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Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

Publié le 19 août 2013 par Chatquilouche @chatquilouche

Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

Cette étendue de terre sauvage baigne dans les eaux du lac Saint-Jean.  Un paradis exilé qui garde les vestiges d’un passé lointain.  Une forteresse naturelle, que blindent de hautes vagues, qui l’encerclent en tout temps.  Lorsque l’une d’elles s’échoue, une autre, souvent plus puissante, prend le relais.  L’île est à proximité d’un monde moderne, mais le temps l’a épargnée.  Son visage est resté semblable à ce qu’il était il y a des décennies.  L’exotisme qu’elle dégage nous permet de voyager par l’imaginaire.  Là-bas, loin du bruit des moteurs, le son qui domine est celui des vagues qui roulent sur les sables de la plage.

 En quête de découvertes, mes pieds foulent le rivage.  Je me sens privilégiée d’être en ce lieu magique.  Il y a ici des trésors oubliés que mes yeux se plaisent à contempler et mes mains à caresser.  J’admire un corail fossilisé et me remémore ce que je sais de cette île, ce joyau du patrimoine.  Celle qui porte le nom d’île aux Couleuvres aurait pu aussi bien se nommer l’île des Mauvais Esprits.

   Il y a longtemps, les Amérindiens qui vivaient sur les berges du lac Saint-Jean avaient demandé à un missionnaire de chasser les couleuvres des environs.  Pour plusieurs, la vue de ces reptiles indiquait la présence de mauvais esprits.  Ce serpent non venimeux inspirait la duperie et les tentations de la chair.  Certains Amérindiens les considéraient comme de petits diables malfaisants.  L’attitude sournoise de ces bêtes au  regard froid et à la peau écailleuse les répugnait.  D’autres, moins sévères, voyaient en cet animal la sagesse et la capacité d’innover.  Le missionnaire acquiesça à la demande et captura des dizaines de spécimens qu’il déménagea sur cette île propice à leur survie par sa flore et sa faune.  Elles s’y reproduisirent jusqu’à recouvrir ce territoire.  Bannies d’une terre, elles devinrent les reines de leur lieu d’exil.

  La fonte des glaciers, à la fin de la dernière glaciation, donna naissance à la mer de Laflamme.  L’eau y était salée, car ce bras de mer était relié au fleuve Saint-Laurent.  Puis, lentement, l’étendue se retira pour former le lac Saint-Jean, un lac d’eau douce alimenté par d’importantes rivières.  Des plantes et des poissons marins se sont adaptés.  L’île aux Couleuvres a conservé l’empreinte de ces transformations, car elle héberge encore des plantes de cette époque, dont le « pois maritime ».  On y retrouve aussi « l’astragale du Labrador » qui se fait beau sur les berges dorées.  En 1870, lors du Grand Feu, ce végétal, comme bien d’autres, a été la proie des flammes dans notre région.  Mais l’île aux Couleuvres, épargnée de la conflagration, a permis de sauvegarder cette espèce rare qui provient du Grand Nord.

 Je savoure ces précieux moments sur l’île.  Je me demande ce qu’il en adviendra.  Accroupie devant une talle de fleurs menacées, je n’ose les cueillir, car elles s’épanouissent et je ne veux pas les tuer.  L’amour que l’on porte aux êtres vivants ne doit pas nécessairement se traduire  par leur possession.  On peut également les regarder vivre, les admirer et en être heureux.

Notice biographique de Virginie Tanguay

Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…
Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean.  Elle peint depuis une vingtaine d’années.  Elle est près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes.  Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique.  Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif.  Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion.  Les détails sont suggérés.  Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien.  Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche.

Pour ceux qui veulent en voir ou en savoir davantage, son adresse courrielle :  tanguayaquarelle@hotmail.com et son blogue : virginietanguayaquarelle.space-blogs.com.  Vous pouvez vous procurer des œuvres originales, des reproductions, des œuvres sur commande, des cartes postales.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)



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