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Sherlock, la série so British

Par Melusine1701

Comme je suis en vacances, il m’arrive, lorsque le beau temps n’est pas au rendez-vous, de me vautrer sur le canapé entre deux bouquins pour voir ce que la télévision a encore à nous offrir. Souvent, je me lamente de la pauvreté des rediffusions estivales entre un prime de Secret Story et un épisode d’Interville. Et puis un soir, mes parents m’ont dit: “Ce soir, on regarde Sherlock, tu devrais regarder, c’est pas mal!”
Ben voyons. Sherlock Holmes au XXIème siècle. Et puis quoi encore?

Je me suis pourtant mis à regarder d’un oeil.

J’avais occulté qu’il s’agit d’une série de la BBC et que les Anglais sont décidément drôlement fort pour les séries.

Bon dieu que c’est bien.

sherlock-bbc

D’abord, le format n’est pas habituel: chaque saison est composée de trois épisodes d’une heure et demie. La diffusion est donc loin de celle des séries fleuves interminables. On regarde chaque épisode comme un véritable film, ce qui autorise une bonne alternance entre les scènes d’action, de réflexion, de suspens, d’humour et de psychologie. Chacun est bien soigné, bien équilibré, et on est plus proche du format du téléfilm que de la série à l’américaine ou de la sitcom. On vise donc un autre public: un public qui aiment prendre le temps d’apprécier les bonnes fictions sans effets spéciaux tonitruants ni course-poursuites à perdre haleine.

Quant à la transposition au XXIème siècle, elle se fait avec énormément de talent. On retrouve dans les épisodes les références aux histoires de Conan Doyle qui sont soigneusement remise au goût du jour. La plus évidente étant peut-être dans l’épisode intitulé “Les Chiens de Baskerville”, qui relevait le défi d’adapter la plus célèbre des aventures du détective. Pari réussi: le chien démoniaque qui hante la lande et décime la maison Baskerville devient l’objet d’une recherche top secrète sur la base militaire Baskerville, objet qu’on est prêt à tout pour cacher y compris à faire croire à l’existence d’un lieu maudit. Et ça marche! Non seulement celui qui a lu son Sherlock reconnaît les différents éléments de l’histoire, mais celui qui ne l’a pas lu est tout autant bluffé par la composition de l’intrigue. On y retrouve notamment des personnages qui basculent dans la psychose et la folie, un Docteur Watson bien décontenancé malgré toute la rigueur scientifique qui est la sienne et surtout, un Sherlock Holmes particulièrement retors dans sa manière de se servir de ceux qui l’entourent pour mener à bien une enquête où le surnaturel menace de gagner.

Car la grande force de cette série, c’est son personnage central. Le Sherlock Holmes de Mark Gatiss et Steven Moffat est un chef d’oeuvre de rigueur, d’intelligence, de calcul et de froideur. Asexué, impassible, cynique, il est un mélange de Sheldon Cooper et de Spock, le tout avec un petit côté flegmatique anglais. Il est incapable de comprendre pourquoi Watson aimerait bien rester seul avec une femme. Il est incapable de partager la gloire de ses réussites avec son collaborateur ou d’admettre qu’il s’est trompé. Il est incapable du moindre geste d’affection ou d’amitié. Mais c’est un génie: il observe tout, calcule tout et en déduit toute votre vie. Et la mise en scène, à base de ralentis et de zoom sur des petits détails sous-titrés est une merveille puisqu’on a l’impression de faire l’analyse en même temps que le génie. Comme un Mentalist, le côté méprisant mais asocial en plus. Rien ne l’atteint. Je me régale de ce personnage, et je tire mon chapeau à Benedict Cumberbacht, son interprète, sur qui repose bien 70% de la réussite de la série tant il crève l’écran. Le duo qu’il forme avec Martin Freeman, que vous avez peut-être vu dans son rôle de Biblo le Hobbit au cinéma, est une merveille tant le côté humain et débonnaire de l’un contraste avec la froideur mécanique de l’autre, et lorsqu’ils entrent en collision, on rit franchement.

Je ne saurai donc trop vous recommander de guetter cette série qui passe cet été sur France 2, histoire de dépoussiérer efficacement les classiques anglais!


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