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L'écume des jours, Michel Gondry d'après Boris Vian - Ca aurait pu être pire.

Publié le 05 mai 2013 par Romaneg

Ça faisait un an qu'on attendait ce film, je me rappelle encore l'année dernière quand, sur Twitter, Gad Elmaleh avait posté la première photo de tournage... les sentiments qui sont nés ce jour là ont été alimenté par une série de bonnes, de mauvaises nouvelles : casting (trop) explosif avec entre autres -je cite le moins remarqué, Alain Chabat dans le rôle génial de Gouffé- Audrey Tautou dans le rôle de Chloé (et ça ce fut vraiment la pire annonce, mes proches durent ensuite me supporter acariâtre et blasée pendant des semaines), l'ajout d'inventions appartenant à d'autres romans... 
Mais bon c'était Michel Gondry, et puis c'était Boris Vian, et puis c'était L'Ecume des jours, mon roman de chevet depuis mes douze ans. Alors quand même, je ne pouvais pas rater ça. En outre, ce fut carrément l'occasion de mon retour dans les salles obscures après quatre mois d'abstinence involontaire ! Ce fait est très important car je suis forcément contente - j'aurais pu l'être même en ayant vu la pire bouse de l'année. J'étais dans une salle de cinéma, devant un grand écran à contempler le fruit d'un travail s'étalant sur des mois et revenant à de nombreuses personnes. 
Et en fait, c'est ça qui frappe en premier quand on regarde L'Ecume des jours. Le travail fourni. Les mecs se sont lâchés ! Ils se sont dit "c'est Boris Vian, on fait tout ce qu'on sait faire". Contrastes violents (avec par conséquent un côté Andersen qui m'a presque plu), utilisation abusive du stop-motion et des marionnettes... 

L'écume des jours, Michel Gondry d'après Boris Vian - Ca aurait pu être pire.

Une scène complètement ajoutée qui est l'exemple typique du trop.

C'est con parce que y avait vraiment tout ce que j'aime, tout ! Mais à trop forte dose. Gondry s'est laissé prendre au piège, il s'est laissé avoir par Vian comme un bleu. On ne demandait pas une restitution complète (et même plus que complète puisque Gondry rajoute ses propres délires) de l'univers, juste une restitution cinématographique. Pour la première partie du récit, je crois que c'est raté. Quelques scènes tout de même sont très chouettes... la sortie de l'église après le mariage, et... c'est tout, en fait.
Pour la première partie. Parce qu'après, ça va mieux. 
Déjà parce qu'on laisse plus de place aux comédiens. Enfin ils ont l'opportunité de jouer leurs personnages, d'être beaux, laids, expressifs, pathétiques. Et puis Gad Elmaleh était très bon, Omar Sy également, et même Charlotte Le Bon (dans le rôle d'Isis) ! Mieux : Audrey Tautou m'a convaincue... j'en étais émue toute seule.  Les personnages de ce roman en sont une clé essentielle comme dans n'importe quelle histoire mais ce n'est qu'à partir du début de la maladie de Chloé (je spoile rien, c'est dans les résumés ET la bande annonce !) que Gondry (et même les acteurs) semblent s'en rendre compte.Du coup on entre enfin pour de bon dans l'histoire, qui s'assombrit comme les couleurs pour finir sur du noir et blanc. Idée classique ? Peut-être, mais efficace. 

L'écume des jours, Michel Gondry d'après Boris Vian - Ca aurait pu être pire.

Là c'était pas mal. J'adore mes légendes.


Alors voilà, je crois simplement que Gondry a voulu en faire un peu trop : casting trop, décors trop, pour au final oublier l'essentiel la moitié du temps. Mais ça aurait pu être pire, bien pire. 
Comme par exemple l'adaptation de Au bonheur des ogres qui sortira en septembre prochain. C'est l'adaptation du roman de Daniel Pennac, le premier d'une série géniale racontant les aventures d'un certain Malaussène. J'avais adoré ces romans, eh ben la bande annonce me promet déjà de détester le film. Au moins L'Ecume des jours, c'est pas trop une perte de temps alors si vous avez une petite salle à faire vivre dans votre ville, n'hésitez pas !


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