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L'oppidum d'enserune

Par Elisabeth Leroy

1681746883.jpgAu VIè siècle avant J.C., ENSERUNE est entourée d'eau, encadrée au nord par l'étang de MONTADY, aujourd'hui asséché, au sud par le lac de VENDRES et à l'ouest par celui de CAPESTANG. Autant dire un îlot de salubrité dans une zone marécageuse. En ce temps-là, ce bas pays hésite entre mer et lagunes, et la côte lagunaire communique avec les terres par les graus, les étangs ou les fleuves côtiers. Ce particularisme géographique va jouer son rôle à fond dans l'essor d'un commerce d'un type nouveau.

Amphores vinaires et vases à boire étrusques, poterie ionienne, céramique corintienne et attique à figures noires affluent sur la côte languedocienne. Marseille, fondée par les Grecs de Phocée vers 600 av. J. C. joue les entreprenantes et se taille une bonne part du marché. Du côté terrestre, tous les chemins mènent à ENSERUNE. La pointe orientale de la colline, levant la tête hors de l'eau, commande par le bien nommé défilé de Malpasles diférents axes de communication. D'une part avec l'arrière-pays où les relations avec le monde des Causses et des hauts plateaux sont constantes et d'autre part vers la Catalogne et les pays du Sud. Là, sur les traces d'Héraklès, les nouveaux explorateurs négociants retrouvaient la grande voie antique, celle qui relie les mondes italiques et ibériques. L'homme, sans doute un peu las de pousser ses troupeaux devant lui et de faire le nomade a fini par se fixer. Pour survivre, il quitte ses grottes et s'installe dans les plaines fertiles où il devient agriculteur et éleveur de bétail. Des populations nouvelles s'ajoutent aux populations sédentarisées. Il semble que l'habitat de hauteur apparaisse comme la solution idéale pour jouer le rôle de guet et de relais sans rien perdre des nouveaux échanges monétaires.

Aux premières heures d'Ensérune, les hommes se concentrent sur les parties supérieures des versants et du plateau. Leurs cabanes, des constructions légères de torchis à la toiture de végétaux et au sol en terre battue, n'ont pas laissé de traces, hormis quelques encoches.

Du Vè siècle à la fin du IIIè, les temps changent. Aux huttes primitives vont se substituer des maisons rectangulaires en pierres, implantées le long de rues et délimitant des quartiers. La ville haute prend de l'importance et se dote d'un rempart. Le plan de la ville en damiers et les techniques de construction dénotent un caractère méditerranéen. Avec la Gaule et le monde celtique se met en place un important commerce de mobilier métallique, constitué dans un 1er temps d'accessoires puis de vêtures guerrières.

Pour aborder la dernière phase d'habitation de l'oppidum, de la fin du IIIè siècle av. J.C. au début de 1er siècle de notre ère, il faut se souvenir des évènement qui se déroulent : Hannibal était passé par là avec son cortège d'éléphants, les Celtes s'étaient installés et les brasseurs d'affaires romains avaient orchestré une pré-romanisation. En 118 avant notre ère, après avoir conféré aux populations le titre d'alliés du peuple romain, Domitien s'occupait de fonder la colonie de Narbonne. Les romains s'étaient rendus maîtres des terres et avaient entrepris une véritable politique d'aménagement, de mise en valeur des terres et de cadastration.

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