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On a écouté : AM le (parfait) nouveau Arctic Monkeys

Publié le 08 septembre 2013 par Swann

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Nous avons déjà ici dit à quel point le concert des Arctic Monkeys de Juillet au théâtre antique de Vienne laissait présager un excellent nouvel album. Tous les éléments étaient réunis lors du live, la décontraction d’Alex, la fraternité complice entre les gars, et surtout un aspect qui ne cesse de grandir album après album… Une douce, et suave… Non du tout. Bien au contraire… Une brutale et animale odeur de sexe !

Je comprends que l’on puisse regretter parfois les Arctic des débuts, les petits mecs rapides, gueulards, typiquement britanniques, qui nous donnaient à tous l’envie d’avoir 16 ans pour toujours. Ils ont perdu certains fans au fil des 2 derniers albums, la présence de Josh Homme leur fut reprochée (pas chez Rock’n Fool) sur Humbug, les ayant, selon ces détracteurs, détournés de leur griffe pour se rapprocher d’un rock stoner très QOTSA. Ce n’est pas avec cet album très américain qu’ils vont ramener ces déçus dans leur giron… Oui, les Arctic Monkeys aujourd’hui sont installés sous le soleil de Californie, AM fut en partie enregistré dans le désert de Joshua Tree, ils en sont heureux, épanouis et ça s’entend !

Leur son, bien que toujours aussi singulier, a pris un nouveau virage, le rythme s’est calmé, Matt Elders reconnait qu’il a appris la retenue et que sa frappe en est devenue plus précise. Sur Suck it and See, le titre "Brick by brick" était en partie interprété par lui, ici c’est à nouveau le cas et notamment dans les back up vocals grimpant dans les aigüs. On ne peut que s’en réjouir, cela venant parfaitement intensifier la tournure rauque qu’a pris la voix de Turner. Beaucoup d’autres chœurs, et de wouhou très ricains effectivement, exécutés par de célèbres featurings, notamment Josh Homme sur "Knee Socks". Dès le morceau d’intro "Do I Wanna Know", 1e single intoxicant sorti il y a quelque mois, on retrouve ce qui fait le génie d’Alex Turner, et par extension du groupe, le point commun à tous leurs albums: des paroles complexes et parfaites. Ici le fil conducteur semble être la possession, pour preuve la liste des titres, Turner se livre, partage sa peur de la dépendance et son envie paradoxale de s’y brûler les ailes. Notre dilemme à tous, non ?…

AM est un album complet, riche, les morceaux s’enchainent avec rythme et cohérence. D’abord on plante l’ambiance sensuelle avec "Do I Wanna Know", puis on accélère le tempo avec ce qui reste un de leur meilleur titre de rock brut à ce jour: "R U Mine ?". Comme sur chacun de leurs albums on retrouve au centre quelques titres pour faire redescendre la température, ici deux belles balades, "N°1 Party Anthem" et "Mad Sound", lullaby à chanter au dessus des berceaux. Ensuite, on peut se demander s’ils n’auraient pas trop regardé la télé depuis leur installation californienne, car la ligne de guitare de "Fireside" ne manquera pas de vous rappeler un des titres de la BO d’Ocean 12, "Thé à la menthe" de Nikkfurie. Puis dans la recette d’un bon Arctic Monkeys, il faut toujours ajouter un titre ensoleillé et sautillant, souvenez-vous "Mardy Bum" et autre "Fluorescent adolescent", ici c’est "Snap Out of It" qui se charge de nous faire chalouper sur le dance floor. Outre la possession, l’autre élément commun à tous ces titres est la nuit. AM pour Arctic Monkeys mais aussi pour l’espace temps entre minuit et midi. "Why’d you only call me when you’re high?" évoque ce moment où tous les excès sont possibles, où on peut tout se dire, et où les inhibitions disparaissent. On y retrouve le phrasé syncopés de Turner, le titre est d’ors et déjà le second tube extrait de l’album.

S’il ne faut mettre qu’un bémol, je dirais que les 3 derniers morceaux manquent un peu de splendeur par rapport au reste de l’album. "I wanna be yours" qui clôture est selon Turner le meilleur pour la fin. Mouai… Un supposé nouveau "5O5", certes si les guitares y sont sublimes, on est loin de la langueur sombre et du cri brûlant qu’est cette chanson. Une fin en demi-ton donc, mais ne soyons pas non plus bitchy, la sexualité, on vous aura prévenu, dès la première écoute vous aurez envie de vous mordre la lèvre, de vous faire tirer les cheveux, etc…  Le groove poussé à l’extrême, la noirceur typique et l’évolution de leur rock font de cet album un des meilleurs, voire le meilleur de 2013. Soyez prêts, dès demain matin il tournera chez vous en boucle…


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