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Gloire et déboires de mes expériences d'intervieweur amateur

Par Filou49 @blog_bazart
30 juillet 2013

lecteurs progresJe ne vous apprendrais rien en vous dévoilant que, s'il existe un corps de métier auquel j'aurais révé d'appartenir depuis pratiquement tout petit et que je n'ai malheureusement jamais réussi à intégrer, c'est bien celui des journalistes culturels, si possible de la presse écrite, évidemment...

Heureusement, grâce à mon blog, il m'arrive parfois que je me retrouve dans des situations assez proches de celles d'un journaliste professionnel, et il arrive aussi parfois que cela ne se passe pas aussi bien qu'espèré, peut-être aussi parce que finalement, je ne suis trois fois hélas, qu'un simple petit amateur...:o)

 Voici un petit compte rendu de deux de mes expèriences d'intervieweur que j'ai eu l'occasion de faire durant le mois de juin, et sur lesquels je n'étais pas encore revenu, et qui témoignent, comme vous pourrez le constater, que mes aventures de blogueur sont parfois constituées de haut.... et de bas!!!

1. Ma  belle rencontre aux Assises du Roman avec 4 grands romanciers étrangers :

 Je vous en avais parlé il y a plusieurs mois : cette année, j'ai eu la chance de participer, grâce à mon quotidien local Le Progrès, à un jury de Grand Lecteur . C'est une opération exceptionnelle, qui s'est déroulée en plusieurs étapes, que je vous ai décortiqué tout le long de l'année, et dont le bouquet final se déroulait le 31 mai dernier, en pleine manifestation des Assises Internationales  du Roman.

Car comme je le disais dans l'article de présentation du prix,  en conclusion de nos semaines de lectures et de nos différents travaux rédactionnels ( qui différait pas beaucoup de mes chroniques entreprises avec ce blog), nous avions, en tant que Grands lecteurs, la chance d'inviter, à l'occasion des Assises Internationales du Roman,  quatre auteurs à une table-ronde publique au siège même du Progrès, à la Confluence.

Ce sont donc les écrivains Ronit Matalon (Israël), Jón Kalman Stefánsson (Islande), Kate O’Riordan (Irlande) et Sandro Veronesi (Italie), dont nous avons lu et chroniqué les quatre romans, qui ont  participé à une rencontre qui fût animée par Françoise Monnet, la très sympathique et très disponible responsable des pages Culture et Loisirs du Progrès.  Quatre auteurs étrangers qui n'ont pas forcément grand chose en commun, à part de venir chacun d’un pays commençant par un « I » : Italie, Israël, Islande et Irlande !

Et le Jour J, bien qu'un peu stressé par l'enjeu, j'étais évidemment tout excité à l'idée d'aller poser au micro des questions à ces 4 immenses auteurs de la littérature internationale devant un public composé d'une bonne centaine de personnes ( la salle était même trop petite pour contenir tout le monde).

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Et comme Françoise nous l'avait demandé, nous avions bien préparé préalablement toutes les questions que l'on aurait aimé poser aux écrivains.

Ainsi, sur mon petit carnet spécial blogueur, celui que je ne quitte jamais,  j'avais  indiqué une bonne dizaine de questions à soumettre à ces auteurs, et si possible des questions transversales, afin que les autres ne soient pas sur le bord de la route lorsqu'on pose une question précise à un seul auteur.

Hélas, comme la présentation par Françoise Monnet fut assez longue et que chaque auteur était assez loquace (surtout Sandro Veronesi, le seul à parler parfaitement français et charmeur et volubile comme tout bon italien),  nous n'avons évidemment pas pu poser, en une seule petite heure, toutes les questions prévues, loin de là... 

Pour ma part, après avoir fait un peu le timide au début,  je me suis jeté à l'eau et  j'ai osé poser une question aux 4 romanciers sur le rapport de ces auteurs à leurs traducteurs, et leur ai demandé comment ils appréhendaient la traduction dans les différents pays.

Chacun d'entre eux m'a répondu sympathiquement et longuement, surtout Ronit Matalon, l'auteur israélienne du "Bruit de Nos pas" (voir photo) , qui, il faut le dire m'a fait une superbe impression lors de cette rencontre 'alors même que son roman m'avait laissé bien dubitatif) et même, après, puisque, en compagnie de mon désormais fameux chroniqueur masqué que j'ai rencontré à cette occasion, nous avons eu l'occasion d'échanger quelques mots en privé avec ces auteurs, et notamment avec Ronit Matalon, à qui nous avons pu poser des questions plus délicates, notamment sur son rapport à la religion, dans un pays, Israêl, où toute question sur la religieuse est forcément explosive!!

Et les organisatrices du Prix sont toutes venues me féliciter pour la pertinence de ma question, car ce thème de la traduction était selon elles une très belle idée qui ne pouvait qu'interpeller les auteurs...

Bref, un très bon moment où mon orgueuil, qui en a parfois bien besoin, s'en est sorti...gonflé!!

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2. Ma - plus délicate- rencontre avec les auteurs de la BD Murena :

 Je vous l'ai dit au début de ce billet: je suis tellement en admiration devant les journalistes culturels et heureux de pouvoir jouer l'interviewer amateur que parfois, je me sens obligé d'accepter des propositions dans lequel je me sens forcément comme un poisson ...hors de l'eau!!!
Figurez vous que dans le cadre du Festival de la BD ( voir mon article ) qui s'est déroulé mi juin sur Lyon, l'attachée de presse de Dargaud, un des plus grands éditeurs de BD, m'a invité à rencontrer, en tête( la mienne) à têtes ( celles des deux auteurs), Philippe Delaby et Jean Dufaux, respectivement l'illustrateur et le scénariste - tous deux belges- de la série "Murena".

Je pense que de grands admidrateurs et adorateurs de bande dessinée auraient sauté au plafond à cette idée, mais pour ma part, ne connaissant même pas leurs noms, j'ai quand même accepté de suite, en me disant qu'une telle opportunité ne se produit pas tous les 30 du mois et qu'il suffisait simplement de lire leurs ouvrages juste avant de les rencontrer, et de trouver, comme pour les auteurs des Assises ou comme pour Harlan Coben en mars pour le Quai du Polar,   les  questions pas trop bêtes à leur poser.

Hélas, dans la pratique, cela ne s'est pas vraiment passé comme cela, et je me suis aperçu, dès que j'ai lu la BD en question gentiment envoyée par Dargaud que les rencontrer n'était peut-être pas une si judicieuse idée que cela.

En effet, j'ai beau vouloir élaborer un blog culturel très éclectique, parlant de pas mal d'arts différents et de thématiques très variées, je ne peux pas connaitre tout et maitriser tous les domaines...et je vous avouerai que la BD, et encore moins l'antiquité, ne sont des sujet

murena
s que je connais le mieux loin de là...

Et si je savais, au moment où l'on m'a fait cette proposition, que Murena était une sorte de véritable chef d’œuvre de la bande dessinée historique, un modèle de référence depuis plus de 15 ans dans la BD, et que les auteurs venaient de sortir le 9ème tome d'une série qui doit en comporter 18, je ne me doutais pas que j'allais avoir le plus grand mal à comprendre les tenants et aboutissants de cette série qui m'a plongé plonge dans les méandres d’une Rome dirigée par un Néron omniprésent, mais où se mélangent tout un tas de personnages qui m'ont semblé totalement opaques et mystérieux.

Bon, je l'avoue, la Rome Antique, ca m'a toujours barbé terriblement quand je l'étudiais à l'école , et je n'ai jamais vu un seul péplum de ma vie, même Ben Hur ( toujours ce gros penchant pour les oeuvres intimistes et humainement pas trop éloignées de moi,ce que n'est pas vraiment un péplum :o),donc même avec la plus grande volonté du monde, je n'ai vraiment pas compris grand chose à cette histoire qui mélange, certes avec habileté,  vérités historiques et réappropriations de l'histoire imaginées par des auteurs, qui sont eux férus d'histoire.

J'ai quand même pu reconnaitre que le dessin de Philippe Delaby  était assez grandiose, et que la BD bénéficiait  d'une vraie qualité de documentation, et de qualités d’écriture incontestables empruntant à la littérature, à l’histoire et au cinéma  qui expliquent le succès incroyable qui dépasse le strict cadre du 9ème art, puique les auteurs sont régulièrement invités par des universités ou des musées gallo romain ( comme celui de Vienne lors de leur passage à Lyon) à présenter leurs oeuvres sous forme d'exposition et de conférence très pointue.

Bref, j'avais affaire à des sommités, et lorsque je me suis aperçu que je maitrisais pas du tout mon affaire en préparant mes questions ne trouvant que des interrogations complétement générales et bateaux, je me suis dit que j'aurais meilleur compte de tout annuler et d'éviter d'aller  me ridiculiser devant eux.

Mais, ne voulant plus reculer, et puis certainement par péché d'orgueil( que ce jour ci j'avais bien gonflé à bloc) j'y suis quand même allé, et malgré toute ma bonne volonté, je n'ai pas fait de miracle, d'autant plus que Jean Dufaux m'a ceuilli de suite avec une petite phrase de Jean Cocteau sur l'impossibilité des journalistes d'épater l'artiste par ces questions, et du coup, cela a parachevé de me tétaniser.

Car si Philippe Delaby, bonhomme et parfaitement disponible, faisait tout pour me mettre à l'aise, Dufaux, visiblement agacé par mes questions complètement banales et qui illustraient bien mon ignorance crasse sur le sujet, accumulait les soupirs et les manifestations de son agacement et de sa fatigue. Une seule fois, j'ai trouvé une question un peu inédite qui ont soulevé leur interet ( sur le rôle du coloriste Sebastien Gérard sur ce tôme, heureusement que j'avais trouvé cette info sur la toile 2 minutes avant de faire l'itw), mais le reste ne fut pas du tout du même ressort.

C'est vrai quoi, par moments, je me suis cru dans la peau du journaliste foireux que jouait à l'époque Raphael Merzahi, leur demandant ce qu'ils allaient manger à leur diner de gala du soir,  ou ce qu'ils préferaient comme boutique sur Lyon, tant j'étais plus à l'aise avec ces sujets là qu'avec leur oeuvre. Assez honteux sur ce coup là, lorsque Dufaux a mis fin à mon entretien catastrophe alors que j'avais encore au moins 10 questions sur mon carnet ( et j'avais gardé les meilleurs pour la fin pourtant!!!), je suis parti un peu assomé, laissant sur leur table mon portable enregistreur que je n'ai d'ailleurs jamais réussi à allumer :o)

Bref, je me suis rapidement aperçu que je ne pourrais rien tirer de cette rencontre, et absolument rien raconter sur la génèse de Murena qui ait un peu de sens,  je me suis dit que le mieux,  pour les lecteurs qui me suivent et qui adorent la BD historique, je vous laisse un vrai entretien avec ces auteurs

Murena, Les épines. Entretien avec Jean Dufaux et Philippe Delaby


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