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La finance, un paysage en mouvance

Publié le 01 octobre 2013 par Chroom

ChangementsPlutôt qu’un article, j’aimerais lancer le débat, maintes fois évoqué dans les journaux. Il est incontestable que la pression des autorités fiscales occidentales sur les banques suisses a des répercussions. J’entends de source directe et sur les histoires des clients ‘défiscalisés’ qui partent. On évoque dans les établissements des volumes de 25%, ce qui est important et l’est d’autant plus que ce sont des clients à marge importante (la raison en est que ce client spécifique ayant 1. comme point de référence ses économies fiscales et 2. a (avait!) peu de marge de manoeuvre, les banques ne se sont pas gênées).

La question est de savoir comment le paysage bancaire va évoluer. Voici mes conjectures qui valent ce qu’elles valent:

  1. Certains banquiers (ou gestionnaires de fortune, ci-dessous on peut s’utiliser pour l’autre) vont gagner en humilité car ils devront se retourner vers des clients plus exigeants, plus sophistiqués et moins dépendants.  Je pense que certains vont se transformer en véritables conseillers et prendre des marges correctes, sans plus et surtout ils vont délivrer des services à réelle valeur ajoutée (dont le prix sera transparent). Leur rémunération devrait à mon avis être même indépendante de la masse sous gestion (ou moins corrélée qu’actuellement du moins).
  2. Les autres chercheront à préserver leurs marges en concoctant des produits structurés dont les frais (pour le client) et le revenu (pour la banque) seront bien cachés. Cela marchera pour les portefeuilles relativement petits de clients peu sophistiqués. A l’heure du web 2.0, dividendes.ch en est la preuve!, l’information pour qui la cherche, est disponible.
  3. Il existera une 3e catégorie (qui existe déjà mais ne s’adresse qu’à une catégorie de traders) qui sera la banque discount, la ‘Easy Bank’, à la ‘Swissquote’ (leur récent rachat de MIG n’est d’ailleurs en ce sens pas un hasard, même si MIG est dans une activités différente). Swissquote n’est pas si discount que cela, mais je m’attends à de nouveaux arrivants.

Je verrais cette évolution d’un oeil positif, surtout que les associations de protection des consommateurs se pencheront sur la 2e catégorie, qui ne pourra jouer ce petit jeu qu’avec délicatesse.

Les premiers signes de ce que je prédis se font déjà sentir: mon sentiment très subjectif est que la patine arrogante des banquiers  est en train de se fêler.

Par contre, un scénario pourrait venir contrecarrer cela, scénario amené par ceux-là même qui essaient de mettre la place financière suisse à genoux, à savoir nos voisins européens. En effet, même si la base de clientèle ‘défiscalisée’ est importante (dans les 25% comme mentionné ci-dessus), il y a un taux (non encore estimable) de ces clients qui déclarent…mais restent dans leur banque suisse! Là aussi les raisons en sont multiples et nous font penser aux glorieuses périodes de la guerre froide:

  • Neutralité de la suisse
  • Confiance dans un système bancaire qui fonctionne (lisez: chez moi en France, en Belgique, en Allemagne, j’ai moins confiance)
  • Pas de confiance dans son système politique et économique autochtone et dans les incessants changements de lois et règle, l’état fouineur

Cet état de fait, s’il se confirme, va-t-il inverser la tendance à plus d’ouverture, de transparence? Je ne ne pense pas, il va peut-être le ralentir. Mais nous avons une vague de fonds sociétale qui, pour le pire et le meilleur, pousse vers plus de transparence. Les banquiers n’y échapperont pas.


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