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[Critique] IMOGENE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] IMOGENE

Tire original : Girl Most Likely

Note:

★
☆
☆
☆
☆

Origine : États-Unis
Réalisateurs : Shari Springer Berman, Robert Pulcini
Distribution : Kristen Wiig, Annette Bening, Matt Dillon, June Diane Raphael, Natasha Lyonne, Darren Criss, Christopher Fitzgerald…
Genre : Comédie
Date de sortie : 7 août 2013

Le Pitch :
Imogene, auteure new-yorkaise sans succès, vient de se faire larguer par son petit-ami. Pour attirer son attention, elle fait une fausse tentative de suicide. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu : le coup d’Imogene la place sous la garde de sa mère, à laquelle elle n’a pas parlé depuis longtemps. Pour cela, mère et fille devront retourner vivre ensemble dans le New Jersey avec leur famille excentrique. Seulement, ayant coupé les ponts avec ses proches, le retour au bercail d’Imogene s’annonce mouvementé…

La Critique :
Si vous cherchez la moindre apparence de comportement humain, y a rien à voir ici. Imogene est une parade odieuse et caricaturale de gargouilles grotesques dirigée avec une incompétence ahurissante par Shari Springer Berman et Robert Pulcini, deux réalisateurs jadis prometteurs.

Kristen Wiig est d’habitude une comédienne qui a le don d’élever le correct vers le bon et parfois le bon vers le génial, simplement avec une réplique bien placée ou un moment de maladresse. Cette notion est arrivée à sa limite ici, où son rôle titre d’Imogene finit paradoxalement par être le personnage le moins intéressant du film. Wiig joue une dramaturge ratée qui écrit désormais des textes pour des présentations de relations publiques et s’agrippe à son petit copain émotionnellement déficient de Wall Street. Sa vie est une existence nocturne de fêtes littéraires et de galas de musées à Manhattan, où le statut compte plus que tout et elle doit parer les remarques passives-agressives de ses meilleures ennemies, plus riches et mieux placées qu’elle.

Après avoir été larguée, Imogene simule une tentative de suicide pour essayer de regagner son homme, un coup infantile qui tourne court et la renvoie à la garde de sa mère Zelda (Annette Bening), une traînée obsédée par le jeu et qui habite encore sa ville natale dans le New Jersey. Le scénario de Michelle Morgan trafique les stéréotypes antiques du Jersey, qui obligent Wiig à lever le menton et à marmonner des vannes impassibles aux habitants corpulents de la côte, qui s’habillent en chemises hawaïennes et écoutent du Bruce Springsteen.

Matt Dillon nous embarrasse dans le rôle du dernier mec de Zelda, un cocu exorbité qui prétend être un assassin de la CIA appelé « George Boosh ». Il se vante aussi d’être un samouraï qui voyage à travers le temps. Ralph, le frère enfant-mâle timide d’Imogene, a trop peur de s’aventurer au-delà des plages, obsédé par les capacités auto-protectrices des mollusques qui se fabriquent une carapace blindée – pare-balle, taille humaine, wifi comprise. Comme ça, il pourra découvrir le monde. Vous saisissez la métaphore ? Il veut « sortir de sa coquille » ! Subtil !
Si tout ceci vous semble horriblement forcé, c’est parce que c’est bel et bien le cas. Imogene empile les petits tics sur-écrits et les excentricités laborieuses avec un acharnement écrasant, allant jusqu’à façonner un amoureux beau-gosse (Darren Criss, de la série Glee) pour son héroïne. Il était une fois, un jeune garçon qui avait étudié à Yale, mais qui chante maintenant dans un groupe imitant les Backstreet Boys. Dans peu de temps, on le sait, Imogene fera éclater sa veste en jean, ses robes ringardes et ses talons rouges, se rendant compte qu’on n’est jamais aussi bien que chez soi. Tel est le présage le film, grâce à ses références innombrables au Magicien d’Oz.

Dix ans auparavant, Berman et Pulcini lancèrent leur pavé dans la mare avec American Splendor, une adaptation formellement aventureuse de la BD quotidienne de Harvey Pekar. Mais depuis, chacun de leurs films a été pire que le dernier ; après Le Journal d’une Baby-sitter et The Extra Man, on touche le fond avec Imogene. On parle d’un film qui est tellement incompétent que ses scènes ne vont pas ensemble et que la caméra vacillante a du mal à garder les acteurs en relief ne serait-ce que le temps d’un simple plan. Imogene est souvent d’un ennui insupportable, et il n’est jamais drôle. À éviter absolument.

@ Daniel Rawnsley

Imogene-photo
Crédits photos : Eurozoom


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