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Compte-rendu de festival : Pukkelpop 2013

Publié le 03 septembre 2013 par Wyngaal
Voici mon article de fin de saison festivalière: mon retour au Pukkelpop pour la quatrième année consécutive et mon voyage vers un tout nouveau festival à Bristol en Angleterre, l'ArcTanGent Festival, qui se fera dans un prochain article.
Compte-rendu de festival : Pukkelpop 2013
Comme tous les ans depuis que je boude un peu la Route du Rock, petit séjour au Pukkelpop qui reste pour moi le meilleur festival européen au niveau du coût, de la distance et surtout du lineup. Ce festival réussi à chaque fois à réunir mes intérêts au sein de 8 scènes: des gros headliners, une sélection punk/hardcore toujours de qualité, mes coups de cœur de l'année ainsi que mes petits "plaisirs coupables". Il y a tout ce que j'ai envie de voir sur un festival d'été et du coup, je n'ai plus trop l'envie de me traîner à Rock en Seine.
Day 1
Le premier jour était clairement le meilleur des trois, avec une scène Shelter d'une qualité incroyable. Malheureusement, il y avait beaucoup de clashs et je n'ai pu voir qu'une partie des groupes sur cette scène. Un festival, c'est aussi la bonne opportunité de voir des groupes que je n'irai pas voir en salle tels qu'Imagine Dragons. Le groupe marche bien grâce à ses 2 singles mais on sent bien que le groupe n'a que ça sous le coude, malgré la bonne volonté du chanteur qui est venu prendre un bain de foule sur la fin du set. J'aurai bien aimé voir Oathbreaker du coup, groupe de hardcore sombre belge signé chez Deathwish inc. (le label de Mr. Converge), avec une "chanteuse".
Petit tour à la Shelter pour voir les Menzingers de Philadelphie, auteurs d'un de mes albums de l'année 2012. J'ai été un peu déçu par le peu de monde et un public qui n'a pas chanté comme à Paris l'avant veille, malgré la bonne qualité du son et des chansons. The Menzingers est un groupe qui s'apprécie avec un public poing levé. Moment indie-rock de l'après-midi sur la Marquee avec les excellents Parquet Courts où les premiers rangs étaient très motivés pour sautiller en scandant toutes les paroles de l'unique album. C'était court, dansant et j'attends leur prochain EP avec impatience ! Suivait sur la même scène Surfer Blood venu pour présenter son nouvel album Pythons. Le groupe était bien en place et  leur chanteur était extrêmement motivé à faire vivre son set en venant chanter "Take It Easy" dans le public, petit moment de folie bien sympathique. J'aime beaucoup le nouvel album, il n'y a plus cette reverb sur la voix et le chanteur se lâche beaucoup plus, comme les cris sur "Demon Dance".
Retour au gros son avec Deftones sur la Main Stage pour un court set mais qui est allé chercher dans toute la discographie. Décidément, c'était la journée du bain de foule car Chino est venu lui aussi faire des high five avec le public de la Main stage. Le bassiste Sergio Vega, qui remplace Chi Cheng décédé cette année suite à son tragique accident, a rentabiliser son trajet en jouant un peu plus tard avec Quicksand, qui signe son grand retour en Europe. Viennent ensuite les 2 groupes qui m'ont particulièrement motivé à faire le Pukkelpop et qui sont sortis de leurs hiatus respectifs : Fall Out Boy et Nine Inch Nails. FOB est mon principal guilty pleasure et je ne m'en cache pas, c'est l'un des rares groupes dont je connais les paroles par cœur et un groupe qui m'a introduit au pop- rock en général quand j'étais jeune. Après la déception de l'album Folie à Deux, j'avais un peu perdu de vue nos 4 compères mais ils ont sorti leur dernier album Save Rock and Roll à la surprise générale, qui est assez ironique en soit car ce n'est pas avec cet album que le Rock va être sauvé : grosse production dégoulinante et featurings promo pour certains (Foxes, Big Sean)... j'avoue quand même ressentir un certain effet "growing", à tel point que j'écoute en boucle la première moitié de l'album en ce moment. En live, ça me fait toujours plaisir d'entendre leurs tubes, du "Dance, Dance" en passant par "Thnks fr th Mmrs". Les morceaux du nouvel album sonnent nettement moins bien en live, faute à une fausse batterie sur l'album ("The Phoenix", "Alone Together" ou encore "My Songs Know What You Did In The Dark (Light 'Em Up)" up up up !)
La journée tombe à peine que Trent se ramène seul sur scène pour commencer son grand retour en Europe, après des shows impressionnant au Japon et au Lollapalooza à Chicago. Avec un nouvel album sous le coude, Trent a expérimenté ses nouveaux morceaux sur sa nouvelle scénographie et le rendu des jeux d'ombres de "Copy Of A" en plein jour n'était pas terrible, il faut le dire. Tellement que ça a énervé notre cher ami, et pour nous punir de jouer devant les fans d'Eminem qui en avait un peu rien à faire, il décida de virer ses 2 plus gros hits ("Closer" et "Hurt") et de partir 10 minutes avant la fin du set.
Le Trent a apparemment refait le coup à Reading : énervé de ne pas pouvoir installer sa scène comme il le voulait à cause de Biffy Clyro (qui était tête d'affiche) et de l'organisation, il n'a joué aucun de ses singles en guise de punition... don't mess with Trentznor! Ayant revu NIN à Rock en Seine où l'ambiance était totalement différente, je peux assurer que j'ai pris une bonne claque, autant sur les visuels que de la présence de Trent Reznor sur scène (et pas uniquement ses biceps).
Retour à la Marquee avec le groupe originaire de Manchester, Hurts, qui fait du stadium synthpop et qui est quasi inconnu en France. Le chanteur Theo nous jetait régulièrement des fleurs pendant qu'on sautait sur les meilleurs morceaux de ses 2 albums (ce "Sunday" !). Le public était extrêmement motivé, connaissait toutes les paroles et le final en chœur sur "Stay" était vraiment magique. Direction la Main Stage avec le set tant attendu d'Eminem. Le festival a répondu présent car la Main Stage était pleine à craquer (il y a environ 66.000 festivaliers par jour et je pense qu'il y en avait 50.000 pour Eminem). Lui et son crew se sont permis une bonne demi-heure de retard, car on a pas fait Detroit-Bruxelles sans se poser un instant, car oui pour beaucoup de rappeurs US : la Belgique = Bruxelles (les "Wassup Brussels?!" retentiront à plusieurs reprises). C'est mon 2ème concert du Slim Shady et je ressors à peu près avec la même sensation qu'à Osheaga 2011 : 45 minutes d'ennui où il joua ses nouveaux morceaux et ceux de sa période Recovery, suivi d'un gros bonheur quand il s'agit de ses titres de mon époque en fin de set. Certains regretteront le playback sur les refrains de quasi toutes les chansons mais cela ne m'a pas plus dérangé que cela.
Day 2
Au Pukkelpop, c'est aussi l'endroit où l'on fait de bonnes découvertes comme ces new-yorkais SKATERS en ouverture de la journée ou encore Twenty One Pilots dont l'album Vessels tourne en boucle depuis le festival. C'est un duo US signé chez Fueled By Ramen (Maison de Fall Out Boy, Paramore etc) qui fait dans un mélange pop-rock et hip-hop très réussi. Le chanteur est extrêmement doué, chante super bien et joue aussi bien du piano que du ukulélé. Une bien belle découverte qui commence à se créer une bonne fanbase.
Le vendredi a été un peu moins intéressante, à cause de l'annulation de Neil Young and Crazy Horse, headliner de la journée. Pour le remplacer, ils ont ramené Major Lazer sur la Main Stage bien ensoleillée, décalant les groupes suivants. J'avoue avoir été pas spécialement motivé à voir le set du groupe dance hall de Diplo mais c'est peut-être mon concert favori du festival. Le mix en lui-même était très sympa mais ce n'est pas la musique que j'ai le plus apprécié, mais le show et l'euphorie générale. Tout y était pour que le show soit festif, utilisant les secrets de Wayne Coyne pour mettre l'ambiance (le crowdsurf dans un ballon géant, les confettis) ou encore le Harlem Shake géant, le plus grand d'Europe. Le trio accompagné de 2 danseuses de dancehall ont vraiment conquis l'immense foule avec notamment un lancer de tshirt ou encore un "twerk contest" sur "Bubble Butt" assez épique, où des filles du public sont venues littéralement bouger leur cul....bref, un set vraiment très fun, il était très difficile de passer après l'ouragan Major Lazer. FUN. était pour le coup moins fun (LOL), ils sonnaient comme un college band avec tous ces instruments différents et malgré la bonne volonté du chanteur, la mayonnaise ne prend pas chez moi. Seuls les 2 singles connus du groupe ("Some Night" et "We Are Young") chantés par le public, sauve leur set de l'ennui total.
Petit creux de la journée, le moment "Punk Goes Pop" sur la Shelter avec une reprise metalcore de Glad You Came par We Came As Romans, groupe typiquement Warped Tour actuel. A mon grand étonnement, je pensais que leur set me dégoutterait mais le mélange des 2 chanteurs (voix claire et voix hurlée) rend assez bien. Les Local Natives était très bons, avec un public très motivé également. Quant à Low, les faire jouer à minuit était un pari risqué et du slowcore à cette heure-ci, ce fut très dur pour certains. Beaucoup se sont endormis ou ont passé l'intégralité du set les yeux fermés.
Une reprise de Neil Young, qui a réveillé les fans
Il est 2 heures du mat', fin de soirée un peu difficile physiquement avec The Prodigy qui a sorti un set habituel, on sentait que le public n'en pouvait plus car je l'ai connu plus actif...
Day 3
La dernière journée commence encore avec des groupes que je ne connaissais pas, les australiens de San Cisco qui font de l'indie pop mignon et frais, assez similaire à Vampire Weekend. De plus, on a eu droit au moment "Get Lucky" du festival, il en fallait bien au moins un ! Rien à voir sur la Shelter avec Don Broco qui a joué devant une foule éparse mais le chanteur était assez motivé pour organiser des Circle pits et Wall of Death avec la trentaine de spectateurs. La musique était du rock/post hardcore énergique assez banal mais le groupe à l'air de bien marcher en Angleterre car ils ont joué sur la Main Stage de Reading et Leeds!
Juste après sur la Main Stage passait Regina Spektor qui était assez embarrassée par des problèmes techniques qui ont ruiné son set, cela a entrainé l'annulation de sa prestation malgré la bonne volonté de résoudre le problème.  A noter que la même semaine, elle a dû annuler sa prestation en Autriche à cause d'une migraine, ce n'était probablement pas sa semaine...
Direction la scène Castello pour l'unique fois du festival, cette scène totalement plongée dans l'obscurité regroupes tous les artistes électroniques assez sombres ou ambient (The Haxan Cloak, Jamie XX ou encore Mount Kimbie par exemple). L'un de mes coups de cœur de l'année avec Howlin',  les australiens de Jagwar Ma étaient prévu dans cette tente. Avec leur set ultra dansant et hypnotique, jouant devant un public entièrement à leur cause, je suis sorti avec l'impatience de les revoir bientôt (à la Flèche d'Or ou au Pitchfork Festival Paris). Jagwar Ma a d'ailleurs ouvert pour Foals à Paris cette année, que l'on retrouvera sur la Main Stage pour présenter son nouvel album Holy Fire. Bien qu'appréciant moyennement ce nouvel album, le show était correct, mélangeant les 3 albums.  Le public belge est quand même moins fanatique que celui de France, il n'y avait pas tant d'ambiance que cela, peut-être à cause de la setlist devenue globalement midtempo et de la fatigue.
La principale attraction de la journée était Franz Ferdinand dont le nouvel album Right Thoughts, Right Words, Right Action vient tout juste de paraitre. Franz Ferdinand est peut-être le meilleur groupe de festival en Europe, avec ses nombreux festival anthems "The Dark Of The Matinée", "This Fire" toujours démentiel, "Do You Want To" et évidemment "Take Me Out" qui transforme à chaque fois la Main Stage en trampoline géant. Du côté des nouveautés, j'ai bien apprécié "Bullet" qui reprend un peu les recettes du premier album.
Petit tour par Club, la scène indie et groupes émergents, avec HAIM, les 3 soeurs qui buzzent à mort. Tout le monde en parle, à tel point que j'avais cru que l'album était déja sorti mais en fait non (sortie prévue fin septembre). Le set était quand même très bon du peu que j'en ai vu, donc j'écouterai l'album à sa sortie prochaine. Le festival s'est terminé pour ma part avec The XX, headliner à ma grande surprise (à côté il y avait Eminem et Neil Young quand même). The XX et le Pukkelpop, c'est une grande histoire d'amour : la dernière fois en 2010, il y avait une ferveur incroyable qui sortait de la Marquee... à tel point qu'Oliver a dit que c'était peut-être leur favori. Je ne suis pas le plus grand fan des XX, loin de là, mais le set tenait bien la route, lightshow sobre et le public a bien répondu présent (comparé à Björk ou les Stone Roses l'année dernière, quasi vide).
Pukkelpop, c'est 3 jours de festivals avec une quinzaine de groupes par jour, de 11h à 3h...un véritable marathon et j'y retournerai certainement en 2014.

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