sexes, ou plus largement le fait d'entretenir des relations amoureuses, sentimentales ou sexuelles avec des personnes du même sexe et du sexe opposé. Par ailleurs, la bisexualité ne représente pas nécessairement une tendance à aimer autant un sexe que l'autre, le degré d'attirance envers les deux sexes pouvant très largement varier. ce n'est pas du 50-50. Moi par exemple, j'ai une nette préférence pour les hommes (peut être à cause du conditionnement de la société pour le schéma familial classique ...), pour d'autres ce sera l'inverse, et pour certains ce sera peut être effectivement proche du 50-50 ...

Autres clichés : on dit (que ce soit venant d'hétéros ou d'homos) que les bisexuels s'engagent dans des relations sexuelles avec de très nombreuses personnes (polygamie), qu'ils ont des mœurs légères (libertin entre autres choses), ou encore qu'ils sont infidèles. Qu'on se le dise, les bisexuels n'ont pas le monopole de la polygamie, du libertinage ou de l'infidélité, pas plus que les hétéros et les homos ... D'ailleurs, les mormons, ces polygames bien connus en occident, ne sont-ils pas hétéros et profondément religieux ? Bref, les bi sont comme tout le monde, ils peuvent n'aimer qu'une seule personne à la fois, il peuvent être fidèles, ils peuvent avoir une sexualité tout à fait classique, à part le fait qu'ils vont indifféremment vers les hommes et les femmes. Qu'on se le dise : la bisexualité est une véritable orientation sexuelle (et la plupart des bi vous le diront, certains même ajouteront " pourquoi choisir ? J'aime les hommes autant que les femmes, les deux me comblent").

Dernier petit point : chers bisexuels, sachez que vous avez votre journée internationale, si si ! Depuis 1999, le 23 septembre c'est votre journée ! Et il existe aussi un drapeau, symbolisant cette orientation ...

Zézette veut devenir Zizi, et inversement, ou le cas des transgenres

Là, c'est très particulier, j'avoue que j'écris ce chapitre avec beaucoup de précautions. Commençons déjà par poser les bases pour définir les transgenres. On utilise ce terme pour décrire les personnes dont le genre - l'identité psychique et sociale reliée aux concepts d'homme et de femme, ou identité sexuelle complète - entre en conflit avec leur sexe biologique.

Dans son sens le plus large, le mot transgenre regroupe plusieurs expressions identitaires dans lesquelles la personne considère que le genre attribué à sa naissance, en fonction des organes génitaux est une description fausse ou incomplète d'elle-même. Selon cette définition, une personne transgenre est donc une personne ( qu'elle souhaite être opérée ou prendre des hormones ou non) dont l'identité de genre, l'expression et/ou le comportement sont différents par rapport à ceux qui sont attendus par la société pour les gens de son sexe biologique.

Au sens plus strict, une personne transgenre est une personne qui ne se sent pas appartenir au genre assigné à la naissance mais ne se sent pas non plus appartenir à l'autre genre. Elle peut se sentir homme et femme, homme ou femme selon les moments, ni homme ni femme.

Comme vous le voyez, les transgenres ne sont pas évidents à définir ... Entre ceux qui font tout pour changer de sexe, ceux qui se transforment pour être un mélange des deux sexes (vous savez, ces femmes plantureuses qui ont un pénis, par exemple, ceux qui en fait sont psychologiquement androgyne donc), et ceux qui se contentent de se "costumer" pour ressembler à l'autre sexe (ceux qu'on appelle bien souvent les Drag Queen, les travestis) ... Il est parfois compliqué de s'y retrouver. d'autant que là, on ne parle pas que d'orientation sexuelle mais aussi d'identité sexuelle : la transidentité est quelque chose de très complexe de fait.

Pour ce qui est de l'orientation sexuelle proprement dite, presque sans exception, les personnes transgenres préfèrent être nommées selon le genre avec lequel elles s'identifient ou sous lequel elles se présentent. Ainsi, une personne qui s'est vue attribuer le genre masculin à la naissance, mais qui s'identifie comme étant une femme, préférera l'usage des pronoms et des adjectifs féminins ; pour décrire son orientation sexuelle, elle emploiera le vocabulaire de son genre : hétérosexuelle si elle n'est attirée que par les hommes, lesbienne si elle n'est attirée que par les femmes et bisexuelle si elle attirée par les deux. Pour une personne transgenre non transsexuelle, les notions usuellement employées pour décrire l'orientation sexuelle s'avèrent inopérantes, interrogeant par là même leur universalité. Ainsi, une personne multigenre, dont le genre d'assignation est masculin, mais vivant socialement de manière équilibrée entre plusieurs genres, peut-elle être qualifiée d'hétérosexuelle si elle est exclusivement attirée par les femmes ? Comme je vous disais, c'est complexe et compliqué ...

Une chose est sûre, là aussi ces personnes souffrent de discriminations, même au sein de la communauté LGBT (oui, les homos ne sont pas toujours très tolérants ... ce n'est pas l'apanage des hétéros ^^). parce qu'il est difficile de les définir et donc de définir leur sexualité, on les met simplement à l'écart, on les considère comme des caricatures, on les raillent ... ce qui pose énormément de problèmes car ce sont sont doute eux qui ont le plus besoin de soutient : ils se cherchent réellement, ils naissent dans un corps qui n'est pas celui qui correspond à leur psychologie, et ils n'ont pas besoin qu'ne plus on les rejette au sein même de la communauté qui est censée les protéger ... Là dessus, je suis réellement écœurée par cette communauté qui se dit tolérante et solidaire mais qui rejette ceux qui ne font pas comme tout le monde (comprenez ceux qui ne sont pas juste homos comme la grosse majorité de la communauté LGBT ...). Le pire, c'est que même entre gay et lesbiennes, les homos sont méchants entre eux et réussissent à encourager les clichés qu'ils n'aiment pourtant pas entendre venant des hétéros (genre, dernièrement j'ai appris qu'une lesbienne n'avait pas le droit d'être féminine si elle voulait être bien vue dans la communauté ...).

A noter aussi qu'on utilise aussi l'appellation Troisième Sexe pour catégoriser les transgenres (Indochine à d'ailleurs fait une chanson à ce sujet, dans l'album 3 de 1985, intitulée justement ).

Zézette et Zizi s'aiment mais restent chastes, ou le cas des asexuels

Nous voilà dans le cas de mon amie. Une histoire qui a fait couler beaucoup d'encre virtuelle sur son mur Facebook. Elle avait innocemment partagé un lien vers un article sur les asexuels, et un de ses contacts n'a pas compris. Ou ne voulait pas comprendre plutôt, je dirais. Mais avant de revenir sur cette histoire, expliquons tout d'abord les choses proprement. Voici ce qu'on peut lire sur Wikipédia :

L'asexualité, dans son sens le plus large, est l'état d'une personne qui ne ressent pas d'attirance sexuelle pour une autre personne. L'asexualité a aussi été définie comme un désintérêt pour l'acte sexuel ou comme une absence d'orientation sexuelle. Une étude couramment citée et publiée en 2004 estime la prévalence de l'asexualité à 1 %. L'asexualité est distincte de l'abstinence sexuelle et du célibat qui sont généralement motivés par des facteurs tel que les croyances personnelles ou religieuses des personnes [note de Valériane : dans ces cas, la personne se prive de sexe mais peut en ressentir le besoin, elle peut ressentir du désir pour les autres mais le retient]. L'orientation sexuelle d'une personne, à la différence des pratiques sexuelles, est souvent considérée comme étant " persistante ". De plus, certaines personnes asexuelles ont des rapports sexuels bien qu'elles ne ressentent pas d'attirance sexuelle [note de Valériane : en gros elles le font pour faire plaisir à l'autre partenaire qui n'est pas asexuel]. Les raisons qui peuvent motiver un tel choix sont variées et peuvent inclure la volonté de satisfaire leurs partenaires dans le cadre d'une relation intime ou la volonté d'avoir des enfants.
L'asexualité, qui n'a commencé à être reconnue comme une orientation sexuelle que récemment, suscite l'intérêt de la communauté scientifique, et un nombre croissant de travaux, issus pour la plupart de la sociologie et de la psychologie, voient le jour.Certains chercheurs contestent d'ailleurs l'idée que l'asexualité soit une orientation sexuelle.

La dernière phrase a toute son importance. Car si même les scientifiques pensent que ce n'est pas réellement une orientation sexuelle, comment les asexuels peuvent-ils être reconnus et être protégés (car on les taxe d'anormalité, j'y reviendrais) ? Petite précision : si les scientifiques ont autant de mal à définir sir l'asexualité est ou non une orientation sexuelle véritable, c'est qu'elle s'apparente en effet au trouble du désir sexuel hypoactif (la fameuse frigidité) dans le sens où elle se définit par une absence d'attirance sexuelle pour d'autres personnes. Mais les asexuels ne sont pas forcément frigides (certains le sont sans doute, c'est évidemment très probable). La différence, c'est que la frigidité se subit (puisque c'est un trouble) alors que l'asexualité est une façon d'être (j'allais dire un choix, mais là encore ce ne serait pas totalement vrai, car dans les fait, on ne choisit pas vraiment notre orientation sexuelle, mais on ne la subit pas non plus, c'est un choix dans le sens où on choisit de la suivre et de vivre comme ça, et ça vaut pour toutes les orientations sexuelles).

Donc pour résumer : les asexuels sont comme tout le monde, y compris ceux qu'on regroupe dans les LGBT, sauf qu'eux n'ont pas d'attirance sexuelle pour qui que ce soit. L'amour véritable, finalement ... non ?

Apparemment, pour la plupart des gens, l'asexualité n'est qu'une anormalité. oui, dans notre société hypersexualisée, ne pas éprouver de désir sexuel sans être malade, c'est être anormal. Je parlais plus tôt d'un contact de mon amie qui ne voulait pas comprendre son choix, et qui nous a exposé ses arguments, convaincu que sa vision des choses était la seule logique valable. Voici ses propos, brut de décoffrage, sans modification aucune (j'enlève juste les passage trop personnels, je n'ai pas l'intention de mettre à nu sa vie privée bien sûr, je ne pose là que ses arguments), mais je tenais à vous livrer ceci car cela est très révélateur de ce que subissent les asexuels quand ils se dévoilent :

Je peux te dire qu'une union sans sexe [...] et bien c'est juste pas tenable car on se demande tjrs est ce qu'elle voit ailleurs pourquoi elle veut pas, est ce qu'elle m'aime encore et quand tu as ces doutes là c'est mort [...] Car si c'est pour faire comme des amis je vois pas l'intérêt d'une union autant rester amis. Et puis pour un mec quoi qu'il dise il aura tjrs la tentation de se vider quand c'est trop plein, c'est pas qu'on est des obsédés mais c'est un truc logique et normal non faire l'amour n'est pas sale, il peut y avoir de très grands moments de tendresse. Après ça empêche pas que des sentiments puissent aussi passer autrement comme par l'écrit les paroles ou la gestuelle mais l'expression corporelle c'est pas pareil on s'approprie le corps de l'autre car on l'aime on l'embrasse on le caresse etc...
Perso en vous lisant j'ai pas l'impression que cela soit voulu non plus... Ça ne semble pas si évidant ou tout noir ou blanc que ça. Après que l'on soit moins attiré par la chose que d'autres c'est une chose, autant chez les filles que chez les mecs, ce qui peut détonner avec l'hyper sexualisation de nos vies. Les Grecs et les romains avaient une sexualité très débridés et pourtant c'étaient de grandes civilisations. Une vie sans sexe c'est comme s'amputer d'une part de soit même, de mon avis on doit tout expérimenter pour savoir ce que l'on aime ou pas. Et l'amour quand on le fait bien et qu'on est à l'écoute de l'autre c'est quelque chose de vraiment bon ^^, quand on aime c'est ni sale ni dégradant

Clairement pour lui, l'amour sans sexe, c'est impossible à concevoir. De même que l'abstinence visiblement. Je me suis fait la réflexion, en relisant ça, qu'il devrait aller causer à des moines, peu importe de quelle religion, et leur poser des questions pour comprendre qu'on peut se passer de sexe toute sa vie. Il devrait aller faire un tour du côté des tibétains ^^. Mais revenons à l'asexualité, et à cette histoire de "se vider" : là encore il n'a rien compris, car les asexuels peuvent pratiquer la masturbation (suffit de lire le site de l'AVEN, c'est bien expliqué). Ce qui définit un asexuel, c'est l'absence d'attirance sexuelle. Personnellement, il m'est arrivée de me masturber sans penser à Chéri, sans même avoir été stimulée, juste parce que j'avais envie de me faire du bien. C'est peut être plus dur à concevoir quand on n'est pas asexuel, mais pourquoi ce serait impossible ? Mais continuons :

Oui il peut y avoir de l'amour sans sexe, j'aime beaucoup ma fille pourtant il n'y a rien, ma famille pareil et mes amis même topo, quoique d'une certaine façon l'amitié est un amour qui n'a pas pu ce concrétiser que ça soit homme ou femme. [...] on peut parfaitement être à l'écoute d'une personne en lui faisant l'amour je suis pas du genre à voir chez une femme un simple cul sur patte, mais le désir de l'union avec son corps est une chose qui fait parti d'une relation de couple. On peut divorcer en aillant eu une sexualité accomplie et aussi une pauvre sexualité, ce qui prime dans une relation amoureuse ce sont les sentiments et les objectifs communs, cependant la vie sexuelle dans un couple représente la moitié du % pour laquelle un couple tient sur la durée.

Déjà, il mélange les différentes forme d'amour : il est clair qu'on ne va pas aimer son partenaire comme on aimera ses enfants. C'est d'ailleurs logique, tout de même, de ne rien ressentir de sexuel envers ses enfants (ce que je lui ai répondu, entre autre). Là où c'est juste énorme, c'est qu'il ne conçoit même pas qu'une amitié normale se fasse sans désir sexuel refoulé, pour lui, l'amitié c'est juste un amour raté, on doit s'ne contenter (il en reparle plus tard d'ailleurs) ... Mais c'est surtout la suite qui est intéressante et montre bien la pensée de ceux qui ne peuvent pas concevoir l'absence de sexe dans un couple. Le sexe, pour lui, est indissociable du couple, et c'est carrément le ciment du couple, ce qui fait que sans lui, un couple ne peut pas durer ... Quand je vois que Chéri et moi avons tenu une année entière sans faire l'amour et que notre couple est encore plus fort qu'avant, j'ai envie de rire bien fort, et de me gausser en me roulant dans le foin (si si) ...

Plus tard, il nous sort un amalgame entre asexuel et asexué : " l'asexué se suffit à lui même et s'auto-reproduit cela existe dans la nature". Alors là, gros fou rire derrière mon écran quand j'ai lu ça, je l'avoue. J'ai eu envie d'être méchante et de lui balancer un aimable "quand on ne sait pas de quoi on parle, on retourne végéter dans sa grotte", mais non, je lui ai gentiment expliqué. Je lui ai expliqué que non, les asexuels ne sont pas hermaphrodites, et que comme tout le monde ils ont aussi besoin d'amour (ma copine asexuelle d'ailleurs aimerait en finir avec son célibat et rêve de son asexuel charmant ^^). Je lui ai expliqué qu'une espèce est dite asexuée si elle peut se reproduire sans l'existence d'individus de sexes distincts, comme certains micro-organismes (et pour votre gouverne, les escargots ne sont pas asexués, juste hermaphrodites, il faut bien deux escargots, qui prendront chacun un sexe différent de l'autre, pour qu'ils se reproduisent) ... Mais même avec ça, il m'a sorti un " même base donc sens rapproché" ... Mouais ... On va dire ...

Là dessus, une autre personne a glissé un commentaire qui est assez intéressant et censé pour que je le note :

Mon côté pragmatique prend le dessus, je pense que ça n'a rien à voir avec notre être pensant, ce n'est pas non plus un comportement anormal. Moi je pense, et ce n'est que mon avis, que la nature finit par induire certain comportements dans ses créations afin de faire face a des changements majeurs, ici par exemple la surpopulation. Donc peut être que c'est une évolution qui tend à réguler le taux de natalité et que celle ci va se généraliser. Le sexe ça tient plutôt de l'instinct, les sentiments et les relations ça tient plutôt de la réflexion. Oui je sais c'est des processus chimiques qui se passent dans nos cerveaux mais on est quand même des êtres pensant.

Que cela soit vrai ou pas, il a le mérite de dire des choses qui ne sont pas illogiques, et sa différenciation sur le sexe et les sentiments me semble tout à fait fondée. Cela n'a pas empêché notre incrédule sexuel de nous lancer par la suite des arguments qui n'avaient aucun rapport avec la choucroute (comme quoi on allait peut être retomber dans le moyen-âge ou pire, que si ça se trouve nos bas instincts, dont le sexe, on ferait mieux de les conserver ...) mais qui au final révélèrent bien plus qu'il ne le pensait.

y a bien pire que d'être asexuel ou asexué ou ce que tu veux et je ne juge pas les gens sur ce qu'ils paraissent, il se trouve que j'entretiens avec une amie une relation très forte sans que cela soit sexuel, peut être qu'un jour ça le sera, peut être pas, l'important c'est qu'elle soit là. Ceci dit il n'y a aucune idée d'appartenance à une quelconque minorité dans cette situation, c'est juste comme ça car ça ne peut pas être autrement, mais soit sûre d'une chose si je dois être avec quelqu'un je n'irais pas lui faire injure de ne pas honorer son corps comme il se doit, au sein du mariage c'est même une faute qui peut provoquer un divorce avec faute uniquement sur la personne qui refuse.

Je ne sais pas vous, mais je perçois là un fond de reliogiosité ... Les termes "honorer son corps", parler de "faute" pouvant provoquer un divorce ... Et vous aurez remarqué qu'il se justifie encore au sujet d'une amitié sans sexe, comme si c'était étrange d'avoir une amitié sans relations sexuelle ... Curieusement, après l'avoir fait remarqué, le "débat" s'est arrêté là, si on peut qualifier cette conversation à sens unique de débat, car à aucun moment il n'a répondu à mes questions, à savoir :

  • "Où est la faute si les deux sont en accord avec ça et si aucun des deux ne veut avoir de relations sexuelles ?"
  • "Où est l'injure si cela leur sied et qu'aucun des deux ne se sent lésé ?"
  • "Si les deux s'aiment et sont comblés, encore une fois, où est le problème au fait qu'ils ne ressentent ni le besoin ni l'envie de faire l'amour ?" ...

Car à chaque fois, cette personne prenait l'exemple d'un couple "normal" (si tant est, au final, que la normalité existe) au sein du quel une des deux personne se refuserait à l'autre (oui, mes mots sont très bien choisis) ... A aucun moment il n'a voulu concevoir, accepter la simple idée qu'il existe des couples où aucun des deux partenaires ne désire l'autre sexuellement. Et c'est bien cela le problème.

Bien sûr, me concernant je ne peut pas concevoir ma vie sans sexe. Parce que déjà, j'aime trop ça pour m'ne passer, surtout depuis que je connais Chéri. bien sûr, si chéri venait un jour à ne plus me désirer sexuellement, même pour une très courte durée, j'ne serais peinée, je me poserais des question, mais je ne le quitterais pas pour autant, du moins pas sans qu'on en ai parlé (parce que si ce manque de désir vient du fait, par exemple, qu'il ne m'aime plus, évidemment on ne va pas rester en semble, ce serait idiot). Evidemment je souhaite que cela n'arrive jamais ^^. Mais je suis lucide : tout au long de notre vie de couple nous aurons des baisses de libido, rien à voir avec l'asexualité, je le sais bien, mais tout ça pour dire que ce n'est pas le sexe qui cimente un couple, c'est juste l'amour, simplement l'amour.

Pour finir sur les asexuels, sachez, vous qui avez tenu la lecture jusqu'ici, qu'il existe une communauté internationale, réunies sur le site de l'AVEN ( Asexual Visibility and Education Network, fondée en 2001 au USA), dont une version francophone a été mise en ligne en 2006. Une association, l' AVA, a été également fondée, en juin 2010, par des membres de l'AVEN. Cette visibilité virtuelle est très importante, car les asexuels ont véritablement besoin de ce réseau pour se sentir compris, pour avoir des réponses, pour avoir des confidents qui les comprennent et surtout ne les jugent pas. A noter que là aussi, il existe un drapeau pour représenter les asexuels. et à présent, ils souhaitent eux aussi avoir leur journée, pour faire comprendre ce qu'ils sont et en finir avec cette intolérance et ces jugements.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, j'espère ne pas trop avoir perdu de lecteurs en route, et un grand merci à ceux qui ont fait l'effort de lire jusqu'au bout ! Je tenais à faire cet article pour aider la tolérance à faire un pas en avant. J'ai été un peu longue sur le dernier chapitre, mais à mon sens cela était nécessaire. Je remercie mon amie de s'être dévoilée et de m'avoir inspirée, et de m'avoir parlé de cette orientation méconnue. Et je lui souhaite de trouver l'asexuel de son cœur. J'espère aussi vous avoir appris des choses, mon ego adore quand ça arrive ^^.

Et vous, dans quelle région du pays de zézette et Zizi vous trouvez-vous ?


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