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Légère et savoureuse évocation d'un duo de légende...

Publié le 25 septembre 2013 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

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Avant "La Trahison d'Einstein" que Francis Huster et Jean-Claude Dreyfus donneront début 2014, Eric Emmanuel Schmitt fait dans l'esprit et les bons mots en retraçant l'histoire de l'un des couples les plus célèbres de l'entre deux guerres, à la ville comme à la scène, Yvonne printemps et Sacha Guitry. Portée par une Claire Keim épatante et un Martin Lamotte au Sacha honorable mais encore perfectible, cette comédie rafraîchissante composée à la manière du roi des aphorismes français se voit harmonieusement orchestrée par Steve Suissa, adepte des mises en scène cinématographiques. 

Lorsque le dramaturge rencontre Yvonne, en 1918, elle est chanteuse de music hall  et meneuse de revue. Dans sa loge, il lui rend visite. Il la veut. Il l'a. L'épouse en 1919, après avoir divorcé de Charlotte Lysès. Pour elle il écrira opérettes, revues et pièces de théâtre. La jeune femme créera 34 de ses comédies. Le Tout Paris n'aura d'yeux que pour eux. Leur succès sera mondial. De tout cela, de leurs tournées, de leur passion, de leur vie commune, de leurs disputes, de leurs infidélités réciproques, de sa possessivité, de leur rupture enfin, Guitry se souvient, assis à son bureau, dans les coulisses de son  théâtre, faisant de ces 15 années passées une oeuvre nouvelle.

A travers une succession de flashes-back, Schmitt donne joliment chair à ces deux fortes personnalités, usant du style à la fois élégant et efficace qui le caractérise. Ses dialogues sonnent juste, sont enlevés, drôles, parfois émouvants. Afin de parachever le portrait du faux misogyne, il intègre ingénieusement à son script des répliques authentiques. Les séquences sont nombreuses. Trop, sans doute. Car à vouloir tout évoquer, l'auteur finit par survoler son sujet... C'est l'un des petits défauts de l'ouvrage.

Sur le plateau du Rive Gauche, qui offre désormais trois zones de jeu (une principale et deux annexes, aux extrêmes cour et jardin) un séduisant décor en partie construit et en partie constitué d'images projetées évoluant au gré des situations (introduisant aussi des personnages virtuels). Nous découvrons une scène de cabaret, une loge, avant de nous retrouver backstage... C'est charmant.

Dans cet écrin, la rayonnante Claire Keim chante et nous enchante de sa voix, de sa présence, de son assurance. Elle campe une Yvonne Printemps de caractère qui tient sacrément tête à son époux. Heureuse surprise. Face à elle, Martin Lamotte a la lourde tâche d'incarner Le Maître... Il relève presque le défi, pose et freine avec pertinence un jeu qu'on lui connaît d'habitude plus nerveux. Il devra encore gagner en malice et en jovialité, mais nous sommes sur la bonne voie.

Pour l'ensemble de ces raisons, nous sommes donc en mesure de vous assurer que vous passerez, comme nous lors de la couturière lundi dernier, une agréable soirée.

Alors n'hésitez pas.

Au moins jusqu'à la fin de l'année.


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Photo : DR


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