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La leçon que le Maroc doit, encore une fois, retenir

Par Citoyenhmida

La situation  dans le monde arabe est plus que préoccupante : elle est alarmante!

De Damas où la guerre civile fait rage à Tunis où le crime politique commence à se banaliser, de Baghdâd où l’Irak continue son autodestruction à Tripoli où les milices font la loi, de Beyrouth où couve un incendie attendant le moindre vent pour reprendre au Caire où les égyptiens sont prêts à s’entretuer, de Ryad à Doha et du Koweit à Bahrain où la manne  pétrolo-gazière cache on ne sait trop quel volcan endormi, de Sanaa où les yéménites ont fait leur révolution dont on n’entend plus parler à Khartoum qui étouffe sous une chape de plomb, partout plane le même danger et partout sévit le même fléau!

Dans tous ces pays, les partis politiques, face aux dictatures, face aux réalités économiques et sociales insurmontables, face aux pressions extérieures,  ont baissé les bras et  ont abandonné les peuples  aux prédicateurs et  aux théologiens!

La conséquence a été ce que le monde arabe a vécu durant cette mémorable année 2011 ce que les médias, en mal de titres aguicheurs et vendeurs,  ont qualifié trop vite de “printemps arabe“..

Cette fois-là, notre pays en avait tiré les leçons qui s’imposaient : affirmant notre exception,  nous avons échappé aux gesticulations désordonnées et surtout  malveillantes et malintentionnées du Mouvement du 20 février!

N’étant pas une dictature, même si nous n’étions pas une démocratie exemplaire, n’étant pas un régime né d’un coup d’état mais découlant de plusieurs siècles d’une histoire mouvementée, le Maroc a su négocier ce virage délicat et dangereux .

De ce printemps arabe né de la révolte d’une jeunesse sans espoir, sont apparus comme par enchantement des régimes islamistes dont les dirigeants, à l’affût de le prise du pouvoir depuis des années, étaient bien discrets alors que les jeunes se faisaient massacrer place Tahrir ou avenue Bourguiba!

Par la magie d’élections, le plus souvent truquées, et  encore plus souvent entachées par une l’absence ou pire par l’abstention  des forces démocratiques et laïques, l’Egypte, la Tunisie, la Libye se sont vues dotés d’institutions très fortement marquées du sceau islamiste.

Longtemps marginalisées, longtemps combattues, longtemps martyrisées, les personnalités comme Rachid Ghanouichi en Tunisie  ou Mohamed Badei en Egypte,  les “guides suprêmes” de leurs confréries, se sont installés  dans leur rôle de faiseurs de rois, adoubant un tel à tel poste et confortant tel autre à tel autre poste.

Très rapidement, ces islamistes arrivés au sommet du pouvoir ont montré la limite de leur capacité à gouverner un état moderne, dans une économie mondialisée : ils ont montré leur carence de programmes économique, leur manque de vision pour résoudre les problèmes sociaux, leur insuffisance de préparation dans la gestion courante de affaires de l’état et surtout leur impossible adaptation aux modes de gouvernement démocratiques avec le respect dû aux minorités.

Quelques mois après le début de l’expérience, les tensions se sont exacerbées, les vieux démons ont ressuscité et le retour à la rue s’est imposé comme l’unique voie pour faire entendre la voix u peuple.

Notre pays a encore une fois retenu la leçon et affirmé son exception, en organisant des élections législatives dont personne n’a remis en cause les résultats - ni à l’intérieur ni à l’extérieur, sauf évidemment les éternels insatisfaits.

Le Parti de la Justice et du Développement, parti islamiste, en est sorti vainqueur. Son chef dirige le gouvernement conformément à la constitution! Une opposition est en place! Des alliances se font et se défont au gré des difficultés dans la gestion des affaires du pays.

Le P.J.D. a commis des erreurs; il  a hésité dans l’orientation  et l’application  de sa politique; il a mal évalué son propre poids dans la majorité et le poids de ses alliés : erreurs et comportements dus à sa “virginité” gouvernementale!

Mais jusqu’à présent, il n’a pas encore commis l’irréparable : les islamistes au pouvoir au Maroc ont  su respecter les termes de la constitution en laissant le champ religieux à l’appréciation du souverain.

Malgré les coups de boutoirs désespérés  de quelques barbus illuminés, la Imarat Al-Mouminine continue à cimenter l’unité nationale et à structurer la diversité culturelle, historique et ethnique des marocain(e)s et du Maroc!

S’il y a une leçon que notre pays doit retenir de ce qui ronge et  qui détruit de manière insidieuse la plupart des pays arabes, c’est que la religion ne doit pas servir de repère politique ni de projet de gouvernement.

Au Maroc, actuellement, les discussions sont menées pour relancer la machine gouvernementale, grippée par le retrait des ministres istiqlaliens!

Ce retrait a constitué, à mon sens, une erreur sinon une faute que j’incombe autant au parti de la Balance, incapable d’imposer ses points de vue au sein du gouvernement et tenté par l’aventure plus facile de l’opposition, qu’au chef du gouvernement, incapable d’évaluer la situation politique et trop imbu de sa personne et peut-être grisé par la majorité toute relative de son parti.

Des discussions sont donc en cours et c’est là que nos politiciens doivent absolument retenir les leçons que l’histoire qui se joue sous nos yeux est en train de nous donner!

Le Maroc et les marocain(e)s ont besoin de stabilité, de travail, d’espoir, de sécurité! Ils réclament une société sans corruption, une justice juste et équitable, une administration efficace, un enseignement et une santé à la portée de tous!

Ils ne demandent pas qu’on sauve leurs âmes : cela fait des siècles qu’ils en pris en mains propres cette affaire, n’ayant besoin ni d’hommes ni de structures pour s’adresser au Créateur, le respecter, l’honorer et s’y soumettre.

Alors, messieurs les politiciens, ne laissez pas encore une fois passer l’occasion! L’histoire ne pardonne pas à ceux qu’i l’ignorent!


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