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Oh Boy, Berlin Calling

Publié le 05 juin 2013 par Unionstreet

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Parfois il ne vaut mieux pas trop raconter certains films, tellement nous les avons aimé, de peur que certains soient déçus. Tentons la tâche difficile de ne pas trop en dire, mais juste assez pour vous donner envie de découvrir le premier film de l’allemand Jan Ole Gerster qui avait fait ses griffes comme assistant réalisateur sur le film Good Bye, Lenin !. Ce film fortement imprégné d’un style Nouvelle Vague et de la patte de Jim Jarmusch, suit les pérégrinations d’un berlinois paumé. 24 heures dans la vie d’un trentenaire berlinois, c’est la simple promesse du film. Niko se lève un matin, se barre de chez ce qui semble être sa copine et va vouloir prendre un café. Mais finalement il ne le boira jamais, en tout cas pas aujourd’hui. Sa vie de looser est remplie de petites emmerdes, il fait des rencontres inattendues et va voir son père. Le film est très simple pourtant le charme opère, et c’est avec bonheur que nous suivons Niko. Tom Schilling est parfait. D’une grande simplicité, il vit, et avec bonheur nous le regardons dans sa longue errance qui ne le mène nul part. Il donne à son personnage une grande humanité. Celle qui consiste à écouter un inconnu qui s’incruste chez lui pour parler de ses problèmes. Celle qui consiste à récupérer discrètement les pièces données à un clochard car sa carte bleue est avalée. L’humour du film est savoureux. Quand Niko parle à des contrôleurs, quand Niko va sur un tournage de film dont le sujet est la Seconde Guerre Mondiale… Chaque rencontre au fil de sa journée est un plaisir immortalisé par une sublime image noire et blanc et sa bande son jazzy. Le film prend un ton plus grave sur la fin, quand un vieillard raconte à sa manière comment il a vu la montée de l’horreur antisémite. Dans un Berlin arty, Niko se ballade, prend le métro, se perd et le spectateur rigole mais se prend également d’affection pour lui.

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Intelligent, charmant, sehr lustig et surtout très classe, Oh Boy est la surprise venue du vieux continent pour cette année. Il paraît discret mais en réalité le film est grand. Comme quoi la simplicité n’empêche jamais un réalisateur de faire un excellent film. Et si la Grande Bellezza donnait envie de faire la fête à Rome, Oh Boy donne envie de vivre à Berlin. Ne serait ce que pour venir avec Niko voir une pièce contemporaine et peut être boire un café avec lui. Car même s’il semblait plein de défauts, le monde qui entoure le garçon est bien pire. De la jeune femme qu’il croisera souvent et qui d’un regard hilarant le jugera,  du psychologue sadique à l’ex obèse aux névroses dérangeantes, ses rencontres expliquent souvent sa solitude. Seule rencontre émouvante : celle avec une grand-mère autour d’un fauteuil électrique.

Vous l’aurez compris, il faut voir Oh Boy, ne serait que pour la manière dont il traite du nazisme comme une chose dont il ne faut rien oublier, mais dont on peut en rire intelligemment.  Grand film allemand. Espérons qu’il gagne des prix aux prochains European Film Awards.

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