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[Critique] TOMBSTONE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] TOMBSTONE

Titre original : Tombstone

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : George Pan Cosmatos
Distribution : Kurt Russell, Val Kilmer, Michael Biehn, Sam Elliott, Bill Paxton, Powers Boothe, Jason Priestley, Stephen Lang, Thomas Haden Church, Dana Delany, Billy Zane, Michael Rooker, Billy Bob Thornton, Charlton Heston, Joanna Pacula…
Genre : Western/Aventure/Action
Date de sortie : 16 février 1994

Le Pitch :
Quand Wyatt Earp, un ancien marshall réputé dans tout le pays, et ses frères, arrivent à Tombstone, c’est pour y trouver la paix, s’y établir et faire fortune. Cependant, leur tranquillité est de courte durée. Une bande de hors-la-loi se faisant appeler les Cow-Boys multiplient en effet les provocations à l’encontre de Wyatt et de sa famille. Accompagnés de la gâchette facile Doc Holliday, les frères Earp font de voir faire face à ces bandits…
Retour sur la vie de Wyatt Earp, et notamment sur le règlement de comptes à O.K. Corral…

La Critique :
George Pan Cosmatos n’était pas un cinéaste fin. Non, c’était même un grand bourrin. On parle tout du même de l’homme qui a signé Rambo 2 et Cobra, à savoir deux des Stallone les plus rentre-dedans ! Pan Cosmatos n’y va pas quatre chemins et quand il fait un western, il ne change pas son fusil d’épaule.
C’est pour cette simple et bonne raison que Tombstone est aussi génial que jubilatoire. Clairement situé à la croisée des chemins du pur film d’action de la trempe de ceux qu’on pouvait voir dans les années 80 et 90 et du western américain, Tombstone évoque de plus, l’uns des grandes légendes de l’Ouest sauvage. Wyatt Earp, un personnage mythique, accompagné de surcroît par Doc Holliday, lui aussi relativement célèbre pour ses coups d’éclats et sa fameuse verve. Et c’est là qu’on se doit de parler de Val Kilmer. Celui qui interprète précisément Doc Holliday, ce dentiste atteint de tuberculose, devenu sur le tard un super hors-la-loi dont le nom résonne encore comme un écho infini dans l’histoire de l’Ouest sauvage. Val Kilmer qui livre une performance assez définitive (même si Dennis Quaid, dans le même rôle, ne démérite pas non plus dans le Wyatt Earp de Lawrence Kasdan) en faisant de ce pistolero redoutable une sorte d’ersatz de Jim Morrison, à la verve jubilatoire et à l’attitude coolissime. Forcement, à côté, dans le rôle titre, Kurt Russell peine à s’imposer. Pour autant, le comédien s’en sort bien, même affublé d’une moustache à priori un poil gênante. Son Wyatt Earp est plutôt sage, mais devient par la suite lui aussi vecteur d’une rage badass tout à fait en adéquation avec la démarche artistique de George Pan Cosmatos. À savoir, lorsqu’il prend les devants en envoyant valser ses espoirs de paix, pour faire parler la poudre. Kurt Russell, en chef de meute donc, épaulé par un Bill Paxton un peu en retrait et par un Sam Elliott toujours absolument impeccable dans un rôle de frangin soupe-au-lait tout à fait délectable.
En face, que du bon, puisque c’est ce bon vieux Michael Biehn, le Kyle Reese de Terminator, qui mène la danse, au milieu d’un bon vieux ramassis de gueules comme on aimerait en voir plus souvent. Ajoutez à ce casting déjà bien burné, le massif Charlton Heston qui vient apporter sa caution et c’est le bouquet : rien que pour ses comédiens, Tombstone vaut le détours !

Mais Tombstone n’est pas qu’une simple réunion de comédiens bigarrés ! Il y a aussi les punchlines, puissantes et percutantes, nombreuses à toucher au vif. Le film apparaît comme un best-of de clichés positifs. Et par là, il faut comprendre que dans le cas présent, ces dits-clichés sont utilisés de manière à surligner les enjeux du récit et compilés afin de déboucher sur un trip old school redoutable, certes prévisible, mais ô combien jouissif. Inutile de rechercher une trop grande authenticité. Pour cela, mieux vaut aller chercher du côté de Kevin Costner qui, avec Lawrence Kasdan a préféré cibler l’exactitude historique plutôt que de tout miser sur le divertissement pur et dur, proche du blockbuster. Même si son Wyatt Earp reste véritablement impressionnant, de par sa densité et son sens du détail, c’est celui de Pan Cosmatos qui offre le réel défouloir que l’amateur sera heureux de retrouver et de savourer.

Pas vraiment proche de la patte crépusculaire des westerns à la Eastwood et loin du classicisme d’un John Wayne, Tombstone a, à l’époque de sa sortie, proposé une alternative au genre, en tentant de le replacer dans une logique d’immédiateté très divertissante. On a le droit de ne pas goûter au cocktail, mais il faut au moins reconnaître l’aspect burné de l’entreprise. Quand on (re)voit le film aujourd’hui, on s’aperçoit qu’il est assez unique en son genre. Car malgré tous les poncifs qu’il propose, il finit par se marginaliser pour le meilleur. Il réussit l’exploit de sacraliser du même coup une page importante (du moins pour le grand public) de l’Histoire américaine et de la vulgariser à l’extrême. Un peu comme Rambo 2 finalement, du même cinéaste, qui abordait bel et bien une problématique américaine bien réelle (la présence de prisonniers américains délaissés par leur gouvernement à la fin de la guerre du Viet-Nam), en optant pour une approche explosive et franche.
Une manœuvre assez symptomatique d’un certain cinéma américain, qui apporte de l’eau au moulin de ses détracteurs, mais qui peut aussi, plus souvent qu’on ne pourrait le penser, offrir de purs moments de cinéma populaire. Et au fond, Tombstone, en faisant parler la poudre comme rarement, remplit largement son contrat initial.

@ Gilles Rolland

TOMBSTONE

Crédits photos : Warner Bros. France


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