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Il était une fois… un palais des papesses !

Publié le 08 octobre 2013 par Lifeproof @CcilLifeproof

Juillet 2013, une semaine de vacances à Avignon sous un soleil de plomb pour se reposer, profiter du beau temps, de la famille, écouter les cigales chanter, découvrir une revue pour laquelle j’avais écrit, se promener et visiter une exposition : Les Papesses… Impressionnante !

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Louise Bourgeois, Spider, 1995, acier, 337,8 x 642,6 x 469,9 cm, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, photographie François Halard, © Louise Bourgeois Trust / Licensed by ADAGP

Au Moyen Âge une papesse a été élue au lieu d’un pape, la supercherie aurait été découverte le jour où elle a accouché lors d’une procession religieuse publique… La Collection Lambert en Avignon a eu ce désir d’organiser une grande exposition dans la cité des papes pour l’été 2013 : ils sont partis de la légende de la papesse Jeanne et ont pris la décision d’inviter plusieurs artistes femmes à s’exposer : Louise Bourgeois, Camille Claudel, Berlinde De Bruyckere, Kiki Smith et Jana Sterbak sont les papesses de l’art moderne et contemporain présentées à la fois à la Collection Lambert et au Palais des Papes.

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Jana Sterbak, Planetarium, 2003, verre, 33 éléments, dimensions variables, Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques, Marseille, photographie François Halard

Au fur et à mesure des salles de L’Hôtel de Caumont, ancien hôtel particulier, les œuvres de Louise Bourgeois, Camille Claudel, Berlinde De Bruyckere et Jana Sterbak sont confrontées les unes aux autres. On pourra voir certaines des sculptures les plus célèbres de Camille Claudel, telles La Valse ou encore Le Buste de Rodin. Elle est la moins contemporaine des artistes présentées mais elle est l’une des premières artistes femmes à avoir consacré sa vie à la création. Ses œuvres font face à celles des artistes plus récentes telles Jana Sterbak ou encore Louise Bourgeois et dialoguent entre elles.

Chacune des artistes invitées parle de féminité, de féminisme et se positionnent en tant qu’artiste femme et surtout en tant que sculptrices. Toutes, elles mettent en place un univers et des mythes qui leur sont propres et conversent avec le cosmos. J’y ai découvert des araignées, dessins et capsules (pièces dans lesquelles on peut entrer ou non et qui sont de véritables univers réalisés par l’artiste) de Louise Bourgeois, des carcasses sanguinolentes formées par des greffes étranges de Berlinde De Bruyckere, des planètes ou des faux poils pour torse féminin de Jana Sterbak. Seules les œuvres de Kiki Smith sont à part, au rez-de-chaussée. On y découvre des œuvres oniriques, fantastiques. Au détour des salles, on peut voir une sculpture montrant une biche accouchant d’une femme, une sirène aussi, elle revisite le mythe d’Ève sur un panneau de verre, etc.

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Berlinde De Bruyckere, Aanéén-genaaid, 1999, cire, polyester, couvertures, 170 x 63 x 64 cm, Collection Enea Righi, Bologne, photographie François Halard

L’exposition est dense, il faut du temps pour la parcourir et sur deux jours différents c’est pas mal (et c’est prévu dans le billet donc parfait !). Donc seconde étape : le palais des papes qui, pour le temps de l’exposition, est devenu le palais des papesses. Les œuvres présentées, des mêmes artistes citées précédemment, sont monumentales. Le parcours est fléché, impression d'entrer dans un labyrinthe, on pourrait s’y perdre, mais partout il y a des choses à découvrir et j’ai eu peur de rater quelque chose…

La célèbre araignée de Louise Bourgeois tisse sa toile dans la grande nef du palais et sa croix dont la ligne horizontale formée par des mains trouve sa place, comme il se doit, devant l’autel, les animaux hybridés fantastiques de Berlinde De Bruyckere nous plongent dans un univers fait de monstres et de chimères, les tapisseries de Kiki Smith se fondent remarquablement dans cet édifice gothique, etc.

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Kiki Smith, Pyre Woman Kneeling, 2002, bronze et sili-bronze, 94 x 154,9 x 83,8 cm, courtesy Galleria Raffaella Cortese, Milan, photographie François Halard

Dans cette exposition, on louvoie entre contes et légendes qui sont autant de réflexions sur la position de la femme dans une société essentiellement patriarcale. La femme de Jana Sterbak, comme la papesse Jeanne, pour accéder au pouvoir, doit se doter d’attributs masculins. Ainsi, elle nous propose une Chemise de nuit blanche, sorte de tenue cérémonielle, des poils y sont cousus au niveau du torse, la pilosité masquant ainsi la poitrine.

Avec « Les Papesses », le palais des papes devient le réceptacle d’œuvres d’art contemporaines qui s’insèrent parfaitement dans ce cadre moyenâgeux. On y retrouve des monstres de légendes, des chimères, des êtres fantastiques sortis d’un autre temps, des trophées de chasse, des contes de fée, des sorcières sur des bûchers, Ève, la pécheresse originelle, etc. le tout étant empreint d’une réflexion sur la femme et sa position qu’elle désire forte. Louise Bourgeois, Camille Claudel, Berlinde De Bruyckere, Kiki Smith et Jana Sterbak auraient peut-être été brûlées pour sorcellerie au Moyen Âge, au XXIè siècle elles condamnent les idées passéistes en jouant avec les codes de la féminité et en s’affirmant comme telle : femme, inutile d’essayer d’être un homme pour exister…

Cécile.

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Infos pratiques:

COLLECTION LAMBERT EN AVIGNON 5, rue Violette, 84000 Avignon. http://www.collectionlambert.com / Du mardi au dimanche : de 11h à 18h / TARIFS / Plein : 15 € / Réduit : 12 €

PALAIS DES PAPES, http://www.palais-des-papes.com / le Palais des Papes est ouvert tous les jours, toute l’année : 1er septembre – 1er novembre : de 9h à 19h


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