Magazine Culture

1. Cette tombe s’est soulevée, tes os se sont mis debout ...

Par Florence Trocmé
1. 
Cette tombe s’est soulevée, 
tes os se sont mis debout ; 
mais personne quand le vent 
à son tour, s’est levé. 
2. 
J’ai vu sortir de la terre 
une ombre qui soufflait 
sur la flamme de l’air ; 
puis elle se dissipa. 
3. 
De la poussière voletait 
sur cette tombe de terre,  
mais ma main n’en a pu 
saisir le moindre grain.  
4. 
Personne, ou la mort ; ou 
quelqu’un était là et là, 
qui pourrait revenir ici me 
tendre une main qui n’est plus.  
5.  
Qui marche à côté de moi ? 
Personne, dites-vous ? Mais 
derrière moi, ou devant ? 
Ou en dedans de mon corps ?  
6. 
C’est un oiseau battant 
des ailes ; non, c’est une 
vapeur venue d’en bas, 
de cette tombe toute fraîche ? 
7.  
La tombe émit un cri : 
allait-elle se rouvrir ? 
Non, car j’en étais la morte 
qui s’y recoucha très vite.  
8.  
Deux mois sous une terre 
où rien n’a poussé. Qu’ 
a-t-elle vu, la morte, de ces 
forsythias en fleur là-bas ?  
9.  
Je me suis relevé sans jambes,  
marchant en crabe sur les coudes ;  
plains-toi ! La mort viendra 
te faire beaucoup plus de torts.  
10 
Les morts ne marchent plus,  
mais cette morte m’a poussé 
doucement, comme un souffle 
dépose une feuille à terre.  
[...] 
Louis-François Delisse, À Gambo, enterrée au cimetière de Thiais depuis le 3 janvier 2011, avec quatre st-les de Jean-Pierre Paraggio, Collection de l’Umbo, série Passage du Sud-Ouest, 2013.  
[Texte porté à la connaissance de Poezibao par Ivar Ch’Vavar.] 
Louis-François Delisse dans Poezibao : bio-bibliographie, Notes d’hôtel (parution), Louis François Delisse, poète couleurs de l’homme (par FX Farine), extrait 1  


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Florence Trocmé 18683 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines