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Nourredine AYOUCH parle de ZAKOURA

Par Citoyenhmida

Au Maroc, tout le monde connait Noureddine AYOUCH, ou du moins en a entendu parler!

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Pourtant, ce n’est ni une vedette de la chanson qui aurait remporté un concours de télé crochet, ni un homme politique qui aurait usé ses fonds de pantalons sur les bancs du parlement, ni un prédicateur barbu qui aurait lancé le genre de fawta à scandales!

Non, Nourddinne Ayouch est juste un homme d’affaires, un publicitaire pour être précis!

Il est également, d’où sa notoriété nationale,  un pilier de la société civile : son portrait,  disons “autorisé” – a été publié par l’hebdomadaire LAVIEéco, il y a quelques années sous la plume de Mohamed El Maâroufi.

D’autres lui prêtent des entrées particulièrement enviées jusque dans les très hautes sphères de l’état, comme le laisse supposer un petit article publié dans JEUNEAFRIQUE en 2006.

En tous  cas, ce personnage assez atypique sur la scène publique marocaine ne passe pas inaperçu.

Je vais, pour part,  l’évoquer ici à propos d’un livre qu’il avait “commis”  pour évoquer  la Fondation ZAKOURA qu’il avait créé pour lancer le micro-crédit au Maroc.

L’impression première que donne la lecture de  :  “ZAKOURA , récit d’un défi – Agir pour l’emploi et l’éducation” paru en décembre 2008 chez TARIK Editions,  est assez étranger ! Il ressort le sentiment diffus que ce livre; malgré sa relation factuelle, devait constituer une sorte de testament doublé d’un quitus qu’il s’est  délivré à lui-même.

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Il ne faut pas perdre de vue que Noureddine Ayouch est avant tout un publicitaire : son métier est de transmettre des messages en édulcorant le contenu. Il y a brillamment réussi par l’entremise de son agence SHEM’S Publicité.

En tant qu’écrivain, Noureddine Ayouch est beaucoup moins convaincant!

Après la lecture de son “ouvrage”, je suis resté sur ma faim : je ne savais pas où en était à fin 2008 le micro-crédit dans ce pays!  Pourtant, la décennie  1995-2005, ce système révolutionnaire de financement des petits et très  petits projets a connu un essor extraordinaire.

Venu du fin fonds du Bangladesh, pays pauvre parmi les plus pauvres du monde, sous l’impulsion du prix Nobel de la Paix Mohammed Yunnus et de la Grameen Bank, le système des micro-crédits a très vite été assimilé par la société marocaine.

Son succès fulgurant a été aussi la cause de son ralentissement.

Noureddine Ayouch nous parle très bien du succès, mais il escamote les causes réelles du ralentissement et s’en tient à des généralités, avant de consacrer une deuxième partie de son livre à une autre expérience née sous les mêmes fonds baptismaux!

Après le micro-crédit, Noureddine Ayouch, toujours inspiré par un modèle venu du Bengladech, a lancé l’éducation non formelle, expérience tendant à palier l’exclusion des enfants de l’école publique et à alphabétiser les adultes.

Cette partie de l’expérience ZAKOURA semble avoir connu un meilleur sort que le volet micro-crédit.

J’ai donc cherché à en savoir plus sur l’échec – plus ou moins relatif – du micro-crédit au Maroc, du moins dans le secteur sous la gestion de la Fondation Zakoura.

Noureddine Ayouch aurait été plus crédible dans son livre s’il en avait avancé les vraies raisons et sans tergiversations, comme le fait  Eric Mainville dans un article publié le 10 avril 2011 sur son blog  EPARNE RESPONSBALE  et que je reprends ci-dessous:

Vers la fin de l’année 2007, une crise commençait à poindre, avec la montée du nombre d’impayés.Selon Xavier Reille, elle s’explique par une croissance non maîtrisée du secteur : « Indépendamment de la crise financière mondiale, la crise du microcrédit marocain trouve ses origines dans les IMF elles-mêmes. Leurs capacités institutionnelles ont été dépassées par cette croissance exponentielle, se traduisant par des politiques de crédit laxistes, des systèmes d’information et de gestion obsolètes, des lacunes au niveau du contrôle interne et une gouvernance trop faible. »

Cela ne veut pas dire que le livre de N. Ayouch est sans intérêt : bien au contraire, il est plein de renseignements, d’anecdotes, de témoignages et bien sûr de souvenirs de l’auteur.

P.S. : pour en savoir d’avantage sur l’état actuel du micro-crédit au Maroc, consultez le site de la Fédération Nationale des Associations de Microcréit (F.N.A.M)


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