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Comme une bouteille à la mer

Publié le 08 juillet 2013 par Pimprenelle2

UnknownParfois, il peut nous arriver de croire discerner dans un message sur la toile, un appel au secours. Et vous voilà désemparée face à tant de souffrance d’un inconnu qui vous semble si familier, un que vous n’avez jamais croisé, mais pour lequel vous vous êtes pris d’amitié. Ou pas car là n’est pas le problème, le problème est la croyance en votre impuissance, la peur de l’ingérence se disputant à la non assistance à personne en danger. Vous luttez contre votre peur du ridicule, celle d’avoir mal lu, mal compris, de vous être trompée, de déclencher un processus lourd, et inutile. Et puis vous craignez de commettre un acte pour une personne qui ne vous le pardonnera jamais. De quoi je me mêle ?…

Alors vous relisez, relisez encore, et vous saisissez de votre téléphone, plongez et composez le 112. Une voix masculine, un sapeur pompier, on racontez votre inquiétude  les yeux rivés sur votre écran, vous excusant de la pauvreté de vos renseignements, vous vous sentez  si dépourvue, si nulle. La police va être avertie, vous allez être recontactée, ce qui arrive dans l’heure, de l’autre bout de la France. Vous recommencez à narrer votre histoire, enfin celle de votre inconnu ; pour enclencher la procédure, vous faut laisser un message, sur un site gouvernemental. Vous vous précipitez, obéissez aux ordres, envoyez votre alerte. Votre téléphone sonne. L’autre bout de la France a lu votre message, à lu l’article qui vous a interpellée, n’y voit rien d’étrange. L’autre bout de la France, la hautaine nordiste, vous plombe d’un "des trucs comme ça, j’en vois tous les jours", vous lui rappelez que fort heureusement ce n’est pas votre cas, ce qui explique votre émoi. Rien ne sera fait, on ne défonce pas une porte pour si peu ma petite dame, il vous le signifie clairement. C’est lui le professionnel. Vous, vous êtes en colère.

Vous retournez à votre ordi, faites d’inutiles recherches. Vous guettez un message qui vous rassurera. En vain.

Votre téléphone sonne, de nouveau un numéro bloqué. Le commissariat de votre ville, un policier, un humain, auquel vous recommencer, encore encore à expliquer. Il cherche sur son ordi, malgré l’angoisse que vous devinez, l’heure tourne, enfin partagée, trouve le message, lit, lit la même chose que vous. Il raccroche, après une promesse de vous rappeler. Il rappelle, à sa voix vous comprenez qu’enfin le dossier est pris au sérieux, enfin l’intervention va avoir lieu, enfin la chaîne de solidarité va trouver son accomplissement.

Vous espérez une fin heureuse, espérez sans y croire avoir des nouvelles dans les heures ou les jours suivants.

Ces quelques heures, vous auront semblé une éternité, mais si vos espérances sont comblées vous le serez aussi. Et vous vous effondrerez en larmes, de soulagement et de joie. Enfin je l’imagine.

Si je vous raconte cette histoire c’est parce qu’elle peut nous arriver à tous. Nous gens ordinaires, pas nés sur la planète Kripton, pas de un super héros. Nous pouvons en  être émetteur ou récepteur, avoir besoin d’une main qui se tende, le devoir d’apporter notre secours. L’impuissance n’est qu’illusion, avec une adresse IP, nous sommes tous trouvables, nous ne sommes plus si seuls. Big brother peut être notre meilleur ami, et la police composée d’humains, capable de se saisir du relais, de prodiguer les mots qui font du bien.

Parce que, parfois les histoires d’amitié, même virtuelles finissent bien, parce qu’il est des jours qui marquent à jamais nos vies, parce que parfois le bonheur est simple comme un coup de fil, parce qu’être utile est un devoir, parce que ce jour est le premier jour du reste de ma vie, mais pas que, ce texte je le dédie à une GRANDE personne, qui je l’espère maintenant se sait importante


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