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Festival This Is Not A Love Song (2/2)

Publié le 27 mai 2013 par Misterblog

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Photos de la soirée ICI

24 et 25 Mai 2013, Paloma.

Nimes, troisième soir du festival.

Les grandiloquants Birth Of Joy enflamment la grande scène avec un chanteur habité et un clavier groovy évoquent invariablement les Doors, un bel hommage involontaire à Ray Manzarek disparu la semaine dernière de la part des programmateurs qui nous ont encore gâté ce soir.

Avec quelques bas néanmoins, les passablement bourrins Bass Drum Of Death et la synth pop anecdotique de Veto.

Et une surprise (enfin demi surprise car on adore le disque) avec le slacker Mac DeMarco et sa jangle pop assez irrésistible.
Le Canadien semble autant prendre de plaisir que nous en livrant des versions dynamitées de ses chansons, balançant des blagues aussi couillonnes que les vidéos projetées derrière.
Le genre de concert qui file la banane, impossible à retranscrire à sa juste coolitude mais qu’on recommande chaudement.

Beau moment soul plus tard avec Jesse Boykins III qui aura joué de malchance dans son horaire de programmation qui chevauchait celui de la tête d’affiche.
Les quelques titres vus donnent plutôt envie de le réentendre : si son jeu de scène parait un peu forcé (pourquoi remuer sans arrêt sur une musique aussi calme ?) sa voix et ses musiciens nous ont ravi.
Timbre soyeux à la Maxwell avec qui on pense aussi capillairement, bonne humeur communicative et en plus de son répertoire qui nous était inconnu, une très belle version du "Limit to your love" de Feist, encore plus sensuelle que celle qu’en avait faite James Blake.

On ratera malheureusement la fin pour ne rien rater de l’événement de la soirée, Dinosaur Jr.
Groupe culte qui a secoué quiconque écoutait du grunge dans les années 90, et dont la reformation réussie sur disque laissait espérer une belle claque.
A défaut de gagner de nouveaux fans avec un set sans concession, Lou Barlow et J Mascis n’ont pas déçu les vieux (plus ou moins) chevelus avec un mélange de morceaux récents comme le terrible "Watch The Corners" et de classiques à la "Just Like Heaven".
Quasiment pas un mot entre les chansons, mais un concert vraiment puissant de bout en bout, où le mur d’enceintes n’était absolument pas là pour faire joli.

Dur dur pour les groupes qui vont suivre, d’autant que beaucoup de festivaliers quittent les lieux juste après.

On aurait pu penser que le So British Miles Kane attire davantage de monde que ça, mais c’est dans une salle clairsemée qu’il délivrera un live honnête mais pas transcendant.
Le problème n’est pas tant l’interprète et son groupe, la copie rendue est propre, clinquante parfois mais on a un peu l’impression d’entendre douze fois la même chanson.
Dans un autre contexte, avec une peu plus d’ambiance la sauce aurait peut être davantage pris.

Blackstrobe se charge de faire danser sur leur son dark disco dans le club, les ayant vu il ya quelques semaines, on ne s’attardera pas trop.

La soirée finit comme la précédent avec le dj Hudson Mohawke, sans son comparse de TNGHT remplacé pour on ne se quelle raison par Jessie Boykins III cette fois limité à haranguer les derniers motivés.
Pas eu la force de tenir tout le set mais bien aimé ce hip hop futuriste avec du Kanye West dedans (remix de "Mercy" et un inédit du prochain album) et le martial "Bugg’n".

Samedi sans surprise la fréquentation se voit nettement plus importante que les premiers soirs.

Pas reconnus sur le moment alors que déjà vus quand ils s’appelaient Quadricolor, Griefjoy ont séduit pas mal de monde en ouverture avec une pop assez emphatique avec quelques effets electro bien maîtrisés.

Un peu moins enthousiaste pour les mélancoliques Grindi Manberg, peut être à cause de la foule compacte du club qui me découragera d’y retourner par la suite.

Gros moment d’émotion sur la grande scène avec l’incroyable Daniel Johnston.
Je redoutais un peu l’accueil du public vu sa voix, son apparence et sa personalité unique dans le cirque rock mais beaucoup semblent avoir apprécié.
Une sympathie gagnée dès le départ avec un très drôle "Dans quel pays sommes nous ? Vous non plus vous ne savez pas ?".
Concert toujours sous le fil, à la fois caustique et bouleversant avec un groupe sobre et efficace, et de très beaux passages acoustiques ou ac cappella.
Parmi les titres joués, "Casper the friendly ghost" ou "True love will find you in the end" sonnent autant comme des classiques que sa fragile version du "You’ve got to hide your love away" des Beatles.

Alors tous ceux restés ont le sourire, dehors les fans des très hype Fauve râlent de ne pouvoir entrer dans le club archi comble, l’ambiance devient tendue.
Engouement qu’on a du mal à comprendre avec les quelques titres entendus au Patio qui retransmettait sans l’image, mais ça aurait été pas mal de filmer les concerts de cette salle tout aussi inaccessible pour La Femme (ce que je comprend déjà mieux) et Hanni El Khatib.
Sans conteste le gros point noir de cette soirée, une erreur de jeunesse qui servira sans doute de leçon aux organisateurs pour la prochaine édition.

On ne va pas se voiler la face, si ça nous aurait fait plaisir de revoir pour la 4e fois la Femme, on n’aurait raté pour rien au monde les Breeders.
Kim Deal en ayant provisoirement fini avec les tournées triomphales des Pixies, elle reprend tout sourire la route avec sa soeur Kelly et la géniale Josephine Wiggs, peut être ma bassiste préférée de tous les temps.
A l’instar de Primal Scream ou Mercury Rev, le concert de ce soir sera donc l’album "Last Splash" avec évidement l’immense tube "Cannonball".
Les moins curieux quitteront le navire après cet arbre qui cachait la forêt, ratant les toujours aussi bons "No Aloha", "I Just Wanna Get Along" ou "Saints".
A l’image de Dinosaur Jr la veille, des retrouvailles vibrantes dont le seul bémol sera sa brieveté, on aurait aimé en rab un peu plus que le plaisant "Don’t call home" en bonus, mais bon c’était quand même top.

La suite de la soirée sera plus electro, avec d’abord le live intense de Jackson and his computer band, quelque part entre l’electronica rêveuse de ses voisins de label Boards Of Canada et des instants de pure boucheries que ne renieraient pas LFO.
Tout cela sous les yeux admiratifs de Pedro Winter alias Busy P qui se chargera de finir de façon plus festive la soirée avec un mix fêtant les 10 ans de son label Ed Banger, avec un tour d’horizon de ses stars (Justice, Sebastian) ses discrets (Krazy Baldhead) et finit avec une pensée émue pour Dj Mehdi et son fameux "Signatune".

On ne sait pas ce que John Lydon aurait pensé de ces quatre soirs mais sans être parfaite cette première édition de This is not a love song nous a fait oublier pas mal de mois (années ?) de frustration "indie" et nous laisse un goût de revenez y, surtout s’ils récidivent avec de tels choix de programmation et une acoustique en tout points exemplaires.



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