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2008 : année charnière pour l’économie mondiale ?

Publié le 01 mai 2008 par Benlalanne

Dans un contexte changeant et incertain, plusieurs scénarii se dégagent. Les Etats-Unis en sont le dénominateur commun.

Si, au début du XXè siècle, on assista à un changement de souveraineté à la tête de l’économie mondiale, personne ne pouvait contester la suprématie des Etats-Unis dans tous les domaines. Le volet militaire prédominait, bien relayé par une prise de contrôle financière et commerciale, le tout constituant un ensemble homogène et indiscutable.

Aujourd’hui, le contexte très flou qui caractérise la fin du monde bipolaire rend l’analyse plus délicate pour deux raisons essentielles. 
   - multiplication des acteurs forts : tant aux plans financiers, commerciaux ou militaires, des territoires viables ont fait leur apparition. Que ce soit Singapour ou Bahreïn pour la finance, Dubaï au plan logistique, Hong Kong comme centre d’affaires de premier plan, les acteurs sont légions. Le fait que les capitaux ne connaissent pas les frontières, et que le commerce international ne se soit jamais aussi bien porté n’y est pas étranger.

Du point de vue militaire également, on assiste à plusieurs phénomènes parallèles qui nous interrogent. Contrairement à l’analyse dominante de l’équilibre nucléaire (Etats détenant l’énergie nucléaire à des fins militaires), la requête de plusieurs Etats régionaux majeurs d’accéder à cette technologie militaire ne risque pas forcément d’entraîner une catastrophe. Au contraire, n’est-ce pas le veto imposé par les nations nucléaires reconnues (USA, France, Russie, Chine, Royaume-Uni) qui engendre les programmes clandestins de développement des infrastructures nécessaires à son élaboration ? Ainsi, la Corée du Nord s’est engagée à renoncer à la technologie nucléaire, ce qui signifie que le dialogue et la diplomatie conservent tout leur intérêt, contrairement à ce que les propos des dirigeants nord-américains et européens laissent parfois croire. C’est donc en grande partie parce que la lecture des relations internationales est erronée ou partisane qu’un dossier comme celui de l’Iran n’est pas solutionné. Malgré les postures belliqueuses de son Président, Téhéran demeure un interlocuteur incontournable. Le Président français, lors de son allocution télévisée du 24 avril dernier, a dit refuser de dialoguer avec M.Ahmadinejad au nom de certains « principes basiques de diplomatie ». Il s’agit d’une erreur fondamentale de compréhension de ce qu’est l’essence même de cette discipline : celle-ci consiste bien évidemment à dialoguer avec des interlocuteurs qui sont foncièrement hostiles et animés par des motivations jugées dangereuses ou menaçantes par l’autre partie. Interrogeons-nous sur l’entêtement de l’administration Bush de considérer que l’Iran fait partie de « l’axe du Mal » (discours sur l’Etat de l’union en janvier 2002). Cette déclaration a directement porté au pouvoir le Président actuel sur le thème du complot anti-iranien, alors que l’Iran est un grand Etat, descendant d’une civilisation remarquable, et probablement l’un des plus ouverts du Moyen-Orient. Alors que M.Ahmadinejad est peu soutenu dans la population et qu’il existe une réelle opposition politique dans le pays, il reste solidement ancré au pouvoir du fait de cette vision étriquée à son égard.

   - interdépendance des pôles économiques : si les Etats-Unis ont toujours une image de supériorité, celle-ci est de plus en plus remise en cause par le processus même de la mondialisation. Dans le « rapport sur la France et la mondialisation » remis par Hubert Védrine à l’automne 2007, l’ancien Ministre français des Affaires étrangères soulignait l’attitude de méfiance de la population des pays occidentaux, et des américains en particulier vis-à-vis de ce phénomène qui les rend dépendant des économies –notamment asiatiques. Ainsi, on sait que la dette des Etats-Unis est détenue en grande partie par le Japon et la Chine. Ce qui signifie que Washington est forcé de composé avec ce paramètre dans ses relations diplomatiques avec ces gouvernements. 

Conclusion :

Les évènements aux Etats-Unis déterminent en grande partie la « météo » du monde. Ainsi la crise des subprimes d’août 2007 provoque des répliques importantes aux quatre coins de la planète. Par ailleurs, le Président qui prendra les rennes du pays en fin d’année aura fort à faire tant en politique extérieure que dans sa propre économie ; le ralentissement constaté depuis le 4e trimestre 2007 risque fort de s’accentuer. C’est parce que les Etats-Unis imposent encore leur grille de lecture au reste du monde qu’ils restent les leaders de ce que le chercheur Joseph Nye a nommé le « soft power », c’est à dire le pouvoir des idées, relayé par la culture et les médias.
La particularité de la période actuelle est de voir apparaître durablement d’autres pôles de croissance, pour constituer un ensemble hétérogène mais qui dans l’ensemble cherche à atteindre une sorte de balance générale dans l’intérêt de tous : n’oublions jamais que toutes les économies sont interdépendantes. Les rapports de forces qui ont lieu par exemple au sein de l’OMC entre d’un côté les Etats-Unis et l’Europe, et de l’autre les économies émergentes et les principaux exportateurs de denrées alimentaires témoignent de cette redistribution des cartes. Les conflits politiques, commerciaux et diplomatiques qui en découlent en sont la preuve. Comme le prévoient certains analystes, il faut que les pays occidentaux prennent conscience du fait qu’ils ne sont plus les seuls maîtres du monde, et que le partage du pouvoir se fera avec ou sans leur accord. Toute autre attitude de repli sur leurs acquis (domination au Conseil de Sécurité de l’ONU, gestion des institutions financières internationales de type FMI ou Banque Mondiale...) se solderait par une multiplication des tensions et conflits à leur détriment, au risque d’une déstabilisation massive du monde tel que nous le connaissons.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par baba
posté le 03 mai à 10:58
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