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Rencontre avec maxime chattam

Par Geybuss

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  Fin juin, c'est une foule compacte qui se pressait pour entrer dans l'Espace Ouest France, répondant ainsi à l'invitation de la librairie Le Failler ! Moi même, j'arrivais cette fois ci avec plus d'une heure d'avance, histoire d'être sûr d'avoir ma place au premier rang ! Le romancier du jour : Maxime Chattam !

RENCONTRE AVEC MAXIME CHATTAM

Le célèbre auteur de thriller est venu en terre Bretonne nous présenter son dernier opus, paru chez Albin Michel :

La conjuration primitive.

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De mon côté, une première : plus de petites notes sur un cahier d'écolier... j'ai mis en route le dictaphone de mon MP4. Sur le moment, cela me permet de profiter mieux de la conférence (euh, et aussi, pour le cas présent, de prendre encore plus de photos

RENCONTRE AVEC MAXIME CHATTAM
  ) Conséquences, grand tri photos et maintenant, il me faut réécouter la conférence pour la transposer ici !!! 

 

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 L'interviewer : Vous êtes l'auteur d'une quinzaine de romans traduits dans 20 langues. Question un peu personnelle... En quoi ce vous faites aujourd'hui ressemble à ce que vous vous imaginiez il y a 10 ans lorsque vous publiez votre premier roman  ?

MC : Pas facile de répondre. Déjà, il y a 10 ans de ça, j'écrivais avant tout en rêvant d'être publié puisque mon plaisir premier était l'écriture. Je me disais "si je trouve un éditeur ce sera super", "si le livre est un peu lu ce sera formidable car cela voudra dire que je partage mes idées avec d'autres personnes et que ce que je fais n'est pas qu'un délire d'une personne seule dans son coin". Pour quelqu'un qui aime créer des histoires, rencontrer un public assez large, c'est la plus belle des gratifications. J'avais des rêves, mais peut-être pas à cette mesure là. Des fois ça fait bizarre, je m'arrête en disant "sauve toi" car il peut y avoir de la pression sur les épaules qui empêche d'écrire. J'essaie de ne pas trop y penser et d'écrire l'histoire que moi j'ai envie de me raconter. Quand je me relis, j'essaie de me mettre à la place d'un lecteur type, qui est un assemblage d'un peu tous les lecteurs que je renconte. Je travaille en 2 phases. Quand j'écris, je suis dans l'égoïsme, je cherche à me faire plaisir. Quand je me relis, je deviens plus méthodique, moins dans l'égoisme, je coupe beaucoup, entre autre les digressions et j'évite ainsi d'écrire des livres de 1500 pages !

 

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L'interviewer : Quelle place ont les autres romans que vous avez publié. Certains vous sont ils plus importants que d'autres, y en a-t-il certains que vous reliser pour y puiser des idées, voir si vous ne vous répétez pas, voir votre évolution :

MC : En fait non, y'a rien qui me dérange plus que de me relire. J'ai l'impression que c'est un peu comme quelqu'un qui passerait sa journée à se regarder dans le miroir. Quand j'ai un peu de temps pour lire, je préfère lire les autres, c'est un peu plus sympa pour moi. Parfois, il peut m'arriver de me remplonger dans l'un de mes romans pour voir ce que j'y ai dit, pour rester logique avec un personnage, pour faire un clin d'oeil. Donc dans ce cas là, je cherche, je lis une page ou deux. Mais relire un de mes livres en entier, non, je n'aime pas trop. Je me replonge bien plus dans mes cahiers de notes de mes livres précédents.

Il n'y a pas un de mes livres que je préfère car je les ai tous écrit pour une raison particulière. Quand j'attaque un livre, j'ai déjà une vision précise de ce qu'il sera à la fin. Sinon, ce n'est la peine, il faut que j'en commence un autre. Je suis dans le processus de la narration, prendre toutes les recherches que j'ai pu faire, les structures, les personnages... Je m'amuse ! Une fois fini, quand je relis le livre, je me pose la question : est-ce que c'est le livre que je voulais écrire ? Si c'est non, mais c'est mieux, tant mieux ! Soit c'est oui, très bien ! Soit c'est non. Dans ce cas là, le roman ne va pas dans les mains de mon éditeur, il faut que je trouve ce qui cloche. C'est ce qui s'est passé avec La conjuration primitive il y a un an. Avec du temps, j'ai vu que c'était un problème de tonalité. je me suis dit que ce que j'avais en tête pouvait être mieux que ce que j'avais dans les mains. Alors je suis passée un peu à autre chose, avant de le réécrire à l'automne. D'où le retard de sortie... Même si mon écriture ne serait plus la même, je ne réécrirais aucun de mes livres. Les archanes du chao m'ont demandé 10 ans de recherches (et là, digression passionnante de l'auteur, mais trop longue à reporter ici !!)

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 L'interviewer : Y-a-t-il des livres plus difficiles à écrire que d'autre notamment par rapport à la violence. Un des personnages de ce roman, criminologue à la retraite explique que pour comprendre la violence, il a du la faire entrer en lui même. Y'a-t-il eu un risque que ce soit infecteux sur vous en partie ?!!

MC : Il faudrait demander à ma femme quand elle voit ma tête quand je descend manger après une journée d'écriture ! Ce criminologue est à la fois ma voix et le lien avec le lecteur. Je ne supporte pas les livres ou les films où se sont les spécilistes ou les criminologues qui font tout le boulot, toujours avant les flics. Ca me saoule car ce ne se passe pas comme ça dans la réalité ! Mon criminologue apporte un aspect philosphique et du recul sur l'histoire. Je passe des journées entières avec les flics sur des scènes de crimes, a voir des autopsies... Je passe mes journées plongé dans la tête des tueurs, même si cela est inventé et traité par voie intellectuelle, il y a quand même, pas de la contamination, ni de l'obsession, mais de l'intérêt plus que poussé pour la question. Je n'aime pas que l'on me dise que mes livres sont gores. Pour moi, gore est un terme péjoratif. Certes, il y a de la violence dans mes livres, mais elle n'est pas gratuite. Il faut du détail pour que la réflexion sur la violence soit impactante. Je me pose toujours la question quand j'assiste à des autopsies : comment on peut en venir à faire cela à quelqu'un. La sérial killer, seulement 5% d'entre eux sont psychotiques, donc non conscient de leurs actes. 95% tuent en pleine conscience du bien et du mal, en plein plaisir, en conscience de ce plaisir; Et ce n'est pas de la folie. Ils n'ont pas tous eu des enfances terribles.99.9% des gens qui ont eu une enfance terrible ne deviennent pas des tueurs en série. Certains ont eu aussi des enfance tout à fait normal. Comment ces individus se construisent ?Alors pourquoi basculent ils ? Et ça, on n'a pas d'explication. 

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  Ce qui m'anime quand je me lève, c'est que j'aime raconter des histoires, belles ou horrible, que ce soit fleur bleue ou découper de la carbasse, j'aime raconter des histoires, au désespoir de ma mère  !

Ce qui me plait dans le thriller, c'est d'essayer de comprendre la violence, le mal si on peut l'appeler comme ça. C'est une réflexion sur le bien et le mal.

Ce livre est le début d'une série, on retrouvera les personnages que je ne massacre pas !

Sous chaque roman se cache quelque chose. j'espère vous distraire, mais aussi vous interpellé, vous amener à vous poser des questions.

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 L'interviewer : Dans ce livre, il est aussi question du corps, de celui que l'on massacre au sexe tarifé dans les pires conditions.... Le corps est très présent

MC :   Oui, le rapport que l'on a par rapport au corps finit par se poser quand on décrit une scène de crime sur plus d'une page.

Avant d'être romancier, la première autopsie à laquelle j'ai assisté, c'était dans un amphi. On nous a prévenu que ce que l'on allait voir resterait graver en nous toute vie. Rien qu'à l'arrivée du corps mort et son transfert sur la table, c'était le silence total. De mon côté, oui, il y a un peu d'obsession et beaucoup de curiosité pour le corps.

C'est la difficulté quand on fait des recherches, c'est d'écrémer et de ne garder que ce qui sert pour le livre, parfois 3 à 5%... Mon livre précédent, j'avais 7000 pages sur le Paris des années 1900. Il faut s'immerger pendant plusieurs mois, justement, souvent j'écris en même temps, et ces recherches sont un peu mes récréations.

 

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L'interviewer : Pourquoi vos personnages sont solitaires ? 

MC : Dans ce livre, y'a vraiment entre les deux personnages principaux qui sont solitaires et les deux autres qui sont très ancrés dans la famille.

La violence est comme une épidémie qui ronge l'esprit humain, le criminologue ne veut pas la faire rentrer à nouveau dans sa famille, il veut protéger sa famille.

C'est une question que je me pose aussi en tant que romancier, vu que je passe l'essentiel de ma vie seul devant un écran.... J'ai écrit ce roman au moment où je construisais ma famille, et je me suis rendu compte de l'importance que cela avait pour moi. Ce sont les sourires de ma famille qui me permettent de me bétonner par rapport à ma vie professionnelle , et donc c'était important de mettre ce sujet en avant dans ce roman.

  Moi : Vous avez, à une époque, suivi des cours de criminologie, c'était avant de devenir écrivain ou justement, pour vous  former, pour être plus crédible encore sur le sujet ?

MC : C'était juste pour écrire un roman : L'âme du Mal. C'était une formation de 17h

et qui durait un an. J'avais la chance d'avoir gagné un peu d'argent avant 

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en faisant de la comédie. Donc j'en avais assez pour pouvoir bosser à mi temps pendant un an suivre cette formation. Certes 17h, ce n'est pas énorme, mais cela permet d'avoir une base, que j'ai complété avec des étagère complètes de livres sur le sujet, achetés aux Etats Unis. C'était pour avoir une vision plus globale, faute d'être pointue, de la criminalistique . J'avais en tête en tueur en série qui incarnerait l'irrationnel et un flic qui incarnerait la science. Je ne pouvais pas inviter ce que je ne connaissais pas, dans ce domaine. 

Moi : Et pour vous distraire, vous lisez plutôt des Musso ou des Grangé ?

MC : Pour me distraire, je lis plutôt des biographies. Je ne suis plus un fan de romans policiers depuis quelques années. Car le problème, quand vous passez votre temps à écrire des thriller et que vous en lisez un, il y a deux cas de figure : Soit le bouquin me tombe des mains, et c'est souvent le cas, parce que je vois les ficèles, soit je me dis, c'est chouette, mais il n'invente rien, soit au contraire, je me dis "qu'est-ce que c'est bien, c'est décourgeant". Donc je ne lis presque plus de roman policier, de temps en temps, quand on m'en conseille un... Une dizaine par an. J'aime aussi les romans d'aventure, Mark Twain, la Fantasy, sauf que là, c'est un peu comme le polar, on trouve tout et n'importe quoi, du écrit à la va vite, donc il y a une recherche à faire. 

  Et maintenant, les photos pour le fun... j'ai téléchargé un nouveau logiciel de retouche photo, que je maitrise à peu près et avec lequel je m'amuse. Et bien entendu, je complète ma collection de photos d'effets de mains d'auteurs  

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