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Un accident dans le port de Gênes qui effraie encore plus les vénitiens…

Publié le 08 mai 2013 par Oliaiklod @Olia_i_Klod

Le port de Venise

Cette nuit, vers 23 heures, le porte container Jolly Nero de la compagnie Messina, a, pour une raison inconnue, effectué une mauvaise manœuvre en plein port de Gênes, et heurté de plein fouet la Palazzina Piloti, d’où sont contrôlés les mouvements des bateaux.

Sous le choc très violent, la tour de contrôle, une haute structure de métal où se trouvent les bureaux des pilotes du port ainsi que les garde-côtes, s’est inclinée de 45 degrés et une partie s’est même affaissée dans l’eau.

Les personnes qui s’y trouvaient sont tombées à l’eau. Les plongeurs des pompiers, arrivés très vite sur les lieux, ont repêché neuf personnes, dont trois étaient mortes.

Selon les premiers témoignages, il semblerait que deux moteurs se soient bloqués, rendant le porte-conteneurs incontrôlable. Le navire italien mesure près de 200 mètres de long, 30 mètres de large et pèse plus de 40.500 tonnes.

Arrivé sur les lieux, l’armateur du bateau, Stefano Messina, était sous le choc : «Jamais une chose pareille n’était arrivée. Nous sommes désespérés», a-t-il déclaré au bord des larmes… désespéré d’avoir perdu beaucoup d’argent, mais pas coupable d’avoir causé des morts inutiles.

Volontairement, nous ne mettrons aucune image de ce drame.

Navire dans le bassin de san Marco - Photo Alberto Alberti

Cet accident rappelle douloureusement aux Italiens la tragédie du Costa Concordia. Ce paquebot de croisière avait fait naufrage le 13 janvier 2012 après avoir heurté un rocher tout près de l’île toscane du Giglio, faisant 32 morts.

Cette tragédie touche plus particulièrement les vénitiens et vient remettre en cause les affirmations du Presidente dell’Autorità Portuale di Venezia Paolo Costa. Désormais, on comprends que ce ne sont pas des affirmations mais plutôt des incantations quand il dit que les navires de croisières modernes ont une sécurité maximale et qu’aucun accident ne peut survenir pendant leur traversée de la lagune de Venise.

12-12-1977

Cela ne peut pas arriver, nous dit-on, et pourtant un porte containers s’était encastré dans les quais des Giardini le 12 décembre 1977. C’est donc déjà arrivé !

Navire de croisière et sa pollution athmosphérique - photo Luciano Mazzolin

Que dira t’on quand les moteurs d’un de ces monstres se bloqueront à leur tour et qu’un navire plus haut que le campanile de San Marco viendra s’encastrer dans la piazzetta, provoquant des centaines de morts, des milliers de blessés et de disparus, et la destruction irrémédiable d’un patrimoine de l’humanité ?

Ce jour-là, l’histoire nous a appris comment les choses se passent, le seul coupable sera le capitaine du navire, et tous les responsables se défausseront et plaideront la catastrophe imprévisible.

Navire de croisière et sa pollution athmosphérique - photo Luciano Mazzolin

Pourtant, la sagesse populaire et le bon sens des vénitiens leur fait crier la vérité depuis des années : Les monstrueux navires de croisières ne sont pas les bienvenus dans notre lagune, où seuls des bateaux de taille raisonnable devraient être accueillis.


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