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St Germain ‘ Tourist

Publié le 19 juillet 2013 par Heepro Music @heepro

St Germain {Tourist}Ludovic Navarre a beau être immensément célèbre dans l’univers de la musique électronique, il n’a pourtant publié que deux véritables albums studio, avec le pseudo de St Germain sous lequel il est bien plus connu encore.
Réédité l’an passé, notamment en vinyle, son second album est sorti en 2000 chez Blue Note, soit cinq ans après Boulevard, alors chez F Com.
Pour beaucoup, Blue Note est de prime abord un gage de (grande) qualité. Et c’est effectivement le cas ici. Par contre, vous vous demanderez pourquoi et comment un DJ et producteur de musique électronique a pu être produit dans la culte maison de jazz, qui se vante d’être « the Finest in Jazz since 1939 ». La réponse est simple et fait partie des raisons du succès et de la notoriété du Français. Il utilise de vrais instruments sur ses morceaux, de la même façon qu’il avait introduit ce concept à ses prestations scéniques. En effet, pendant ses mixes ou ses concerts, des artistes jouaient de leur instrument en même temps (plutôt que d’avoir des samples de ceux-ci).
D’où le nombre de « complices » (comme indiqué sur l’album) présents sur Tourist : trompette, saxophone, flûte, claviers, batterie, percussions, baryton, ou encore de la guitare par le Jamaïcain Ernest Ranglin (qui est lui un « invité », de prestige). Le tout sous la houlette du « conducteur », Ludovic Navarre bien sûr.
Une petite heure de musique, en neuf morceaux, avec une ambiance magique de bout en bout, sans répit, mais sans frénésie non plus. « Rose rouge » est vif, haletant, avec le chant de Marlena Shaw (samplée de son Live At Montreux). D’entrée, Tourist est épique !
Plus loin, « Sure thing » sample à son tour des éléments de « Harry’s philosophy », des génies du 20ème que furent Miles Davis et John Lee Hooker.
Un magnifique album, qui n’aura pas ni successeur, ni progéniture. Treize ans après sa sortie, tout le monde en connaît la musique, utilisée à satiété à la télé. Malgré tout, il n’a pas pris une seule ride, garde sa fraîcheur intacte, semble toujours aussi d’actualité, car tellement vivant. À mi-chemin entre le studio et le concert. Magique.
La photo de couverture de Charles Lansieux, cliché pris en 1920, est exposée au Musée Carnavalet de Paris est s’intitule « Station du touriste St Germain ». Une parfaite mise en abyme, pour un classique, un chef-d’œuvre, à déguster seul, ou accompagné. Voilà le genre de musique française dont on peut être fière. Splendide.

(in heepro.wordpress.com, le 19/07/2013)


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