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Qu’elle était verte ma vallée de John Ford

Par Juval @valerieCG

Qu’elle était verte ma vallée est un film de John Ford sorti en 1941 et tiré du roman de Richard Llewellyn. Il aborde la vie d’une famille de mineurs du pays de Galles, les Morgan, à la fin du XIXeme siècle. Le film commence avec un mouvement de grèves lancé suite aux baisses importantes des salaires des mineurs. Contre l’avis de leur père, les fils Morgan se syndicalisent.

Le film est raconté du point de vue du plus jeune fils, Huw, qui déclare au début du film qu’il doit quitter la vallée et laisser derrière lui 50 années de souvenirs. Il n’est jamais montré adulte et l’on voit le passé à travers ses yeux ce qui permet d’emblée de montrer que sa vie a été transformée : sa vie, sa famille, sa vallée, se disloquent peu à peu : les uns, excédés par les conditions de travail qui décident de migrer, l’autre partagée entre sa famille et son mari d’une classe sociale différente, le patriarche, avant tout attaché à ce que rien ne change. Huw décide, malgré les nombreuses difficultés, décide de conserver en mémoire les moments les plus heureux qui feront que sa vallée restera toujours verte dans son souvenir.

Un an avant, Ford avait réalisé Les raisins de la colère qui développait un point de vue apparemment beaucoup plus politique que ce film qui s’attache davantage à l’étude de la vie d’une famille, dont la vie est représentative de la vie d’un village entier, village dont il n’est pas la peine de dire le nom tant il ressemble à d’autres.

Dans sa description des personnages, John Ford excelle comme à son habitude ; ainsi la scène de boxe de l’instituteur qui a humilié Huw, le départ des fils pour l’Amérique ou l’attente des femmes après un coup de grisou car ce qui caractérise  le cinéma de John Ford est l’humanité avec laquelle il sait décrire et représenter les personnages.

La famille Morgan sert avant tout à montrer les changements qui agitent une société. Le père représente la permanence, la coutume qu’il ne faut pas modifier. Ainsi il s’insurge devant les mouvements de grève qui symbolisent une prise de conscience massive tant dans la famille qu’au niveau du village. La scène où après un énième affrontement, ses fils quittent la table familiale permet à Ford de montrer par un simple plan l’évolution des consciences.

Si Ford met au départ en avant la force de la solidarité, il montre aussi qu’il n’est pas dupe du mal que peut produire une collectivité ; ainsi la scène de départ du prêtre montre qu’une communauté (familiale, villageoise) n’est pas apte à faire perdurer des valeurs solidaires à l’aube d’immenses changements. N’oublions d’ailleurs pas que le film a été tourné en 1941 alors que la guerre s’annonçait aux Etats-Unis.

La rue principale du village est symbole de la vie du village ; les mineurs l’empruntent pour aller et revenir de la mine, qu’on voit raletivement pu par rapport à l’importance qu’elle a dans la vie de chacun, et elle sert aussi de lieu de vie aux uns et aux autres pour partager les derniers racontars. Le film a été entièrement tourné en studio, ce qui, selon moi, ne nuit pas au réalisme.

Qu’elle était verte ma vallée de John Ford

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