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Schnitzler, Mademoiselle Else.

Par Mademoizela

Schnitzler, Mademoiselle Else.Introduction

Schnitzler (1862-1931) est un auteur Viennois qui a commencé à écrire des poèmes à l’âge de treize ans. Il poursuit un cursus scientifique au terme duquel il devient médecin. Parallèlement, il compose des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre. Mademoiselle Else parait en 1924.

1.   Le contenu

Ce roman court est construit sur un seul procédé : le monologue intérieur. Déroutant de prime abord par la profusion des pensées du personnage féminin, terriblement lassant à la longue. Toute l’histoire se déroule selon la focalisation interne de la protagoniste. Schnitzler, Mademoiselle Else.L’intrigue est brève et la portée morale lourde. Suite à des soucis financiers, les parents d’Else lui demandent d’emprunter de l’argent à leur ancienne connaissance Monsieur Dorsday. Sans l’obtention de ce prêt, le père menace de se suicider. En échange de l’argent, Dorsday demande à Mademoiselle Else de poser nue. La jeune femme se trouve face à un dilemme cornélien : doit-elle compromettre son père ou se compromettre elle-même ? Schnitzler met en exergue les valeurs morales de l’être humain : jusqu’où une personne est-elle prête à aller pour de l’argent ? Un acte immoral peut-il être effectué en vertu du bien ? L’auteur insiste également sur la notion du sacrifice pour sauver autrui ainsi que la mise en péril de l’autre au profit de l’intégrité personnelle. Schnitzler, Mademoiselle Else. 

2.   Ouvertures

Ce roman rappelle le roman psychologique de Madame de La Fayette (La Princesse de Clèves) avec la dimension psychanalytique freudienne en plus.

L’abondance du monologue intérieur rappelle Les Lauriers sont coupés de Desjardins en moins maladroit et en plus subtil.
Mademoiselle Else c’est Mrs Dalloway (personnage de Virginia Woolf) en VRAIMENT  moins bien.
Schnitzler reprend les éléments du roman de l’artiste avec le personnage féminin perçu tour à tour comme catin ou marionnette, de façon stéréotypée et moins intéressante que ses prédécesseurs français Zola, les Goncourt ou Balzac.
En résumé Mademoiselle Else est:
  • un double raté de Madame de Clèves
  • un prototype inachevé de Clarissa Dalloway
  • une Manette Salomon (Goncourt) encore moins intéressante
  • une Christine (L’œuvre de Zola) édulcorée
  • une Chimène (Le Cid) éthérée

En deux mots : grosse déception !

Conclusion

On ne ressent aucune empathie pour ce personnage. Schnitzler présente Else plus comme un cas clinique que comme un personnage de roman. Pour ceux qui sont férus de psychanalyse, qui lisent Freud avec grand plaisir, le roman de Schnitzler peut être une alternative intéressante aux ouvrages de psychologie et de psychanalyse.

J’avais adoré La Nouvelle rêvée qui se basait aussi sur la psychanalyse, l’importance des rêves, de l’inconscient mais ce roman était nettement mieux écrit et tellement plus intéressant. Le film Eyes wide shut qui est une adaptation de La Nouvelle Rêvée est aussi une belle réussite. 

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