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Se souvenir de Mai 68

Par Jcgbb
Crédit photo: jonandsamfreecycle/FlickR

A quoi servent ces commérations historiques ? Que peut bien nous faire le souvenir d’une époque passée, révolue, qui sans doute ne se reproduira plus ? A quoi bon le passéisme, la nostalgie des temps anciens, des révoltes, d’une époque qui ne reviendra plus ?

De Mai 68 à Mai 2008, il n’y a pas un saut, il y en a cent, il y en a mille peut-être. Rien ne semble pareil, les jeunes, les valeurs, l’école, la société. Les jeunes sont frivoles et désengagés, les individus hédonistes et égoïstes, l’école plus libérale et moins oppressive, la société à la fois endormie, anxieuse et épanouie. 2008 ne ressemble pas à 68, car nous avons hérité de Mai. Mai 68 nous a transformés.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune ressemblance, ni qu’il n’y a plus de raison d’être en colère, bien au contraire. Mai 68, comme chaque fragment de l’histoire, nous rappelle une chose fondamentale. Que nos manières d’être et nos façons de pensée, que nos coutumes et nos valeurs sont historiques, c’est-à-dire produites par un passé. Nos valeurs, nos attitudes sont héritées. Cela veut dire que nous pouvons à notre tour les transformer.

L’histoire nous rappelle que nos pensées, comportements et valeurs ne sont pas donnés, mais produits. Qu’une identité sociale n’est pas naturelle, mais acquise, conquise, décidée par des hommes, par leur courage, leurs actions et leur lutte. Brusquement, le contact avec l’histoire nous rappelle cette mobilité des choses, cette génération des sociétés.

L’histoire semble avoir le dos tourné et regarder le passé, mais c’est vers l’avant qu’elle nous pousse. L’histoire nous réveille et nous empêche de dormir. Car par elle on comprend que nous ne sommes pas éternels, mais modifiables. Notre époque, comparée aux autres, devient elle-même transitoire, singulière, différente. En regardant les différences du passé, ce qui nous est familier devient étranger. Non pas commun, banal, immuable, mais spécifique, douteux, actionnable.

L’histoire, quoiqu’irréversible, montre que rien n’est inéluctable.

                                                                             Révision bac philo 2008 : l’histoire.

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