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Imaginer la suite

Publié le 28 juillet 2013 par Carnetauxpetiteschoses @O_petiteschoses

(Ma participation à l’atelier d’écriture qui consiste à illustrer la photo plus bas dans l’article)

C’était une fin de week-end, un dimanche, un soir d’été comme un autre. Ceux que je regardais passer non sans un certain fatalisme. Les jours et les choses se ressemblaient. J’attendais que quelque chose advienne. Une réalisation quelconque. Le temps prenait le sien, pour construire à petits pas, des éléments signifiants dans ma vie.

Je me suis baissée, pour cueillir machinalement une herbe folle à côté de la voiture, qui devait nous ramener à la gare. Nous avions fêté les anniversaires d’été. Sans dépasser les lieux balisés : notre maison, le trajet habituel, la maison familiale. Un voyage comme un sillon que j’aurais pu faire les yeux fermés. Réagissant aux seuls mouvements du train, aux irrégularités du bitume, et aux montées et aux descentes des escaliers des gares et stations.

pissenlit


J’ai regardé le pissenlit blanc, et j’ai détaillé les fines aigrettes. Personne ne parlait. On retournait à la gare pour rentrer. J’ai pensé à cette ville d’origine, à ces premières fois, ces 400 coups, ces peurs irrationnelles et à ces souvenirs lointains d’une tendre enfance. De ma mère, si belle, qui ressemblait à une grande adolescente, qui m’abreuvait d’informations, d’histoires fantastiques, de notions essentielles, qui modelait mon imaginaire. C’est elle la première qui m’a appris à disséminer la houppe délicate en un souffle, sans manquer de formuler préalablement un voeu : j’en ramassais des bouquets; que je consommais un à un. J’avais beaucoup de choses à souhaiter pensais-je, en ces années d’insouciance. J’ai souri en pensant à nos balades à pied, du temps où elle ne conduisait pas, où nous effectuions nos moindres déplacements ensemble, avec courage, bravant la nuit, le froid, ou la pluie. J’éprouvais à nouveau la fatigue de mes jambes que je tenais pliées pour ne pas la blesser avec le frottement de mes chaussures.

On parle rarement des suites des scènes, que l’on laisse suggérées. Dans les livres ou les films, c’est là que réside la force. Dans la subjectivité du spectateur ou du lecteur. Dans l’infinité des possibles qu’il peut y projeter. Dans la vie il en va autrement. Quand on ne dit pas ce qui va se passer, on ne peut éviter de le vivre. La mise au point a beau se faire sur le soleil couchant, qui esquisse la toile de fond de la simple contemplation d’un pissenlit, qui s’y découpe avec netteté comme un symbole d’espoir, on ne peut éviter les tristes perspectives : celui d’un quotidien à reconstruire, d’un poste et d’un travail à réapprivoiser, de vacances annulées en dépit d’une envie d’ailleurs cuisante, et surtout d’un terrain inconnu dans lequel se projeter.

Demain sera différent. Ce soleil couchant pourrait être celui d’une ville du sud ouest où j’aimerais aller pour revoir les vagues ou celui d’un endroit encore jamais découvert non loin d’ici. Seul demain en décidera, avec un brin d’optimisme de ma part. Il fallait doucement remonter la pente…

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