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Allan Théo en Interview sur Influence

Publié le 22 avril 2008 par Guillaume @influencelesite
Allan Théo en Interview sur Influence


Dans les années 90, il était considéré comme un boysband à lui tout seul. il a fait rêver bien des filles en les entraînants sur les pistes de dance avec des hits comme Emmène-moi,Lola, Sonar ou le plus romantique J'aurais voulu te dire. Aujourd'hui Allan Théo continue la musique, avec un son plus rock. il se sent aussi plus libre que par le passé.
Retrouvez-le sur votre site Influence pour une nouvelle interview.

Bienvenue sur Influence, comment allez-vous Allan?

-D l’a boulette !

 

Ca faisait un moment qu'on n'avait plus eu de vos nouvelles, qu'avez-vous fait depuis tout ce temps?

-J’ai autoproduit un album (SOUPIR) qui est sorti uniquement au Québec (chez GCCom. 2001), j’ai fait des concerts, j’ai enregistré un autre album (THEO) sorti en France en janvier 2007 (Bonsaï Music). J’ai bossé dans une boîte de com., j’ai encore fait des tas de concerts avec un groupe (THEO-GROUP 2006-2007), j’ai bossé dans une banque (où je suis encore), j’ai arrêté le groupe et j’enregistre un nouvel album. Ouf…

Comment vous a-t-on proposé de lancer votre carrière de chanteur alors que vous étiez "groom" dans une émission de Jacques Martin?

- J’avais besoin de gagner ma croûte alors que je prévoyais une formation professionnelle dans le jazz (piano et chant) et comme j’étudiais toute la semaine il me fallait un boulot le week-end. J’ai appris par une copine qu’ils cherchaient un groom chez JM Prod. Quand je me suis présenté le programmateur de l’émission a lu mon CV et m’a dit que je pouvais l’intéresser pour un projet musical. Je suis allé en studio le soir même et j’ai poussé la chansonnette. Et voilà, j’avais un taf et une proposition de disque.

La maison de disques et vos producteurs avaient remarqué votre physique agréable et voulaient se focaliser là-dessus?

- Il est clair que le programmateur (qui est devenu producteur du coup) voulait surfer sur la vague de l’époque des mecs propres sur eux qui font crier les filles. Il pensait faire un duo mais la maison de disque a décidé que je serais tout seul. J’ai juste eu la chance d’arriver le premier sur ce projet.

Je suppose qu'arrive un moment où vous en avez marre de jouer les jolis garçons qui ont des chansons pop sucrées, avec des clips style Boys band? Qu'arrive-t-il alors?

- J’ai eu la chance de tomber dans une production qui n’avait encore rien fait. Le succès foudroyant de Emmène-moi a surpris tout le monde, du coup j’ai pu ouvrir ma gueule quant aux clips, aux visuels etc. J’étais en studio, j’écrivais les textes, je choisissais comment m’habiller, comment me présenter en télé, en photo, ou faire les clips etc. Avant Emmène-moi je jouais du Jazz et j’écoutais de l’electro, de la musique latine (d’où l’influence latine du reste de l’album d’ailleurs), j’écrivais des chansons mélancoliques bramées au piano. J’ai fait emmène-moi comme on saisit LA première chance pour une carrière dans la chanson. Mais sur scène, passé le pied des meufs qui hurlent ton nom, je ne m’éclatais pas. J’ai donc décidé de modifier mon orientation musical et comme dirait M6 : « Et là, le drame c’est noué ! »

Vos premières chansons et votre premier album, vous en pensez quoi aujourd'hui?

Y’a des chansons dont je ne comprends pas le sens… Si je replace tout ça dans le contexte, c’était un sacré défi : on a fait un album en 2 mois et demi de A (écrire les chansons) à Z (pochette définitive) donc je suis assez étonné du résultat. Je devais rester dans les clous à savoir : orientation teenagers, pas de discours négatif. Malgré tout, l’album reflète bien l’énergie dans laquelle j’étais à cette époque.

Vous auriez pu continuer dans cette voie là?

Non, il y a un moment où il faut être honnête avec soi-même. C’était une première chance, pas un aboutissement. Et de toute façon, on n’écoute pas la même chose d’une année sur l’autre alors pourquoi toujours chanter la même chose ?

Vous deviez quand même vous douter que vous ne pouviez pas après un premier album qui avait bien marché faire un second album trop rock. La transition aurait déroutée vos fans, non?

Le second album était plutôt folk rock. Et je ne me suis pas vraiment soucié de choquer « mes fans », la musique doit être vivante et non figée et de toute façon c’était vraiment une question de survie. Mais le blocus a eu lieu au niveau des maisons de disque qui ne le trouvaient pas assez commercial (à raison d’ailleurs). Du coup personne ne m’a signé.

Vous avez dû être très malheureux avec tout ce qui s'est passé par la suite à cause de votre rupture de contrat?

J’ai eu une sensation de liberté incroyable, pouvoir faire l’album que je voulais faire (même si j’étais encore très dépendant techniquement) avec des musiciens de talent et non pas à la va-vite, ça a été génial. Mais j’ai vraiment rien compris au discours des maisons de disque, je pensais que j’étais tombé dans une mauvaise écurie au départ mais je me suis rendu compte que l’Industrie du disque portait bien son nom. Je me suis énormément battu, ça on ne peut pas le nier, pour en définitive être poussé jusque dans mes derniers retranchements ça a été très éprouvant mais très formateur aussi.

Vous avez toujours voulu faire de la musique? Est-ce l'essence de votre vie?

J’ai toujours eu de la musique dans la tête (j’en ai à chaque instant d’ailleurs) et je fais de la musique depuis l’âge de 10 ans. Toutes les batailles que j’ai menées pour en faire ne m’ont appris qu’une chose : Au bout du compte il n’y a QUE la musique et c’est la seule chose que je sais indestructible en moi. Toute ma vie, le monde a tournoyé autour de cet axe.

On vous retrouve au Canada où là, vous redémarrez une autre carrière, plus mature. Un single est d'ailleurs paru et il fait partie d'un album "Soupir". Que pouvez-vous nous dire sur cet album, peu connu en Europe?

J’ai réécouté Soupir il y a 15 jours et je me suis pris une claque. C’est un album extrêmement riche : J’ai travaillé avec un poète pour les textes (Jean Claude Collo) qui m’a beaucoup imprégné. Les arrangements ont été supervisés par Lionel Gaillardin et il a dessiné sur ma musique des ambiances d’une grande finesse. Il y a des cordes, des cuivres, des guitares flamencos, nous n’avions aucune limite et ça se sent. C’est un album habité. C’est lui qui m’a construit et qui a posé les jalons de la suite de ma vie. On y sent un besoin de retourner à la source, il m’a révélé mon côté mystique.

Quand on a été aussi starisé est-ce difficile de retomber dans un quasi anonymat?

Non c’est génial, d’ailleurs je me suis rasé la tête après cette expérience pour qu’on ne me reconnaisse pas. Ce qui a été difficile c’est de ne plus se considérer comme un privilégié (ce que je croyais) retourner à la « vraie » vie quand pendant presque 2 ans on n’a pas besoin d’attendre le week-end pour profiter de la vie, c’est perturbant. Mais ça m’a permis d’avoir un regard neuf sur ma condition humaine et mon écriture s’en ressent je pense.

Peut-on dire que vous avez touché le fond? Ou n'avez-vous jamais baissé les bras?

Oui j’ai touché le fond quand je suis sorti de 1an et demi de procès. J’ai été attaqué pour non respect de contrat puisque j’ai refusé d’enregistrer un deuxième album dans la trame du premier. Passer en justice est quelque chose d’épouvantable surtout quand il s’agit de ta liberté. Mais j’ai eu la chance de ne jamais baisser les bras. Et ça a été de moins en moins éprouvant au fur et à mesure que je me rendais compte de ce qui comptait vraiment pour moi. Je suis passé du stade à cacher mon nom pour que ma musique soit crédible à rire de moi-même et des bons conseils des gens de ce métier qui veulent tous que je fasse ce que je faisais avant. (J’ai fait 6 épisodes complètement débiles titrés « Allan Theo is back » que j’ai mis en ligne). Je n’ai jamais autant ri qu’au moment où j’ai fait ces vidéos. Ca m’a permis de digérer un tas de chose.

La télé réalité relance parfois certaines carrières, auriez-vous pu vous laisser prendre au jeu et revenir ainsi au devant de la scène dans une émission de ce genre? Vous en a t-on proposé?

Oui on me l’a proposé à maintes reprises mais j’ai toujours refusé malgré les pressions : la quantité de fric qu’on m’a proposé avait de quoi faire tourner la tête d’un mec criblé de dette comme je l’étais ainsi que son entourage… mais non, je voulais faire de la musique. Après mes premières nuits blanches, j’ai accepté le fait que je pouvais ne pas être fait pour ce métier, tel qu’il était dans sa réalité. Et il était hors de question de jouer un jeu ou de modifier ce que j’étais pour rentrer dans le cadre.

Faire de la télé dans l’espoir de faire de la musique c’est du n’importe quoi.

Ici, comme dans d'autres pays, La Star Academy lance de jeunes artistes. Auriez-vous pu participer à ce genre d'émission?

Oui j’aurais pu.

Quels sont vos projets Allan?

Il y a un mois j’ai enfin résolu un mal être qui m’a accompagné durant ces 10 années (et même avant d’ailleurs) : J’ai décidé de ne plus chercher à séduire ni les maisons de disques, ni les radios, ni les musiciens, ni ma famille... Donc, je fais selon mon envie et à mon rythme (j’en ai aussi les compétences techniques désormais). Et ça c’est énorme ! Je vais donc commencer l’enregistrement chez moi de mon prochain album. Je termine actuellement l’écriture du story board d’un clip que je pense tourner dans 3 mois. Et là le terme « sans concessions » prend toute sa dimension. J’ai écarté de mon chemin tous ceux qui cherchaient à Vendre, il faut que je suive mon instinct, que j’aille au bout du truc.

Le disque est en crise que faudrait-il selon vous pour remédier à ce problème?

Aucune idée.

Est-ce qu'il est envisageable de trouver un jour un Best of Allan Théo?

 Oui et ça sera comique.

Et un nouvel album?

Fin 2008 je pense, en téléchargement sur les plateformes, c’est la magie d’Internet.

Votre son est plus rock, plus dur qu'autrefois est-ce dans cette voie là que vous allez évoluer?

Mes goûts ont énormément changé depuis 10 ans, moi qui détestais le rock, je n’écoute que du Metal aujourd’hui. Ca s’est fait progressivement et je pense que c’est directement lié aux batailles que j’ai menées. Aujourd’hui, je bosse à plein temps dans des bureaux, mais j’ai gardé un œil extérieur, j’ai pris de plein fouet la pression d’un milieu dédié à l’argent, le rapport humain, le stress… Le ton s’est de plus en plus durci au fur et à mesure que je jouais sur scène avec le groupe, mon écriture est plus incisive, plus libre. Ca se ressent dans les premiers titres que j’ai enregistrés pour l’album en cours. Je ne vais pas chercher à faire « comme » mais je ne vais pas me brider. Je pense que l’album à venir sera le premier qui aura un lien direct avec le live. Je n’aurais pas besoin de transposer son énergie, tout sera déjà en place pour faire hurler les amplis.

Le mot de la fin est pour vous Allan ici sur Influence?

Gardez les yeux ouverts.

Allan Théo en Interview sur Influence


Merci à Allan Théo pour cette interview. 


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