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COMMENT J'AI CUISINÉ MON PÈRE, MA MÈRE ET RETROUVÉ L'AMOUR de S. G. Browne

Par Phooka @Phooka_Book

COMMENT J'AI CUISINÉ MON PÈRE, MA MÈRE ET RETROUVÉ L'AMOUR de S. G. Browne
Mirobole Editions378 pages21 euros
Résumé :
Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes.

Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey. Sombrement drôle, étrangement touchante et suffisamment saignante, l’odyssée du premier mort-vivant contestataire de l’Histoire vous fera probablement mourir de rire. Mais auparavant, vous devrez avoir fait connaissance avec tous les amis d’Andy…


L'avis de Dup :
Andy est un zombie. Ben oui, et alors ? D'abord ce n'est pas de sa faute. Il n'a jamais demandé à revenir parmi les vivants après son accident qui lui a coûté sa vie et celle de sa femme. Bon, heureusement pour lui, ses parents ont bien voulu l'adopter. Parce que sinon c'était soit la SPA, soit servir de mannequin dans l'industrie automobile pour les crash-test ! Mais bon, à condition qu'il reste calfeutré dans la cave. Car oui, c'est insoutenable : outre la vision de son corps à moitié déchiqueté par l'accident, il continue à se putréfier et donc il pue. Et les aérosols que ses parents achètent par palette entière n'y changent pas grand chose. 

Quand le livre commence, Andy se réveille sur le sol dans la cuisine de ses parents. Il a une gueule de bois carabinée. Des cadavres de bouteilles autour de lui confirme cet état. Mais il y a également des sacs de petits-pois et autres denrées habituellement congelées qui décongèlent au sol. Pris d'un doute, il ouvre le congélateur et trouve les corps de ses parents en morceaux. Troncs d'un côté, membres de l'autre. Quant aux têtes, elles sont consciencieusement emballées dans des sacs zyploc au frigo...Puis Andy se souvient et nous raconte son histoire, depuis son retour à sa non-vie. De sa "renaissance" à aujourd'hui. Et nous on tourne les pages car on veut savoir comment et pourquoi. Parce que comme le dit et le répète Andy, il n'y a qu'à Hollywood que les zombies mangent des humains ! En adoptant une narration à la première personne du singulier, SG Browne laisse percer un humour cynique des plus délicieux. Et Andy a beau dire et répéter également qu'on ne peut pas comprendre tant qu'on n'a pas vécu la même situation, celle-ci est tellement bien décrite qu'on comprend tout à fait ! L'auteur épluche tout : les conditions de vie des zombies, leur organisation et leurs obligations, mais surtout leur absence de droits. Andy se rend régulièrement aux réunions de MVA : les MortsVivants Anonyme. Endoctrinement, bourrage de crânes, la caricature de ce type d'associations est poussée à l’extrême. Le rejet des zombies par les "respirants" est bien décrit et permet d'aborder avec humour et légèreté le thème du racisme. Où plus exactement de l'intolérance vis à vis des minorités, thème ô combien actuel... Le discours n'en est pas moins pertinent et c'est un moyen comme un autre de faire passer le message.C'est au cours de ces réunions MVA qu'Andy sent qu'il est en train de tomber amoureux. Cette découverte et la euh... mise en place de cette relation va apporter au récit un côté sympathique et surtout très drôle... même si "on ne peut pas comprendre" :)) On sent tout du long de la lecture que l'auteur s'est franchement amusé à écrire son roman et c'est bien agréable. Bref une lecture qui, si elle ne me laissera pas un souvenir impérissable, à quand même rempli son rôle premier, me divertir. 

D'autres l'ont lu et il me semble que nous sommes toutes du même avis : Lune, Mycoton...

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