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La Route du Rock 2013 : JOUR 2

Publié le 20 août 2013 par Sywebzine @Saturdays_Youth

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Deuxième journée au Fort Saint-Père, on se surprend à fredonner « Mermaids » du vieux Nick au petit-déjeuner. Toujours en retard, ou jamais là quand il faudrait, on foule le sol du Fort qui tremblait hier soir sous les pieds des festivaliers venus en nombre.

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Pile à l’heure pour voir monter les garçons (et une demoiselle) d’Efterklang sur scène. Casper Clausen, le chanteur se faisant un peu attendre, débarque dans un improbable costume blanc cassé un peu kitsh, tout sourire. Les danois ont l’air bien heureux d’être là. La marche s’ouvre sur « Hollow Mountain » comme dans leur dernier chef-d’œuvre Piramida. Directement on tombe sous le charme des trois voix qui se répondent à l’unisson, voltigeant ensemble dans une harmonie saisissante. Le somptueux « I Was Playing Drums » nous arrache de force des frissons avec sa ritournelle de mélodies sorties de leurs expériences sonores vagabondes. Les nappes synthétiques rythmées aux cliquetis déboussolés de « Step Aside » n’améliore pas l’état de nos jambes, on se sent porter ailleurs pendant un instant, pas loin des hautes sphères nordiques où ils ont enregistré et tourné The Ghost of Piramida. Un savant mélange musical avec des incursions électroniques discrètes et innovantes. La nuit tombe et les cœurs avec. La pluie fait son entrée parfaite sur les touches lancinantes « Black Summer ». Malgré toute la bonne humeur et la générosité des danois, le charme de leur musique se fane peu à peu au cours du live, certaines compositions comme « Frida Found A Friend » prennent un petit coup de mou, d’autres perdent de leur superbe, et prennent un peu moins d’espace que dans nos têtes lors des écoutes. C’est joli, mais pas entraînant. Peu importe au final, le groupe salue bras-dessus bras-dessous un public conquis.

Ce que l’on avait pu  »apercevoir » hier, c’est bien le mot, ce que donnait un concert sur la petite scène, se confirme à nouveau. On entendra des Allah Las qu’un bruit de fond d’adeptes de la pédale fuzz et d’overdrive californienne. Décidément, impossible d’apprécier quoique ce soit sans être au premier rang. 

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C’est lumière éteinte que les montréalais de Godspeed You ! Black Emperor font leur entrée discrètement. Seuls les spectateurs dans la fosse pourront clairement apercevoir les neufs membres dans la pénombre. Les fans et les curieux s’agglutinent en masse compte tenu de la rareté de leurs prestations. Ne faisant aucun effort de contact, le groupe cultive sa part d’ombre, n’en déplaise à quelques uns. La grande marche s’ouvre dans un vacarme assourdissant et menaçant pour laisser place à « Hope Drone » pendant plus d’une dizaine de minutes qui suscitent de vives interrogations pour beaucoup qui préféreront s’éloigner. Le groupe déploie toute sa furie à la fois fragile et déchaînée avec « Mladic », sur fond de vidéo avec un grand « Hope » très glauque inscrit à la main, de portraits de prisonniers ou l’inquiétante pochette Allejuhah ! Don’t Bend ! Ascend ! . Certains décolleront très haut durant cette longue messe noire d’une heure trente, pendant que d’autres se feront chier royalement. 

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Les festivaliers ayant besoin de se dégourdir les pattes, ils iront rejoindre sur la petit scène la formation d’Etienne Jaumet et Cosmic Neman : Zombie Zombie. Un set bien fichu en somme mais rien de bien bluffant, on s’éloigne pour prendre place devant Bass Drum of Death. On avait quitté la bande américaine en 2011 avec GB City, un premier album prometteur et pas faiblard pour un sous. C’est un album self-titled qui nous vaut la présence du trio sur le site malouin ce soir. Bass Drum Of Death débarquent sur scène, cheveux longs et veste en jean, John Barrett (l’air de sortir tout droit de Paranoïd Park de Gus Van Sant), le chanteur, semble vouloir en découdre. Le public aussi. A peine les premières notes retentissent que ça s’enflamme sur le rock brutal et débraillé des gars du Mississippi. Deux guitares au son mastoc, une batterie torturée jusqu’à la mort et une voix braillarde : les Bass Drum Of Death connaissent bien le credo du rock’n'roll cradingue et l’appliquent à la lettre. Chaque chanson est un tube suintant la transpiration et la poussière. Rien de très innovant, on pense à Ty Segall ou Fidlar forcément en entendant « Crawling After You » ou « Shattered Me », on croirait presque entendre Nirvana pendant l’intro de « No Demon ». Le trio n’arrête pas, les morceaux sont courts incisifs, mais c’est diablement efficace !

On ne sait pas tellement où sont passées les voyelles de TNGHT, ni leurs promesses de rap music, mais on a eut peur qu’elles se soient envolées assez vite. Les titres passent à coup de grosses infra-basses sans grande surprise, « Goooo », « Bugg’n », le remix de « Mercy » et celui de « Bound 2 »de Kanye West. Hudson Hawke et le beatmaker Lunice ne font pas dans le sentiment. Ça tombe plutôt bien, on n’en avait plus beaucoup à fournir. 

credit photo :  © Vincent Pn


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