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[notes sur la création] Charles-Albert Cingria

Par Florence Trocmé

« Ce ne sont pas les théoriciens qui peuvent définir le moderne; il faut je ne dirai pas une sensibilité mais une véritable sensualité attachée à l'usure de la vie - l'usure pauvre, surtout - dans ce qui est de la pénétration et du renvoi des pierres et des murs et des êtres et du souffle dans les voluptueuses voussures de la terre qui font les villes. Il faut aimer les maisons non seulement passionnément mais passionnellement, jusqu'à éprouver dans cela même une sorte d'usure. C'est assez dire que le visuel n'est pas tout dans ce domaine. Il faut le grand palpable humain qui a trop de sens, parce qu'y est dépensé trop d'amour. Les intellectuels ou les visuels de l'équerre y sont totalement incompétents. Et aussi ceux qui clament "vitesse", "projecteurs", "radiateurs" ou Dieu sait quoi de cet ordre. La vie humaine moderne et ce formidable lyrisme qu'elle entraîne est anonyme et sans moyens de répercussions assurés. Il y a donc ce luxe sourd pour quoi toute une jeunesse se tient droit, très forte, à l'aube de temps qui vont changer. 
Rousseau [...] fut à proprement parler le premier poète de l'émotion moderne. Si vous voulez comprendre, lisez et délectez-vous. Jamais on n'a mieux défini le moderne. ». 
site de Jean-Louis Kuffer : « En lisant Vouloir être moderne, et autres textes de la section Esthétique, dans Propos 1, 5e tome des Œuvres complètes en cours de parution. L'Age d'Homme 2013, 1095p. » 


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