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[Critique] ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE

Titre original : All the Boys Love Mandy Lane

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Jonathan Levine
Distribution : Amber Heard, Anson Mount, Michael Welch, Aaron Himelstein, Edwin Hodge, Whitney Able, Luke Grimes, Melissa Price…
Genre : Horreur/Épouvante/Drame
Date de sortie : 3 août 2010

Le Pitch :
Au lycée où elle étudie, Mandy Lane est une véritable star. Belle, innocente, mystérieuse et charismatique, elle attire tous les regards des garçons qui ne cherchent qu’une chose : être le premier. Lorsque la fin d’année pointe le bout de son nez, un groupe d’amis invite Mandy Lane à la campagne dans la maison des parents de l’un d’eux, afin de festoyer comme il se doit. Sur place, alors que Mandy est plus que jamais le centre d’attention de toutes les personnes dotés d’une paire d’attributs masculins, un mystérieux individu décime les convives les uns après les autres…

La Critique :
Il y a un avant et un après Mandy Lane. Et ce pour une bonne raison : c’est ici qu’Amber Heard explose. Alors qu’aujourd’hui encore, presque 3 ans après la sortie du film en France, les médias considèrent Amber Heard uniquement à travers son statut préfabriqué de briseuse de ménage (celui que Johnny Depp formait avec Vanessa Paradis), tandis que pour d’autres, elle est bien plus qu’une bimbo décérébrée au visage mutin et aux courbes de rêves. Même si, soyons franc du collier, ses courbes sont pour quelque chose dans l’attrait immédiat que suscite la belle blonde. Avec un physique pareil, capable de faire passer Claudia Schiffer pour la fiancée de Frankenstein, Amber Heard avait largement de quoi attirer l’attention. Pour preuve son rôle dans L’Affaire Josey Aimes où elle campe carrément une Charlize Theron jeune, avec un aplomb tout à fait pertinent. Fantasme masculin ultime, objet de toutes les convoitises, depuis qu’elle a pointé le bout de son nez dans une poignée de productions à l’importance relative, Amber est devenu en quelque sorte la cheerleader suprême. Le symbole incandescent de certains canons de beauté yankees.
Mais la bonne nouvelle est qu’Amber sait aussi en jouer devant une caméra et ne s’est jamais franchement reposé tranquillement sur ses attributs terriblement avantageux. Voilà peut-être pourquoi elle n’est jamais devenu une sorte d’erzatz blond de Megan Fox…

Ceci dit, nous nous éloignons du sujet, à savoir All The Boys Love Mandy Lane, premier film de Jonathan Levine et slasher movie à la lisière du drame post-adolescent pop lyrique. Condamné par son distributeur à une diffusion catastrophique (et d’ailleurs il n’est toujours pas sorti aux États-Unis à l’heure de la publication de cet article. Aux dernières nouvelles, on parle de l’été 2013 pour une sortie salles), après l’échec du diptyque Grindhouse de Tarantino et Rodriguez, le film mérite pourtant plus qu’un rapide coup d’œil un samedi en troisième partie de soirée entre deux packs de six.
Porté par la volonté de son réalisateur de sortir des sentiers battus du film de psycho killer à la Halloween pour aller chasser sur les terres de Virgin Suicides, Mandy Lane se démarque par sa tonalité douce amère, chargée d’une poésie ambiguë. Au premier abord, il serait presque légitime de trouver le long-métrage un peu mou du genou tant l’action prend son temps pour installer une atmosphère de plus en plus pesante. Sans trop savoir où Levine veut en venir avec ses jeunes, commandés par leurs hormones en ébullition et sa naïade virginale, on se laisse porter. Sublimé par une bande originale tout à fait adaptée aux intentions de son réalisateur, Mandy Lane commence comme un teen movie classique pour finir dans le sang. Pouvant se rapprocher de Carrie, principalement via le personnage central de Mandy Lane, qui cristallise autant l’attention du spectateur que celle des autres protagonistes, l’œuvre se veut ambiguë et dérangeante.
Un pari plus ou moins réussi pour Jonathan Levine qui peine un peu par moment à maintenir une tension en dent de scie. Et c’est là où Amber Heard joue son rôle.

Dominant un casting plutôt bien vu, entre belles têtes à claques et archétypes archi rabattus (la bimbo, le quetard, le musicien…), la belle blonde parle peu mais habite pourtant chaque centimètre de la pellicule. Elle porte littéralement le film sur ses épaules et s’impose comme le joker de Levine lorsque celui-ci ne parvient pas à donner à son film la direction ou la tonalité voulue.
Non seulement sublime, Amber Heard capte l’essence de son personnage, sans en faire des caisses. On pourrait prétendre qu’elle ne fait que minauder et que de toute façon, avec un visage comme le sien, il suffit de se pointer devant l’objectif et d’attendre que le réalisateur lâche un « coupé » sans se départir d’un regard plus ou moins chargé de mystère, mais non. Il y a plus que ça dans les yeux de cette comédienne. Elle porte un feu qui ne s’éteint jamais. Même quand le scénario bat de l’aile ou quand l’action dépasse les compétences d’un réalisateur lui aussi obnubilé par sa star au point d’en oublier tout le reste.
En lui-même, All The Boys Love Mandy Lane n’est pas un grand film. Il fait le job, honnêtement, arrive néanmoins à s’extirper d’une bonne tête au dessus de la masse, mais souffre de quelques défauts qui l’empêchent de gagner ses galons de film culte. Et pourtant, culte, il l’est. Pour une partie de ceux qui l’ont vu tout du moins et qui gardent en mémoire la lumière qui en irradie.
Comme lors de cette ultime scène, au son du Sealed with the kiss de Bobby Vinton où nait une star. Le visage maculé de boue et de sang, et le regard fiévreux, Amber Heard, en un seul film, s’impose. Et si jusqu’à aujourd’hui, elle ne s’est vu offrir aucun rôle de grande envergure, celui-ci restera comme étant le début d’une trajectoire propre aux étoiles filantes qui traversent le ciel du cinéma américain. Celles qui, quoi qu’il en soit, marquent durablement…

@ Gilles Rolland

All-the-boys-love-mandy-lane-photo-amber-heard
Crédits photos : Wild Side


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